Le groupe de Mauriciens qui ont participé au concert final de la première session de cours de piano de l’Académie Gregory se sont réunis quelques semaines après l’événement pour se remémorer ce grand moment. Ce sont, rangée du bas: Andrée Leduc, Lyse Gervais, Monique Brisson et Jocelyne Biron. Derrière: Monique Drouin, Maryse Bégin, Jean-Pierre Paradis, Lyne Ducharme et Renée Lacombe.

Des rêves qui se réalisent

TROIS-RIVIÈRES — La polyvalence et l’énergie de Gregory Charles ne font de doute pour personne et parmi toutes ses initiatives, une de celles qui ont connu le plus de succès est l’Académie Gregory, des leçons de piano en ligne instituées en septembre dernier. La toute première session de cours s’est terminée le 13 mai dernier par un immense concert des élèves à la Chapelle du Mont Royal auquel un groupe d’une dizaine de gens de la région ont pris part.

«Ç’a été une expérience extraordinaire», a commenté Jean-Pierre Paradis, un des participants au concert, autant à propos des cours de l’Académie que du spectacle lui-même. Près de 500 pianistes débutants, divisés en cinq groupes, ont joué pendant quelque 45 minutes chacun lors de ce concert.

Il importe avant tout de présenter la méthode, unique, que préconise l’enseignant. D’abord, précisons que ce sont des cours sous forme de capsules vidéo enregistrées par Gregory Charles lui-même. Les participants reçoivent quotidiennement leur leçon d’une dizaine de minutes enregistrée par le professeur et portant sur un exercice particulier. Cependant, tout se fait à l’oreille.

«C’est la méthode que ma mère a créée pour me montrer le piano, explique Gregory Charles. Elle soutenait que la musique était la seule langue qu’on apprenait en lisant alors qu’on commence à apprendre notre langue maternelle bien avant de savoir lire. C’est une méthode qui privilégie l’action: plutôt que de faire des gammes, on apprend à jouer une chanson qui nous fait exercer nos gammes.»

C’est aussi une méthode qui s’adresse à n’importe qui, qu’on ait ou pas de bagage musical. Et ça n’exige que dix minutes par jour. La seule vraie exigence, c’est de le faire tous les jours, autant que possible. La personne qui s’inscrit recevra 230 leçons à raison d’une par jour pendant huit mois. L’élève pourra conserver dans son ordinateur ou sa tablette chaque leçon pendant un maximum de dix-huit mois par la suite.

Une fois par semaine, les élèves ont l’occasion d’entrer en contact direct en ligne avec le professeur pour une session de 45 minutes au cours desquelles Gregory Charles répond à des questions qui lui auront été acheminées par courriel. «Très souvent, dit Jean-Pierre Paradis, les sessions duraient bien plus longtemps. Gregory a fait preuve de beaucoup de disponibilité et il était surtout très sympathique.»

La première cohorte des élèves de piano comptait environ 2500 personnes. Ont-ils tous complété le cours? «On en a perdu peut-être une centaine en cours de route, calcule le professeur, et la plupart, c’était dans les tout débuts. Tous les autres ont poursuivi. Chacun avait un peu sa façon de faire. Je recommande de se mettre au piano pour dix minutes tous les jours mais certains sautaient des jours pour passer à travers deux leçons aux deux jours ou d’autres en faisaient plusieurs d’un coup.»

«Au départ, je pensais qu’on aurait environ 50 participants mais le succès a été bien plus grand qu’on pensait au point où il a fallu améliorer nos infrastructures informatiques pour être en mesure d’accueillir tout le monde. Pour la prochaine session, en septembre, on pourrait accueillir 100 000 élèves sans problème!»

L’enthousiasme du maestro pour son académie est débordant. Certes, l’homme a tendance à être d’un enthousiasme débridé quel que soit son projet mais celui-ci semble l’animer plus que tout autre. «Ce qui est fantastique, c’est non seulement que la méthode fonctionne et que plus de 2000 personnes ont réalisé leur rêve de devenir pianiste mais ç’a été une aventure humaine exceptionnelle. Toutes les histoires incroyables dont j’ai été témoin, c’est extrêmement touchant.»

«Ce que je peux garantir avec ce cours, c’est que la personne qui s’inscrit et qui fait les exercices va réaliser son rêve de jouer du piano et elle va comprendre la musique ce qui va lui permettre de jouer par elle-même par la suite. Si elle rêve de jouer du piano, je lui garantis qu’elle va le réaliser. Il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour commencer.»

Jean-Pierre Paradis partage une même ferveur pour ces cours. Ce sexagénaire ne sait pas lire la musique bien qu’il joue à l’oreille de plusieurs instruments. Il rêvait depuis tout jeune de jouer du piano. «J’ai adoré la méthode et c’est vraiment efficace. Avec un professeur privé, ça nous aurait peut-être pris trois ou quatre ans pour arriver aux mêmes résultats. C‘est vrai que j’ai été très assidu mais ce n’était pas par obligation, mais simplement parce que j’aime tellement ça! Certains jours, je ne jouais que quinze minutes mais d’autres jours, je pouvais y passer des heures. On progresse vraiment rapidement.»

«C’est certain que certaines leçons sont plus difficiles que d’autres et il y en a que je dois encore retravailler pour être à l’aise mais je suis passé au travers. Au début, il y a des moments où on peut se décourager devant les difficultés mais Gregory est tellement optimiste et stimulant mais aussi tellement gentil qu’on y arrive. Réussir à travailler les deux mains de façon indépendante, c’est difficile mais il nous donne de bons trucs et maintenant, je suis à l’aise. En commençant, je ne pensais jamais me rendre où j’en suis aujourd’hui. C’est réellement incroyable. Je suis vraiment content et c’est certain que je vais m’inscrire à la prochaine session à l’automne.»

En effet, l’Académie a été un tel succès qu’en plus du piano pour débutant, Gregory Charles a mis à l’horaire un cours pour la poursuite de la première session, un cours de piano pour les tout-petits, un autre pour la guitare, et un autre enfin pour ceux qui veulent chanter dans un chœur.

Les 230 leçons ont évidemment un coût: autour de 800 $, ce qui revient à moins de 3 $ la leçon. «C’est quand même infiniment moins cher qu’un cours avec un professeur particulier», soutient l’initiateur. «Pour les résultats que j’ai obtenus, c’est une véritable aubaine», plaide Jean-Pierre Paradis.