Camille Beauchemin et Kathleen Lacroix, au premier plan, tiennent les rôles principaux dans Les précieuses ridicules. Elles sont accompagnées du duo amusant d'Adamo Ionata et Samuel Fortin.

Déclinaisons de comédies moliéresques

Le Théâtre des Nouveaux Compagnons avait dans ses cartons le projet de présenter deux courtes pièces de Molière dans une seule soirée. Une demande que la troupe avait reçue et qu'elle présentera encore à cinq reprises à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.
En première partie, on présente Les précieuses ridicules suivie du Médecin malgré lui. L'idée de base est intéressante: présenter deux classiques mis en scène par deux metteurs en scène dans deux styles différents. L'exercice permet, entre autres, au public de constater les possibles interprétations des textes classiques.
Le résultat est, en effet, différent. Dans Les Précieuses ridicules, la metteure en scène, Annie Trudel, en a fait une mouture plus convenue. Elle a choisi un décor simple et des costumes évocateurs des tenues d'époque. Le tout fonctionne sans toutefois surprendre.
Le soir de la première, le départ était un peu lent. Comme il n'est pas aisé de livrer des textes en français international, il fallait un moment pour embarquer. 
Les comédiens ont bien fait. Le niveau de français international était respectable.
Les deux précieuses, Camille Beauchemin et Kathleen Lacroix, tiraient bien leur épingle du jeu. Bien qu'elles aient un parler un peu criard, elles ont offert un bon spectacle qui donne à penser que les prochaines représentations seront encore mieux. Ce qui était le plus intéressant, c'est que les comédiens semblaient éprouver un réel plaisir à jouer et ça, c'est contagieux. Chapeau à Adamo Ionata (Vicomte de Jodelet) et Samuel Fortin (Marquis de Mascarille) qui participaient grandement à cet éclat de folie.
Bien que les deux metteurs en scène aient travaillé indépendamment, ils se partageaient les répétitions et le même bassin de comédiens.
On retrouve donc plusieurs d'entre eux après l'entracte dans Le Médecin malgré lui qui était présentée sous la lorgnette d'Yves Deguire.
À l'ouverture du rideau, nouveau décor et nouveau style. Le choix de la simplicité de M. Deguire, qui interprète également M. Robert, est fort intéressant. À plusieurs reprises on est agréablement surpris par ses idées. De la corde à linge à l'utilisation des rideaux pour définir les pièces, les choix scénographiques sont efficaces.  
Les éclats de rire ont fusé quand Sgnarelle utilise des masques de protection respiratoire blancs comme chapeaux. On peut aussi ajouter à la colonne des bons coups les déplacements en tricycle et la scène de bûchage dans une pile de palettes de bois. 
Adamo Ionata, qui interprète Sgnarelle, fait un boulot incroyable, autant dans la livraison du texte que dans son jeu léger, mais drôlement efficace. Il est très bien soutenu par Roxanne Pellerin (Martine)
qui offre aussi une belle performance. 
Gabriel Godbout et Martin Bergeron ajoutent aussi au plaisir qui se dégage de la performance.
La soirée, qui dure environ deux heures, passe rapidement. Non, ce n'est pas parfait, mais la proposition demeure honnête et intéressante.
La troupe sera sur les planches de la salle Anaïs-Allard-Rousseau les 1er, 6, 7 et 8 avril à 20 h et le 2 avril à 14 h.