Jacques Rouillard exposera pour la dernière fois jusqu’à l’été au Complexe culturel Félix-Leclerc. Il a dans ses mains des photos de sa première exposition en 1983.

Dernière exposition pour Jacques Rouillard

LA TUQUE — Le peintre naturaliste latuquois, Jacques Rouillard, se prépare à tourner la page sur sa carrière artistique. Le vernissage de sa dernière exposition aura lieu, samedi, au Complexe culturel Félix-Leclerc. Après plus d’une trentaine d’années de métier comme peintre professionnel et enseignant en peinture, l’homme de 82 ans s’est dit heureux de ce qu’il a accompli, sur ses toiles et dans la communauté.

«Je suis pas mal fier de tout ce que j’ai fait», lance-t-il humblement.

Jacques Rouillard a, durant sa carrière, représenté des paysages de la région du Haut Saint-Maurice et de la faune qui y habite. Bien qu’il ait fait ses débuts avec de la peinture à l’huile, c’est majoritairement avec l’acrylique qu’il a peint aux alentours de 500 toiles au fil de sa carrière.

C’est à sa retraite que sa passion pour la peinture a pris son véritable envol. Tous les outils qu’il a utilisés pour travailler le bois auparavant ont laissé leur place à un atelier de peinture.

«J’ai commencé à peindre après ma retraite. J’avais commencé à prendre des cours avec Brian Braithwaite et Arthur Harvey, qui a été un véritable mentor […] J’ai ensuite développé ma propre technique. Il a fallu quelques années.»

C’est de ce même atelier qu’il a enseigné son art à plusieurs dizaines de personnes. D’ailleurs, les anecdotes avec eux se sont multipliées au fil des ans. Pour lui, le meilleur conseil qu’il a donné à ses élèves, c’est le travail acharné.

«Je vais m’ennuyer de mes élèves! Ce sont eux qui vont me manquer le plus. J’ai vu environ 140 élèves. Il y en a qui m’ont fait de petits chefs-d’œuvre», assure-t-il.

Au courant de sa carrière, Jacques Rouillard a fait plus d’une vingtaine d’expositions, dont plusieurs collectifs avec ses élèves et d’autres peintres.

Les œuvres de sa dernière exposition seront à vendre à rabais. L’octogénaire a vendu sa maison, incluant son atelier. Il doit se départir de ses tableaux.

«Je les vends à moitié prix pour la plupart. Je n’ai pas de place pour en mettre chez moi, il n’y a que des photos de mes enfants. C’est beau mes peintures, mais je préfère mes enfants», a-t-il lancé.

Jacques Rouillard est également un artiste engagé dans la communauté latuquoise. Il a été bénévole pendant 14 ans au Complexe culturel Félix-Leclerc où il s’occupait des expositions de peinture. Il a participé activement au déploiement de la Place des artisans au centre-ville de La Tuque.

«J’étais le responsable […] C’était un beau projet et j’étais enchanté. J’avais choisi des peintres, on faisait des réunions, ils ont monté leur projet. Je les ai guidés là-dedans», a-t-il indiqué.

C’est également lui qui s’est chargé de restaurer les personnages de la crèche de l’église Saint-Zéphirin.

«C’était tout un défi. Il voulait que ce soit moi absolument, alors j’ai accepté»

Il lui a fallu entre 6 à 8 heures de travail par personnage. Il a également fabriqué un album photos qui montre les personnages avant et après la transformation en plus de prendre soin de laisser les recettes de couleurs pour chaque pièce. Il a aussi mis sa touche dans certains vitraux de l’église Saint-Zéphirin qu’il a soigneusement remis en état.