Le groupe torontois Anvil composé du bassiste Chris Robertson, du chanteur et guitariste Lips ainsi que du batteur Robb Reiner s’arrêtera à Trois-Rivières dans le cadre d’une tournée québécoise.

Des pionniers du heavy metal en spectacle à Trois-Rivières

Trois-Rivières — Au début des années 1980, le heavy metal était le style musical du moment. Depuis, la grande majorité des groupes faisant partie de ce mouvement musical ont disparu. Par contre, certains continuent d’offrir ce rock agressif, comme Anvil, qui sera en spectacle au Rock Café Le Stage le 10 mai prochain.

Contrairement aux membres de groupes phares comme Metallica, Iron Maiden et Megadeth, les musiciens faisant partie du trio canadien ne se produisent pas dans les grands amphithéâtres de la planète lorsqu’ils partent en tournée. C’est plutôt sur les scènes de petites salles et bars, comme celle de l’établissement de la rue Fusey dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, que le chanteur et guitariste Lips, le batteur Robb Reiner et le bassiste Chris Robertson montent soir après soir avant de reprendre la route vers la ville où se tiendra leur prochain concert. Leur arrêt à Trois-Rivières s’inscrit d’ailleurs dans une tournée québécoise qui les amènera également à Drummondville (3 mai), Sherbrooke (4 mai), Québec (7 mai), Saguenay (8 mai) et Montréal (9 mai).

«Après toutes ces années de carrière, nous n’avons jamais été à Trois-Rivières! Pouvez-vous croire ça?», lance spontanément le chanteur Lips alors que le groupe était en déplacement dans le nord-est des États-Unis il y a quelques jours pendant le segment américain de la tournée du groupe. «On fait cette tournée car nous pouvons le faire. C’est aussi simple que ça. Il y a certains endroits où nous retournerons qui font partie de ceux où nous avons joué à nos débuts alors ça nous fait très plaisir d’y retourner. Le Québec est l’endroit ultime pour le heavy metal en Amérique du Nord, selon moi.»

Pour les membres d’Anvil, le fait de pouvoir gagner leur vie grâce à leur musique constitue un privilège, et ce, même si leur rythme de vie n’a rien à voir avec celui de certains de leurs comparses des années 1980. Ce ne fut d’ailleurs pas toujours le cas. Un documentaire datant de 2009 intitulé The story of Anvil relate en effet les problèmes que vivaient les musiciens à cette époque ainsi que les moments difficiles qu’ils ont dû traverser pendant leur longue carrière. On peut notamment y voir le chanteur Lips en train de livrer de la nourriture dans des centres de la petite enfance afin de subvenir à ses besoins et faire vivre sa famille. Plusieurs musiciens ayant connu la gloire, dont Lars Ulrich de Metallica et Slash de Guns n’ Roses, confient également dans ce film acclamé par la critique qu’ils ont toujours admiré Anvil et qu’ils s’expliquaient mal pourquoi le groupe n’a jamais obtenu la reconnaissance qu’il méritait.

«Ça fait 12 ans que j’ai fait une livraison de nourriture et c’est très bien ainsi! Tout est merveilleux pour Anvil présentement. Ça fait deux ou trois mois que nous sommes en tournée», souligne celui qui, avec le batteur Robb Reiner, faisait partie du groupe à ses débuts en 1978. Depuis, l’alignement de la formation a changé à plusieurs reprises, passant notamment de quatre à trois membres.

Mauvais timing

Alors que plusieurs artistes préfèrent ne pas s’attarder sur les événements tristes du passé lors d’entrevues promotionnelles, Lips accepte sans retenue de raconter pourquoi selon lui son groupe n’a jamais été en mesure d’obtenir un succès commercial alors que son style musical a déjà été très populaire.

«C’est un aspect très technique de l’industrie qui a causé tout ça. C’est aussi simple que ça. En 1983, on a été pris en charge par une agence qui s’occupait notamment de la carrière de Scorpions, Ted Nugent, Aerosmith et Michael Bolton [il rit]. Elle a essayé de nous trouver un contrat d’enregistrement aux États-Unis, mais les compagnies de disques voulaient avoir les droits de nos trois premiers albums [qui avaient été lancés sous une étiquette canadienne] gratuitement. Mais la compagnie canadienne a toujours refusé. Je la comprends, car on ne donne rien pour rien. Elle avait payé et travaillé pour nous faire connaître. Aucune compagnie américaine nous a donc signés. Elles voulaient avoir les albums pour les vendre et investir l’argent dans notre futur. [...] Pour cette raison, nous avons été sans contrat d’enregistrement entre 1983 et 1987, ce qui a probablement été la période la plus faste dans l’histoire du heavy metal», rappelle le chanteur du groupe qui a finalement enregistré 17 albums et qui entrera en studio l’automne prochain pour une 18e fois.

En début de carrière, Lips s’est notamment fait connaître pour son utilisation d’un vibrateur sur le manche de sa guitare pendant les solos. Il indique qu’il utilise toujours cette technique cocasse et il promet qu’il le fera lors de son passage à Trois-Rivières. «Je suis encore meilleur qu’avant», fait-il remarquer avant de pouffer de rire.