La directrice générale de Culture Trois-Rivières Nancy Kukovica doit gérer le report d’une soixantaine de représentations de différents spectacles dans les salles que chapeauté l’organisme à cause de la crise de la Covid-19.

De très grosses perturbations sur les salles de spectacle

TROIS-RIVIÈRES — Inutile de préciser que l’injonction du gouvernement de fermer les lieux de rassemblements publics a un impact très important sur les salles de spectacle de la région. Des dizaines de représentations sont touchées, la plupart étant d’ores et déjà reportées ou en voie de l’être.

Du côté de Culture Trois-Rivières, on parle de pas moins d’une soixantaine de représentations touchées par la fermeture de ses salles de diffusion jusqu’au 14 avril. La politique de la direction est de reporter tous les spectacles dans la mesure du possible. Par ailleurs, comme les différentes salles peuvent aussi être l’objet de réservations pour des événements corporatifs, on doit trouver des dates disponibles dans la programmation pour satisfaire ces besoins.

Si le report de plusieurs spectacles est déjà programmé, d’autres exigent une logistique nettement plus considérable. On pense, par exemple, à l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières dont le concert Jardins d’Espagne prévu pour le 14 mars dernier n’a pas eu lieu; or, la direction de l’orchestre travaille sur la possibilité de remettre le concert à une autre date avec tout ce que cela comporte de difficultés pour trouver une date où tous les musiciens seront disponibles et la salle Thompson également.

Selon la directrice générale de Culture 3R Nancy Kukovica, tous les détenteurs de billets seront contactés pour leur faire savoir ce qu’il advient du spectacle pour lequel ils ont réservé des places. Ce processus se déroule dans l’ordre chronologique des spectacles reportés. Globalement, la dg estime que c’est quelque 20 000 personnes qui sont touchées. «Jusqu’ici, nous avons rejoint autour de 4000 détenteurs de billets pour vérifier leurs intentions. On pense d’emblée à la salle Thompson mais le processus est le même pour tous nos lieux de spectacles.»

«Par ailleurs, on travaille avec les agents d’artistes pour voir leurs disponibilités pour reprogrammer les spectacles. À cause de l’ampleur de notre tâche, on demande aux gens d’attendre que nous les contactions pour éviter un engorgement des lignes et de longues attentes. Nous garantissons que nous allons entrer en contact avec chacun des détenteurs de billets.»

Tout ce complexe processus se fait sans même qu’on sache assurément quand prendra fin la mesure de fermeture des salles.

Chez Culture Shawinigan, une douzaine de spectacles sont touchés et du nombre, trois seulement ont été carrément annulés soit ceux de Pierre Rancourt (22 mars), Extras et Ordinaires (27 mars) et Maude Landry (2 avril), tous les trois à la Maison de la culture Francis-Brisson. Les autres ont tous été reportés.

Devant les pertes qu’engendrent des annulations, et bien qu’elles demeurent possibles, Culture Shawinigan a instauré la politique de créditer la somme du billet acheté pour un autre spectacle avec un boni. «Par exemple, explique Bryan Perreault, directeur général de Culture Shawinigan, un billet d’une valeur de 20$ sera échangé pour une valeur de 30$ pour un autre spectacle. C’est une façon d’inciter les gens à assister à d’autres spectacles parce que dans les cas d’annulation, nous perdons une source de revenus alors que nous avons à rencontrer des frais fixes. Près de 50% de nos revenus globaux à Culture Shawinigan proviennent de la vente de billets de spectacles.»

«Jusqu’ici, nous avons été proactifs et nous avons cinq personnes qui travaillent à contacter tous les détenteurs de billets. C’est sûr que la situation actuelle va amener certaines pertes financières au bout du compte mais on n’a aucune idée de quelle ampleur et présentement, ce n’est pas ce qui nous préoccupe. Affronter cette crise avec la complexité de la gestion du travail de nos employés, notamment, prend pas mal toute notre énergie.»

