Entre chansons et numéros de stand-up, le Denis barbu (Sébastien Dubé) et le Denis à palettes (Vincent Léonard) présentent un spectacle faussement brouillon réglé au quart de tour.

Décrocher avec les Denis Drolet

CRITIQUE / Ah, un spectacle des Denis Drolet… L’occasion de rire de tout et son contraire, de passer des moments tendres à d’autres presque violents, avec deux gars qui nous décrivent le monde avec une lucidité qui leur est unique. Peut-être ne nous ont-ils pas amené «de l’autre côté de l’arc-en-ciel» comme ils l’avaient promis, mais avec leur quatrième «two-men-show», En attendant le beau temps, ils nous font réellement rigoler, et surtout, oublier les tracas du quotidien.

Les deux Denis étaient contents de se retrouver à Québec, mercredi, là où «y’a a des châteaux aux coins de rue, et le maire est un gnome» (pardon, monsieur Labeaume). Le troisième membre de l’équation, le public, avait l’air lui aussi assez heureux de retrouver ses carencés préférés.

Car après 18 ans en duo, les Denis Drolet ont un public fidèle et solide, qu’on qualifierait… de maniaque. En fait c’est simple, on adore l’humour du Denis barbu (Sébastien Dubé) et du Denis à palettes (Vincent Léonard), ou on déteste avec force. Vous comprendrez que la deuxième catégorie de spectateurs n’étaient pas à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre, mercredi.

Comme ils ne font jamais rien comme tout le monde, les Denis ont débuté la soirée… par des (faux) remerciements à leur équipe de tournée. Entre autres au gars à la vente de billets («c’est comme le petit Jérémy avec un visage d’humain») et au responsable du buffet, Rocco Magnotta («ça tombe bien, j’aime ça le chinois!» lancera ravi Denis barbu).

Entre chansons et numéros de stand-up, les amis bruns (il ne reste que leurs pantalons de cette couleur) aborderont ensuite différents thèmes, à commencer par les différences hommes-femmes («un thème jamais vu dans l’histoire de l’humour!»). Nous expliquant entre autres que les femmes, elles, aiment pleurer en voyant une vidéo d’un chien husky qui chante sur YouTube, pendant que l’homme («le maître!») aime rire devant un accident de quatre roues sur Facebook. Évident comme différence, tsé.

Puis, ils aborderont la maladie mentale, Denis barbu prenant notamment en exemple son ami Serge, qui est un ours polaire. «Bipolaire, tu veux dire», le reprend Denis à palettes, sous les éclats de rire. Nous serons tous confondus quand le barbu nous présentera une image de lui et Serge… un vrai ours polaire. Ils termineront ce segment avec la touchante chanson (oui oui) Ma grand’ soeur, qui leur fait peur (parce qu’elle dessine des faces de monde mort sur son plancher de chambre…), mais qu’ils aiment de tout leur cœur.

La logique de l’absurde

Franchement, difficile de vous rendre avec logique le fabuleux monde absurde et disjoncté des Denis Drolet, qui dérape souvent (de façon très bien contrôlée) vers le tendre ou l’extrêmement trash (merci Denis barbu). Un monde absurde, mais pas dénué de sens : avec En attendant le beau temps, ils décrivent à leur façon tout ce qu’on peut faire en attendant (espérant?) que le monde troublé dans lequel on vit aille mieux, finalement.

Pour le reste, ajoutons que Sébastien Dubé et Vincent Léonard présentent un spectacle faussement brouillon réglé au quart de tour au timing incroyable, qu’ils sont en parfaite maîtrise de leur art et de leurs personnages… et qu’ils ont bien fait d’appeler Yvon Deschamps pendant le spectacle, parce que «c’est le temps qu’il sache qui a repris le flambeau de l’humour au Québec!»

Les Denis Drolet présentent encore En attendant le beau temps jeudi soir, et ils seront en supplémentaire les 7 et 8 décembre prochains, toujours à la salle Octave-Crémazie du Grande Théâtre. Ils seront également sur scène le 27 avril à L’Anglicane de Lévis et le 28 avril à Montmagny (salle Promutuel Assurance).