La troupe District 5 en pleine action dans son numéro sur la musique de Michael Jackson qui va la mener aux championnats du monde de danse hip hop. Elle est composée, de gauche à droite, de Florence Gagnon Roch, Lory Villiard, Kyana Lygitsakos, Maude Tessier et Alicia Gagné.

District 5: en route vers les plus hauts sommets

La troupe District 5 du studio trifluvien éponyme a accompli un exploit rare la fin de semaine dernière quand elle a terminé deuxième du championnat canadien de danse hip hop qui se déroulait à Ottawa. Avec ce résultat, la troupe a obtenu le privilège de représenter le Canada lors des championnats du monde de la discipline qui se dérouleront à Phoenix, en Arizona, du 4 au 14 août prochain.
La troupe, qui constitue la formation élite du studio District 5, est formée de cinq jeunes femmes âgées entre 16 et 22 ans: Kyana Lygitsakos, Lory Villiard, Florence Gagnon Rock, Alicia Gagné et Maude Tessier. La troupe avait préalablement participé aux préliminaires du championnat canadien où elle s'était qualifiée pour la finale canadienne en affrontant une quinzaine d'autres troupes de l'Est du pays. À Ottawa, en fin de semaine, huit équipes étaient en lice pour la grande finale nationale. 
Le numéro préparé par les Trifluviennes est un hommage à Michael Jackson d'une durée d'un peu plus de deux minutes. 
«On travaille là-dessus depuis septembre dernier, d'expliquer le chorégraphe Vincent Desjardins. Le numéro s'est transformé au fil du temps, particulièrement depuis deux mois alors qu'on s'est mis à travailler en fonction du championnat canadien. Je dirais que jusqu'à 40 % du numéro a été modifié. On a rajouté des éléments, on en a peaufiné d'autres parce qu'on était conscients qu'il nous fallait avoir un numéro qui soit visuellement très impressionnant pour obtenir de bons résultats à ce niveau-là.»
Selon Desjardins, il est plutôt rare qu'on retrouve une troupe exclusivement féminine à ces niveaux de compétition et il a estimé que les filles avaient, par le fait même, le potentiel d'impressionner davantage les juges avec une excellente chorégraphie interprétée de façon impeccable.
«Les filles ont fait preuve d'une grande maturité. La plupart des opposants étaient plus âgés et elles se sont vraiment surpassées sous pression quand elles ont présenté leur numéro. J'ai senti qu'elles avaient été portées par l'énergie de la salle. Au terme de la chorégraphie, tous les représentants du Québec se sont levés d'un coup comme de nombreux autres spectateurs.»
Les filles ont carrément surpassé les attentes de leur entraîneur. «On savait qu'une troupe de Laval allait sans doute terminer première parce qu'elle est très forte. En vérité, j'espérais une troisième place qui nous aurait quand même donné accès aux championnats mondiaux, ce qu'on n'avait jamais réalisé auparavant. Les filles ont vraiment travaillé fort pour en arriver là et elles m'ont beaucoup impressionné.»
C'est la première fois au cours des six années d'existence du Studio District 5 que certains de leurs représentants accèdent à un championnat mondial, un accomplissement qui satisfait au plus haut point leur chorégraphe qui est également le propriétaire du Studio. 
«Quand j'ai pris la direction du studio il y a six ans, se remémore Vincent Desjardins, je m'étais fixé comme objectif de mettre l'emphase sur le programme élite avec, derrière la tête, l'idée d'aller un jour aux championnats mondiaux. Maintenant, on y est.»
Ce nouvel objectif implique de nouvelles normes de travail. «On va doubler les heures d'entraînement de la troupe pour atteindre une quinzaine d'heures par semaine en studio en plus de toute la préparation parallèle: l'entraînement cardio, l'étude des vidéos, l'aspect mental, etc. Il va y avoir entre 70 et 80 troupes présentes à Phoenix en provenance d'une cinquantaine de pays: nos filles n'auront pas le choix d'être plus que parfaites. Les juges sont très bien formés pour une évaluation très stricte jusque dans les moindres détails.»
«Rendu là, on n'a pas le choix: il faut viser les finales. On ne s'en va pas là simplement pour participer. Désormais, il faut aspirer aux plus hauts sommets.»
Pour ce qui est du numéro, il sera encore modifié par le chorégraphe mais avec l'aide d'amis du monde de la danse qui vont le conseiller. «Le numéro est déjà bon mais on peut l'améliorer et je pense qu'on peut aller chercher une coche supplémentaire dans l'exécution également.»
Par ailleurs, cette seule présence aux championnats mondiaux va avoir des retombées positives pour le Studio District 5. 
«À l'interne, ça change la vision de nos danseurs. On sait maintenant qu'on peut rivaliser avec les meilleurs au monde et on y est arrivé en seulement cinq années de compétition. Ça fait déjà quelques années qu'on attire l'attention dans les différentes compétitions à cause de nos bons résultats. Les autres studios savent maintenant qu'on gagne beaucoup de prix. Désormais, cette réputation se répand au niveau du pays en entier. On vient d'entrer dans les grandes ligues. Tout ça est une motivation extraordinaire pour tous ceux qui font de la compétition au niveau provincial.»