Debbie Lynch-White présentera sur la scène du Centre des arts de Shawinigan son spectacle Elle était une fois.

Debbie Lynch-White: «cœur à cœur avec le public»

TROIS-RIVIÈRES — Le grand public l’a découverte avec un air stoïque dans Unité 9 mais a été conquis par sa personnalité charmante et ses multiples talents. Parce que, pour ceux qui ne le savaient pas déjà, Debbie Lynch-White est aussi auteure et chanteuse. «Interprète», précise-t-elle. «J’ai envie de donner ses lettres de noblesse à ce métier-là, autant comme actrice que comme chanteuse ou comme actrice qui chante. Pour moi, c’est le même métier d’interprète qui vise à toucher les gens.»

C’est donc avec sa voix qu’elle viendra à la rencontre des gens de Shawinigan, le 5 octobre au Centre des arts, avec son spectacle Elle était une fois. Un tour de chant consacré à des compositions de femmes. «On a choisi des morceaux très forts où j’ai juste à me laisser embarquer par ces chansons.»

Elle choisit, dans sa manière d’aborder son interprétation, d’y aller de son ressenti et non d’une construction. Le tout visant à créer une soirée unique où elle s’expose, comme elle est, en toute transparence. «Chaque chanson est différente. Certains mots ou certaines phrases me donnent envie de pleurer, mon but c’est d’y aller là-dedans. Je pense que c’est la meilleure façon pour emporter le spectateur. La musique a cette capacité de nous plugger direct sur notre ressenti, sur notre cœur. Parfois, les textes de théâtre font ça aussi mais différemment. C’est vraiment une opportunité d’être cœur à cœur avec le public.»

Le film La Bolduc dans lequel elle interprétait Mary Travers a été comme une catapulte pour sa carrière d’interprète. «Ça m’a titillé la chanteuse!», rigole-t-elle.

Elle n’a donc pas hésité longtemps avant d’accepter l’offre de Spectra qui se voulait aussi une belle opportunité de chanter et de partager avec le public quelques bribes de son vécu. La sélection des chansons appuie un discours résolument féministe mais à la manière pacifique et sympathique de Debbie Lynch-White.

«Je pense que je porte ça en moi tous les jours. Je pense qu’artistiquement j’avais envie de prendre la parole là-dessus et de le faire à travers des chansons. Je me rends compte que mon choix de chansons met en lumière des autrices-compositrices-interprètes très fortes qui, elles-mêmes, prennent la parole dans la vie et n’ont pas peur de dire ce qu’elles pensent. Je pense que moi, timidement, à travers leurs textes, j’essaie de faire la même chose», partage celle qui interprète Caroline dans Une autre histoire.

«Je pense que les chansons parlent d’elles-mêmes. Quand je fais, a cappella, Une sorcière comme les autres (d’Anne Sylvestre), on n’a pas le choix, comme spectateur, de recevoir ce texte comme une bombe. Les mots ont une puissance et, à ça, j’essaie de mettre mes qualités d’interprète. Je suis une actrice qui chante. Je ne suis pas une chanteuse. Pour moi, ce n’est pas pareil», raconte la sympathique jeune femme.

Bien que la charmante comédienne ait publié un livre l’an dernier, elle affirme ne pas avoir le talent pour écrire des chansons. «Je laisse ça aux autres. Les gens me disent: «Tu fais tout dans la vie. Tu es bonne dans tout!». Pas pour écrire des chansons!», tranche-t-elle.

Debbie Lynch-White aime établir un dialogue avec le public qui vient la voir en spectacle. Elle souhaite d’ailleurs lui offrir des parcelles d’elle-même, en toute modestie, mais avec beaucoup de sincérité. N’a-t-elle pas peur de ce que cette ouverture sur elle-même peut engendrer? «Non, parce que je l’assume. De plus, il y a une grande part que je ne dis pas et que je garde pour moi. Il y a plein de choses que je n’irai jamais raconter mais ce que je décide de dire, c’est assumé. C’est toujours à jauger. Je suis très sociable et j’ai beaucoup de jasette. J’ai l’impression d’être la même quand je soupe avec des amis ou que je te jase en ce moment ou quand je vais dans un talk-show. C’est ce que je suis, c’est mon bagage et j’accepte de le raconter. Tu ne sais jamais ce que ça peut faire aux gens mais évidemment, on se garde tous des jardins secrets et c’est très sain.»

Si le mot authenticité est trop souvent utilisé comme un argument de vente, il demeure néanmoins un qualificatif juste pour décrire ce que Debbie Lynch-White offre d’elle-même en entrevue téléphonique. «J’ai l’impression d’être en constance recherche de cette cohérence-là. Je veux être conséquente dans la vie. Par exemple, je suis déjà allée à la télé et je me suis fait habiller par des stylistes et j’avais l’impression d’être déguisée. Je n’aurais jamais porté cette robe-là dans la vie. Plus je vieillis et plus je suis capable de dire non. Je veux être cohérente. Je veux m’habiller à la télé comme je m’habille dans la vie.»