Six femmes qui expriment leur vision de la situation de la femme, voilà la teneur de l’exposition Elles qui se tient pendant tout le mois de mars à l’Embuscade. Ces artistes sont, de gauche à droite: Francesca Sinotte, Françoise Bouchard, Fontaine Leriche, Alexandra Giroux, Joan Lefebvre qui entourent la commissaire et participante à l’exposition: Élyse Chaîné.
Six femmes qui expriment leur vision de la situation de la femme, voilà la teneur de l’exposition Elles qui se tient pendant tout le mois de mars à l’Embuscade. Ces artistes sont, de gauche à droite: Francesca Sinotte, Françoise Bouchard, Fontaine Leriche, Alexandra Giroux, Joan Lefebvre qui entourent la commissaire et participante à l’exposition: Élyse Chaîné.

Des femmes parlent des femmes

TROIS-RIVIÈRES — Le bar trifluvien l’Embuscade rend hommage aux femmes pendant tout le mois qui leur est consacré par le biais d’une exposition d’art visuel intitulée Elles. Six artistes de la région y ont pris part: Françoise Bouchard, Élyse Chainé, Alexandra Giroux, Joan Lefebvre, Fontaine Leriche et Francesca Sinotte.

Le menu est copieux puisque pas moins de 39 œuvres sont offertes dans une variété de techniques, de formats, d’approches et de thèmes. Variété est assurément le fin mot de cette exposition qui sera présentée jusqu’au 30 mars.

C’est Élyse Chaîné, responsable des expositions à l’Embuscade, qui est commissaire. L’idée lui trottait en tête depuis un certain temps mais c’est en janvier que le projet a vraiment pris son envol. «Ce que j’ai proposé aux participantes, c’est de réfléchir à leur conception de la femme aujourd’hui et à comment le mois de la femme nous touche. Évidemment, c’est aussi un prétexte qu’on se donne pour le souligner. Dans ma démarche artistique personnelle, il y a un côté engagé féministe; c’est un enjeu qui me tient à cœur et je trouvais intéressant de voir comment on le conjuguerait en groupe.»

Pourquoi six artistes? C’était le meilleur compromis pour avoir de la diversité tout en respectant l’espace disponible. Élyse Chaîné a voulu que diverses générations soient représentées pour offrir des visions contrastées. Ainsi, Alexandra Giroux est étudiante à l’UQTR alors que Joan Lefebvre a, derrière elle, une carrière qui s’étend sur quelques décennies. «Je voulais aussi avoir plusieurs techniques représentées, soumet la commissaire, mais sans imposer quoi que ce soit aux artistes. On retrouve de la sérigraphie, de la gravure, de la peinture mais surtout, on voit différentes visions, ce que je souhaitais.»

Quand les œuvres ont été soumises à la commissaire il y a une dizaine de jours, elle a probablement été moins étonnée par les disparités que par les ressemblances. «J’ai été surprise de voir à quel point nous sommes en symbiose dans nos préoccupations. C’est vrai qu’il y a eu des discussions entre nous depuis janvier de sorte que la production est marquée par des éléments amenés en discussion. On retrouve notamment l’idée d’hommages à de grandes femmes du passé qui ont marqué notre évolution en tant que groupe; des femmes à qui on doit des inventions importantes, par exemple, mais qui ont été oubliées.»

Qui sait, par exemple, qu’on doit le lave-vaisselle à l’Américaine Josephine Cochrane?

«Certaines artistes présentent une vision très directe, d’autres sont plus revendicatrices alors que d’autres encore ont choisi d’exprimer leur vision féminine dans des caractéristiques picturales mais en général, les visions présentées sont peu agressives ou violentes. Certaines œuvres réalisées en collaboration par Francesca Sinotte et Fontaine Leriche sont certainement revendicatrices mais leur impact est quelque peu adouci par les œuvres qui les entourent. J’ai d’ailleurs été surprise de voir que certains thèmes comme l’avortement n’ont pas tellement été explorés. Le côté social est présent mais peut-être pas les enjeux dominants dans la société actuelle comme la violence faite aux femmes.»

«Une autre chose m’a frappée: c’est que la palette de couleurs est plutôt homogène même si ça n’a jamais été discuté entre nous et même si j’ai laissé une très grande liberté aux participantes. Nous vivons notre condition féminine dans la même société: c’est peut-être ça qui se reflète dans les couleurs choisies. En voyant l’exposition, je me dis qu’il y a sans doute plus de choses qui nous rassemblent entre nous qu’il n’y en a qui nous divisent.»

Le thème se prête évidemment à ce qu’on reprenne l’événement chaque année. Élyse Chaîné serait plutôt pour. «Le combat pour la reconnaissance des femmes à leur juste valeur et en tant qu’égales des hommes est à mener constamment et je pense qu’en refaisant l’exercice sur une base annuelle, on pourrait voir l’évolution des mentalités. Je garde l’idée en tête.»