À l’Amphithéâtre Cogeco, cinq événements en billetterie ont été reportés en plus d’une douzaine de locations corporatives préalablement programmées d’ici au 14 avril. «Je salue mon équipe mais aussi les équipes des artistes qui ont été très collaborateurs, dit Steve Dubé, directeur général de la Corporation des événements de Trois-Rivières. Nous avons informé la clientèle rapidement de sorte qu’aujourd’hui, 100% des détenteurs de billets ont été contactés par différentes plateformes comme l’infolettre ou le courriel mais un certain pourcentage n’a pas encore répondu. On estime qu’une grande portion va conserver son billet pour la reprise du spectacle quelque part à l’automne.»

À ce stade-ci, bien qu’on ne sache pas jusqu’à quand la paralysie va se prolonger, Steve Dubé n’entrevoit pas d’impact sur la programmation de la saison d’été qui s’en vient. «La plateforme de vente de billets fonctionne et rien n’indique de changements pour l’été. Nous, on ne s’est projeté que jusqu’au 14 avril. On continue même de discuter pour des spectacles potentiels en septembre prochain.»

Au Grenier du magasin général Le Brun, la crise a été vécue un peu différemment puisque les propriétaires étaient sur les routes américaines en véhicule récréatif depuis quelque temps. Sur le chemin accéléré du retour à la maison, Isabelle Thibeault et Richard Vienneau ont géré les choses à distance. «Pour l’instant, aucun spectacle n’aura lieu d’ici au 14 avril, d’indiquer Isabelle. On travaille à tous les reporter. Si ce n’est pas plus tard au printemps, ce sera à l’automne prochain. Ça implique une dizaine de spectacles. On n’a pas parlé à toutes les agences encore. Chez nous, puisque les gens ont tous leurs billets en main, ça facilite le processus. Jusqu’ici, la grande majorité des gens nous suivent pour assister au spectacle plus tard.»

«Au bout de la ligne, tout ça va générer certaines pertes financières mais on reste optimistes et le plus important, c’est d’accompagner nos employés là-dedans. Disons qu’avec les perturbations qui ont affecté notre commerce au centre-ville de Trois-Rivières qui est fermé temporairement depuis lundi, on va se souvenir longtemps de ce début d’année 2020!»

Au Complexe culturel Félix-Leclerc de La Tuque, la fermeture jusqu’au 14 avril fait en sorte que les spectacles suivants sont annulés : Arnaud Soly (20 mars), Gino Quilico (21 mars), Jean-Pierre Ferland (28 mars), Ariane Moffatt (3 avril), le Winson Band au Bar le Vénus (9 avril) et LGS/Le Groupe Swing (10 avril). Les détenteurs de billets seront tous contactés au moment de la réouverture du Complexe culturel prévue pour le 14 avril à moins d’une directive contraire du gouvernement d’ici là.

Au Théâtre Belcourt, de Baie-du-Febvre, on a aussi agi conformément aux directives gouvernementales et cessé les activités jusqu’au 14 avril inclusivement. Les spectacles concernés sont ceux de la finale locale de Secondaire en spectacle pour le collège Notre-Dame-de-l’Assomption (19 mars), de Simon Kearney (20 mars), Ariane Moffatt (21 mars), L’amant jaloux (27 mars), Sam Breton (28 mars), Les Ringos (3 avril), Shaun Ferguson (4 avril), Atchoum et Pépé et sa guitare (5 avril), la comédie musicale des élèves du Collège Notre-Dame-de-l’Assomption (10 avril) et Extras et brillants (17 avril). Le site web de l’organisme indique que tous les spectacles professionnels ont été reportés et que les détenteurs de billets seront contactés pour annoncer la nouvelle date du spectacle et vérifier l’intérêt du spectateur à y assister.

Plein Sud a indiqué pour sa part que dans les circonstances actuelles, quatre spectacles prévus à l’horaire au Moulin Michel de Gentilly n’auront pas lieu mais qu’on travaille à les programmer plus tard en saison. Les spectacles concernés sont ceux de Bleu Jeans Bleu (21 mars), Alexandre Poulin (27 et 28 mars), Roxane Bruneau (3 avril) et Shaun Ferguson (11 avril). La direction demande aux détenteurs de billets d’attendre qu’on les contacte puisqu’on va entrer en communication avec chacun d’entre eux.