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Alain M. Bergeron pose devant les 300 livres qu’il a publiés dans sa carrière.
Alain M. Bergeron pose devant les 300 livres qu’il a publiés dans sa carrière.

De succès et... de caoutchouc: le livre La porte de garage raconte l'histoire de Phillip Danault [VIDÉO]

Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste
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Même si les patinoires ont fondu depuis un petit bout déjà, il est fort possible que l’histoire de Phillip Danault écrite par le prolifique auteur jeunesse, Alain M. Bergeron, inspire bien des petits hockeyeurs. Publié aux Éditions Druide, le livre raconte l’histoire vraie du joueur du Canadien. Ce dernier avait promis à ses parents, vers l’âge de 7 ou 8 ans, de remplacer, quand il signerait son premier contrat dans la LNH, la porte de garage amochée par ses lancers qui avaient manqué le filet installé dans l’entrée de cour de la maison familiale.

Si à cet âge bien des promesses finissent par sombrer dans l’oubli, l’ancien joueur des Estacades Midget AAA a honoré son engagement. En 2012, à la signature de son premier contrat avec les Blackhawks de Chicago, il a remplacé la porte de garage de la maison de ses parents et en a fait une vidéo qui est devenue virale.

Ce n’est pas par hasard qu’Alain M. Bergeron s’est intéressé à cette histoire. L’auteur demeure à quelques rues de la famille Danault à Victoriaville et a même travaillé avec le père de Phillip, Alain. «Phillip, c’est quelqu’un de bien et dans la région, on en est très fier», soulignait M. Bergeron qui n’a pas hésité quand le paternel de la famille Danault lui a suggéré d’en faire un livre.

«C’est l’histoire d’un rêve qui se réalise, mais c’est aussi l’histoire de parents qui encouragent leur enfant à faire ce qu’il aime tout comme ils encourageaient sa sœur aînée à faire ce qu’elle aime aussi.»

D’ailleurs, la sœur de Phillip, Ann-Andrée, occupe une place fort sympathique dans le récit.

«Elle a été mon personnage préféré. Parfois tu écris une histoire et les personnages s’imposent d’eux-mêmes. C’est un curieux phénomène», raconte l’auteur qui souhaitait en faire un personnage attachant et drôle.

Le choix de l’illustratrice

Alain M. Bergeron a eu un coup de cœur pour les dessins d’Amélie Dubois en regardant la série Saint-Élie-de-Légendes. Il l’a alors contactée pour lui proposer le texte du livre La porte de garage. Même si elle ne connaissait pas le hockey du tout, elle était très intéressée.

«Elle fait seulement quelques projets par année alors j’étais très content qu’elle accepte de travailler sur le mien.»

Amélie Dubois avait déjà un agenda bien rempli quand la demande est arrivée, mais ça n’a pas découragé l’auteur. «Ça valait la peine d’attendre, j’étais très content du résultat.»

Le style de l’illustratrice convenait parfaitement à ce que M. Bergeron visualisait. «Il y avait quelque chose d’unique dans son trait, quelque chose de très enfantin et je pouvais voir dans ma tête ce qu’elle pourrait faire.»

Une des illustrations réalisées par la Trifluvienne a particulièrement touché M. Bergeron. «L’image où on voit Phillip jouer sur la patinoire extérieure, pour moi c’est de l’anthologie. C’était exactement de ça qu’on avait besoin. C’était enfantin, mais en même temps, ça rejoint les adultes», raconte-t-il en ajoutant qu’il est très fier de l’ensemble du livre.

Plus de 300 titres

Quand on lui demande comment il a pu dépasser la barre des 300 titres publiés, La porte de garage étant son 311e, Alain M. Bergeron semble avoir peine à le réaliser lui-même. «Il n’y a pas de secret, je les ai écrits un à la fois.» Il faut dire que cet ancien journaliste a un rythme de production soutenu et une imagination fidèle qui lui permettent de maintenir la cadence.

Il y a maintenant 16 ans qu’il a quitté son poste de journaliste pour se consacrer à sa carrière d’auteur. «Il n’y a pas une journée que je n’ai pas hâte de travailler», confie celui qui a reçu, l’automne dernier, la Médaille de l’Assemblée nationale remise par le député d’Arthabaska, Éric Lefebvre.

Chaque jour, il s’installe dans son bureau et écrit durant environ trois heures. «Ça demande une énergie folle écrire, mais si tu écris quelques pages par jour, six jours par semaine ça donne un résultat significatif à la fin de l’année.»

Au moment de l’entrevue, il travaillait sur des projets pour 2023. «J’aimerais jouir de chacun de mes livres au maximum, mais quand le livre est sorti, je le laisse aller. Pour moi, c’est surtout la production qui est importante. Écrire, c’est un plaisir avec un grand P.»

Si l’écriture de livres pour enfants requiert peu de mots, elle n’en est pas simple pour autant. «Ç’a l’air très facile, mais ce n’est pas simple du tout!»

«Il faut que l’auteur soit intéressé parce que sinon ça va paraître dans l’histoire. L’auteur François Gravel m’avait dit: ‘‘C’est autant de travail écrire pour les adultes que pour les enfants au pouce carré!’’ Je suis vraiment d’accord avec lui. Il y a beaucoup de contraintes. Le choix des mots, la longueur des chapitres… Moi, ça me convient parfaitement. Je n’aurais aucun intérêt à écrire pour les adultes. J’ai trop de plaisir à écrire pour les enfants.»

À l’écouter raconter certains moments qu’il vit avec son public et en considérant qu’il a vendu près de 2 millions de livres à travers le monde, on peut déduire que les petits lecteurs ont également beaucoup de plaisir à le lire.