Louis-Jean Cormier, David Goudreault, Émile Bilodeau et Patrice Michaud.
Louis-Jean Cormier, David Goudreault, Émile Bilodeau et Patrice Michaud.

Déjà à l’unisson

Trois-Rivières – Certes la magnifique température pouvait y être pour quelque chose mais la joyeuse fébrilité dans laquelle baignait l’Amphithéâtre Cogeco dimanche après-midi, deux jours avant la diffusion du spectacle de la Fête nationale, tenait en grande partie au plaisir des artistes de se retrouver enfin.

Tous ceux qui se sont prêtés au jeu des entrevues pendant une pause de la répétition s’entendaient pour témoigner d’un immense plaisir et d’un sentiment de vivre quelque chose d’inédit. «On est dans le travail mais on sent qu’on vit quelque chose d’unique, indiquait le coanimateur Pierre Lapointe. Déjà, être dans un amphithéâtre dédié à la présentation de spectacles, c’est différent des grands spectacles habituels de la Fête nationale. Ça nous permet de peaufiner davantage, techniquement. On n’aura pas le plaisir de sentir l’énergie du public, par contre, on va gagner en qualité sur d’autres points, au niveau visuel, particulièrement.»

Pierre Lapointe et Ariane Moffat.

«Il y a quelques Saint-Jean dans l’histoire du Québec qui sont restées gravées, souvent pour des raisons artistiques ou politiques, et je suis pas mal certain que cette fête nationale-ci va passer à l’histoire, ne serait-ce que parce qu’elle marque le début de la fin du confinement.»

«C’est une très grosse machine. Ari (Moffatt, sa coanimatrice) et moi sommes à l’avant-plan mais on est là pour aider l’équipe à aller de l’avant. On a apporté des idées, des demandes et on a été entendus parce qu’il y a une confiance mutuelle déjà établie avec Jean-François Blais et Isabelle Viviers que je connais et respecte à cause du travail à La Voix. On est avec de grands pros à tous les niveaux.»

Vincent Vallières.

«J’aime l’idée qu’une nation décide de se fêter à travers la chanson; c’est la chose qui m’émeut le plus. Que cette discipline-là puisse rassembler autant de gens, c’est rare et précieux. On célèbre notre histoire, ce qui s’en vient; on célèbre ce qu’on est, finalement. J’espère que c’est ce que les gens vont retenir.»

Sa collègue et coanimatrice parle de fierté pour décrire ce qui l’anime. «Mon attachement pour le Québec est extrême et après vingt ans de carrière, on me donne cette responsabilité de porte-parole et animatrice de la Fête nationale; je trouve ça fantastique. J’ai envie d’être la courroie de transmission pour que le contenu très émotif de ce spectacle-là se rende jusque dans le cœur des téléspectateurs.»

Mélanie des Soeurs Boulay.

Quand le spectacle aura été diffusé, Ariane Moffatt sera comblée si elle peut sentir que c’est l’émotion qui a dominé. «Je souhaite que ce soit le cœur, les frissons, qui habitent les gens pendant le spectacle. Ainsi, toutes les formes de divisions et d’enjeux qui nous préoccupent en ce moment seront gommées le temps d’une soirée où on aura tous été à l’unisson.»

«Certainement, c’est un spectacle chargé au niveau artistique mais la beauté du site vient certainement ajouter un autre élément très spécial. Je ne connaissais l’Amphithéâtre que de réputation et c’est la première fois que je l’habite; je trouve que c’est un endroit merveilleux. Ça contribue à notre cohésion entre artistes en plus des nombreuses conversations que nous avons eues entre nous depuis le début des répétitions. Avec tout ce que nous vivons, chacun de notre côté, et les enjeux collectifs qui se dessinent, j’ai senti qu’il y avait une très grande écoute des uns envers les autres et ça met la table pour le spectacle proprement dit.»

Stéphanie des Soeurs Boulay.

Les participants vivent ces journées de préparation avec un enthousiasme très réjouissant. «Le spectacle lui-même, c’est du sans précédent à 360 degrés, raconte Patrice Michaud. C’est même étourdissant pour nous à certains égards parce qu’il y a un contenu très varié. Moi, ce qui me fait le plus plaisir dans cette expérience, c’est de retrouver du monde. On est tellement nombreux que je revois plusieurs amis avec qui je n’avais pas collaboré depuis longtemps. C’est l’occasion d’échanger sur notre période de confinement. Avant les premières répétitions, j’étais nerveux à la seule idée d’aller à la rencontre d’autant de gens que j’aime. Je me sentais comme si je retournais douze ans en arrière et que je commençais dans ce métier sans avoir toutes les cartes en main. Ça m’allume vraiment.»

Le Trifluvien d’origine David Goudreault voit dans cette réunion artistique la possibilité de quelque chose de bien plus grand. «La chimie se passe déjà entre les artistes sur scène et elle va permettre une réelle rencontre avec le public. La barrière qu’est l’écran est peut-être plus poreuse qu’on peut le croire. Le fait que ce soit sur tous les réseaux va nous permettre de rejoindre le Québec élargi et ça nous motive à être au meilleur de nous-même.»

Christine Beaulieu.

«S’il y a un mot qui ressort pour moi de l’expérience que je vis depuis qu’on est arrivé ici, c’est solidarité, indique Louis-Jean Cormier. On se serre les coudes, on essaie de faire un grand show et si la solidarité d’artistes comblés d’être ici et de participer à cet effort collectif se rend jusqu’au public, c’est là que le mot va prendre tout son sens. Il faut que ce soit un événement rassembleur.»

«Si je peux me permettre un brin de chauvinisme, ajoute David Goudreault, je trouve génial que ça se déroule à l’Amphithéâtre de ma ville natale. On sort des pôles naturels que sont Québec et Montréal pour en faire rayonner un autre à travers une infrastructure qui est très significative pour le développement de Trois-Rivières.»