Bob Champoux et Michel Lamothe, photographiés au milieu des années 2000.

Décès de Michel Lamothe: «Willie a été mon parrain»

TROIS-RIVIÈRES — «Il est le parrain de mon gars. Il était ému de ça. Dans le fond, Willie a été mon parrain au niveau professionnel. Et dans ma vie aussi.»

Lundi a été une journée triste pour bien des musiciens au Québec, et particulièrement pour Bob Champoux, à la suite de l’annonce du décès de Michel Lamothe à l’âge de 71 ans. Le guitariste de la région, qui a joué très souvent avec le bassiste mieux connu sous le surnom de Willie, n’a que de bons souvenirs en tête lorsqu’il parle de celui qui a été membre des groupes Offenbach, Corbeau et Corbach.

«J’ai travaillé avec lui avec Corbach, autour de 1999. J’étais le jeune. Lui était déjà dans la cinquantaine. J’arrivais dans un groupe de musiciens qui avaient du millage et Willie m’a pris sous son aile. Il m’a donné des trucs qui sont encore bons aujourd’hui: il parlait du côté musical, du partage entre musiciens. Il y a beaucoup de musiciens qui jouent pour eux. Lui misait sur l’ouverture, il fallait jouer ensemble, jouer pour la toune, pas pour toi. Ça a l’air facile, mais c’est pas si simple. Willie voulait le respect entre les musiciens et il avait un respect des gens qui viennent voir des shows. Il était le premier à prendre une bière et à jaser avec le monde. Le monde l’aimait beaucoup et il aimait le monde», relate Bob Champoux à propos du musicien qui souffrait d’emphysème.

Le guitariste s’est retrouvé au sein d’un groupe qui misait non seulement sur Willie Lamothe à la basse, mais aussi sur Roger Belval comme batteur. Les deux avaient œuvré au sein d’Offenbach avant de quitter le groupe à la fin des années 1970 pour joindre Corbeau.

«Lui et Wézo (Belval), ils avaient 30 ans d’expérience ensemble. Tu peux pas avoir plus solide que ça (comme section rythmique). Quand j’arrivais avec ma guitare, j’avais l’air meilleur! »

Breen LeBoeuf et Willie Lamothe ont travaillé ensemble lors de plusieurs projets au fil des ans.

Willie Lamothe était reconnu comme un aimant de la vie et des nombreux plaisirs qui viennent avec. Sympathique, pas prétentieux pour deux sous, il était doté d’une présence peu commune, selon Bob Champoux. Il avait un petit côté romantique, le genre de gars à apporter des fleurs à une femme. Il avait aussi un côté plus direct et n’avait pas peur d’être clair pour dire ce qu’il pensait.

«Il y avait un show à la Place des arts pour un anniversaire de la mort de Gerry Boulet, avec un house band, et je n’étais pas supposé être là. Il avait poussé pour que je sois là. Il m’a ouvert des portes.»

Un bassiste de grand talent

Breen LeBoeuf a appris le décès de Michel Lamothe lundi soir. Les carrières des deux hommes, qui se sont toujours considérés comme des chums, sont étroitement liées.

Lorsque Michel «Willie» Lamothe a quitté Offenbach pour se joindre à Corbeau, le groupe était à la recherche d’un nouveau bassiste permanent jusqu’à ce que Breen LeBoeuf se joigne à la formation. Le Trifluvien d’adoption roulait alors sa bosse à Toronto et s’était déjà lié d’amitié avec Gerry Boulet lors d’un précédent passage dans la Ville-Reine.

«En fin du compte, j’ai pris sa job», lance d’emblée Breen LeBoeuf en riant. «C’est moi qui a eu l’honneur de jouer de la basse pour le band. J’ai joué sa musique. Tous les albums réalisés avant moi, c’était les lignes de basse de Willie que je reprenais. J’essayais d’être fidèle à ça, parce que c’était bien fait. Pourquoi briser quelque chose qui est bien fait?»

Par la suite, Breen LeBoeuf et Willie Lamothe ont joué ensemble dans plusieurs projets au fil des années, dont la nouvelle mouture de la Messe des Morts présentée à l’oratoire Saint-Joseph. «Après, on a fait un band qui s’appelait Offenbeau. C’est comme Corbach, mais à l’envers, c’est une autre approche. Willie jouait de la basse et moi j’étais aux claviers», se souvient Breen LeBoeuf en ajoutant que les amateurs de musique du Québec les mélangeaient souvent lui et Willie. «Willie était un gars spécial, créatif qui avait une belle énergie. C’était un gars de gang et c’était surprenant ce qu’il faisait avec sa base.»