Roxane Campeau réalise un projet de mosaïque avec des jeunes de l’école primaire de Sainte-Ursule.

Deux projets artistiques rassembleurs

Trois-Rivières — Roxane Campeau et Catherine Bard ont une passion commune pour l’art et la même volonté de partager aux plus jeunes leur amour pour la création. La preuve en est qu’elles travaillent chacune à réaliser des projets créatifs avec des élèves d’écoles primaires de la région.

La mosaïste Roxane Campeau a récemment élu domicile dans un local de l’école primaire de Sainte-Ursule. Pour les huit prochaines semaines, elle travaillera avec les petits artistes en herbe à la réalisation d’une mosaïque qui représentera leur quotidien dans ce milieu rural. «Ce qu’on veut essayer de faire, c’est de représenter la beauté du milieu», souligne l’artiste qui incite les jeunes à s’inspirer des paysages qui les entourent.

«J’aime représenter un lieu avec la matière que je retrouve sur place. À Sainte-Ursule, on va travailler avec des chalumeaux d’érablière, du bois de grange, des boutons qu’ils vont trouver dans les tiroirs de leur grand-mère... Ils doivent aussi expliquer la petite histoire derrière les morceaux qu’ils apportent.»

Ce projet, rendu possible grâce au volet Une école accueille un artiste du programme La culture à l’école du ministère de l’Éducation, n’est pas seulement axé sur la production d’une œuvre d’art mais permet de tisser des liens entre les jeunes et l’univers artistique. «Comme je suis là pendant huit semaines, ça permet d’élaborer sur plein de sujets connexes. On a le temps de parler des différents artistes, de différentes formes d’art et de faire des liens avec leur communauté. Je me fais un devoir de trouver un artiste dans l’entourage d’un des élèves de la classe et de le présenter à toute l’école.»

Catherine Bard donne vie à des créatures fantaisistes créées par les élèves de l’école de Charette sur une murale de la bibliothèque municipale.

L’enthousiasme des jeunes n’est pas le seul bénéfice que retire Roxane Campeau de cette expérience. «C’est tellement nourrissant! J’adore ça parce que ça m’amène un équilibre entre être dans ma bulle et être en contact avec plein d’énergie créative et de spontanéité. Il y a des choses que j’intègre à mon travail et auxquelles je n’aurais jamais pensé. Ma démarche a beaucoup évolué grâce à ce qu’eux amènent.»

Un vernissage aura lieu ultérieurement pour présenter le travail réalisé par les élèves et la sympathique artiste.

Une murale pour Charette

La collaboration des jeunes est aussi partie prenante du projet de l’illustratrice caxtonienne Catherine Bard qui a le mandat d’égayer le mur terne de l’entrée de la bibliothèque de Charette. Marie Fitzgerald, la dynamique bibliothécaire, a lancé l’idée et Catherine s’est empressée de la saisir. Emballée par le projet, financé par la Municipalité, elle a décidé de faire participer le plus grand nombre afin que tous puissent se l’approprier. Elle a lancé un concours auprès des élèves de maternelle, 1re, 2e et 3e année de l’école primaire de Charette qui ont répondu en grand nombre. Une trentaine de personnages, plus éclatés les uns que les autres, ont été retenus et trouveront une place dans l’immense création de la biologiste de formation.

«Ils y ont mis leur cœur et leur personnalité. Il y avait des petits chiens tout mignons, des fées, des bonshommes qui font des batailles... mais ce qui m’a le plus marquée, c’est la palette de couleurs. Je n’avais pas fixé mon choix alors j’ai été surprise! C’était beaucoup plus coloré que je ne l’aurais pensé.»

C’est la première fois que l’artiste se lance dans un aussi gros projet et le défi n’est pas banal. En plus des 12 pieds de hauteur, qu’elle atteint grâce à un échafaudage, la petitesse de l’espace ne lui permet pas d’utiliser un système de projection pour réaliser son œuvre. Elle doit donc dessiner à la main, se reculer, faire les ajustements et bien planifier sa création au départ. «Le truc, c’est vraiment de prendre le temps», raconte-t-elle. Elle prévoit de deux à trois semaines de travail à temps plein avant que la mission ne soit complétée.

Le concept tourne autour d’un ours et d’un renard qui ouvrent un livre d’où sortent toutes les propositions fantaisistes des enfants qui éprouveront sans aucun doute beaucoup de fierté à voir un grand format de leur création. Un dévoilement pour la communauté sera aussi fait de ce côté quand le projet sera complété.