L’artiste Jean-Philippe Mailhot s’affaire à réaliser trois fresques historiques sur les murs de l’ancienne école primaire de Saint-Alexis-des-Monts depuis quelques semaines.
L’artiste Jean-Philippe Mailhot s’affaire à réaliser trois fresques historiques sur les murs de l’ancienne école primaire de Saint-Alexis-des-Monts depuis quelques semaines.

Des fresques historiques sur les murs de l’ancienne école primaire de Saint-Alexis-des-Monts [VIDÉO]

SAINT-ALEXIS-DES-MONTS— Bien que les festivités entourant les Fêtes du 150e anniversaire de la paroisse de Saint-Alexis-des-Monts auront lieu dans seulement un an, une certaine frénésie s’est déjà emparée de la municipalité au cours des dernières semaines, alors que trois énormes fresques ont fait leur apparition sur les murs de l’ancienne école primaire Sainte-Élizabeth.

«À la Société aleximontoise d’histoire et de généalogie, on trouvait que la bâtisse qui a une valeur historique et qui est en plein centre du village n’avait pas la valeur qu’elle aurait dû avoir. On voulait donc lui donner vie avec les fresques, en plus de rendre par le fait même hommage aux Filles de Jésus. On a donc présenté le projet au conseil municipal en février 2019, car la bâtisse appartient à la Municipalité et on nous a finalement dit oui», mentionne la présidente de Société aleximontoise d’histoire et de généalogie inc., Thérèse Elliott St-Onge.

Mais pour concrétiser un tel projet, il faut évidemment un artiste capable de réaliser des fresques de cette ampleur. C’est donc à l’artiste aleximontois, Jean-Philippe Mailhot, qu’est revenue cette tâche de réaliser des oeuvres uniques aux couleurs vives.

Six semaines devraient être nécessaires pour la réalisation des trois fresques.

L’ampleur du défi n’a toutefois pas eu raison de l’artiste qui n’en était pas à ses premières armes en ce qui a trait à la réalisation de fresques. «Ce n’est pas une première pour moi de faire des fresques, mais c’est la première fois que je travaille à en faire en Mauricie. C’était important pour moi de le faire ici. Avec Thérèse, ça fait environ un an et demi qu’on travaille là-dessus et qu’on regarde des photos pour le projet. J’ai d’ailleurs présenté plusieurs esquisses par ordinateur avant d’arriver au résultat final», précise l’artiste.

À la fois historiques et tournées vers l’avenir, les trois fresques peintes par l’artiste aleximontois racontent des histoires bien distinctes et ont une double mission. «Les fresques ont évidemment une mission historique, mais aussi une mission attractive. On souhaite que les touristes ne soient pas juste de passage, mais qu’ils arrêtent aussi à Saint-Alexis», souligne Mme St-Onge.

Alors que sur la première fresque qui se situe sur le devant de l’établissement, on y retrouve des religieuses Filles de Jésus ayant oeuvré au XIXe siècle dans le domaine de l’éducation, sur la seconde, c’est plutôt la culture amérindienne, grâce à la représentation de l’amérindien Augustin Magwanedo de la nation abénaquise bien établie à Saint-Alexis-des-Monts, qui est mise de l’avant.

La deuxième fresque met de l’avant l’amérindien Augustin Magwanedo de la nation abénaquise.

La troisième fresque, quant à elle se veut un message d’espoir pour les générations futures et présente des scènes d’enfants qui interagissent dans leur environnement.

Des dépliants qui seront produits éventuellement permettront notamment aux visiteurs d’en savoir plus sur la signification de chaque oeuvre. Des panneaux d’interprétation seront également installés près des oeuvres afin d’expliquer brièvement la signification de chacune.

Un travail de moine

Depuis plus d’un mois, c’est dans un chariot élévateur que passe la plupart de son temps Jean-Philippe Mailhot. En effet, en raison de la grandeur des fresques, l’artiste n’a eu d’autre choix que d’utiliser ce nouvel outil de travail, ainsi qu’un projecteur numérique afin de calquer les images sur le bâtiment.

L’une des oeuvres met en vedette trois religieuses Filles de Jésus.

«C’est tout un défi de travailler en hauteur comme ça, puisque ça tangue tout le temps. D’ailleurs, pour m’aider, mon père vient régulièrement pour faire le remplissage de mes fusils.»

Et lorsqu’il est question de défis, Jean-Philippe Mailhot ne s’en cache pas, ils ont été nombreux depuis le début du processus.

«L’un des défis, c’est qu’il y a certaines teintes que je ne suis pas capable d’atteindre, alors que certaines couleurs vont pâlir avec les années. Je dois donc faire des mélanges et m’appliquer à foncer d’autres couleurs. De plus, lorsque j’applique de la couleur au pinceau pour les visages, je suis obligé d’épouser la forme du joint de la brique, ce qui est une première pour moi. La pandémie s’est aussi révélée être un défi, puisque j’étais censé avoir au moins six personnes pour m’aider à faire le remplissage, et finalement, je suis seul», explique-t-il.

La dernière fresque se veut un message d’espoir pour les générations futures.

Bien que les oeuvres ne soient pas terminées en totalité, ce qui impressionne les passants, c’est d’ailleurs le souci du détail de l’artiste. «Je pourrais passer un temps incalculable sur chaque oeuvre puisque c’est l’orgueil et la fierté qui entrent en ligne de compte. Avec l’appréciation de la population, je vois déjà que ça porte ses fruits, donc c’est certain que je veux en mettre encore plus.»

Au total, près de six semaines consécutives devraient être nécessaires pour Jean-Philippe Mailhot qui croit être en mesure de finaliser ses oeuvres d’ici le mois d’août prochain.