Par la voix de la ministre Julie Boulet, Tourisme Québec a annoncé mardi matin à Shawinigan l’octroi d’une subvention de l’ordre de 865 600 $ à la Cité de l’énergie.

De l'attente à la joie pour la Cité de l'énergie

Shawinigan — La longue attente de Robert Trudel a pris fin pour sa plus grande joie mardi matin. La ministre du Tourisme et ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet, s’est en effet rendue à Shawinigan pour annoncer une subvention globale de 865 600 $ destinée à la Cité de l’énergie afin d’appuyer la réalisation du spectacle NEZHA L’enfant pirate qui représente un investissement global de 2,2 millions $.

Selon le directeur général de la Cité de l’énergie, la totalité de la subvention annoncée mardi sera consacrée au spectacle du Cirque Éloize. Il reste que les sommes ont été octroyées en fonction de différents programmes: 435 600 $ proviennent du Programme de soutien aux stratégies de développement touristique. À cela, s’ajoute une aide de 80 000 $ dans le cadre de l’Entente de partenariat régional en tourisme alors que le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation accorde 250 000 $ par l’entremise du Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie. Le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire verse, de son côté, 100 000 $ via le Fonds d’appui au rayonnement des régions.

Robert Trudel a laissé entendre que le financement du nouveau spectacle est désormais presque complètement assuré. «Il ne manque plus qu’une couple de cent mille, calcule-t-il, mais dans ma tête, c’est pratiquement réglé. Comme le maire Angers dit qu’il aura de bonnes nouvelles pour nous un peu plus tard, ça me rassure. Si, au bout du compte, il devait nous manquer encore un peu d’argent, nous pourrons toujours puiser dans notre fonds de roulement.»

L’investissement de 2,2 millions $ implique l’écriture, la mise en scène, l’élaboration des décors et des costumes ainsi que tout le volet technique nécessaire à la présentation du spectacle. 

«La concurrence vive nous amène à user de créativité afin d’attirer davantage de visiteurs au Québec et le tourisme événementiel constitue l’un des secteurs dans lequel il faut investir, a notamment indiqué Julie Boulet. Les acteurs de l’industrie sont ainsi appelés à créer des produits distinctifs et originaux afin que notre destination se démarque à l’international.»

«Si je me fie aux chiffres donnés par Robert Trudel ce matin (hier), on parle de 46 millions $ de retombées économiques avec le maintien de 151 emplois grâce à la Cité de l’énergie. En ce qui me concerne, je rappelle que le tourisme est un puissant moteur économique avec 439 millions de recettes par année, 14 000 emplois et 1300 entreprises en Mauricie. Nous sommes la sixième région en termes de performance. Alors, quand on parle de diversifier notre tissu économique, il ne fait pas de doute qu’on doit miser sur le tourisme. Grâce à l’aide qu’on consent, on permet à nos organisations de se renouveler, de se moderniser et d’innover parce qu’on a le devoir de se démarquer de la concurrence si on veut demeurer les meilleurs.»

Par ailleurs, la ministre a confirmé que ses fonctionnaires ont analysé la demande de subvention de la Cité de l’énergie en fonction de la présence d’un autre spectacle de cirque en Mauricie et conclu que les deux spectacles étaient suffisamment différents pour qu’ils ne se disputent pas la même clientèle. «La pertinence touristique des deux spectacles est bien clairement établie et ils visent des clientèles différentes. Alors, au terme de l’analyse du ministère, on ne voit pas de problème à présenter les deux spectacles en même temps dans la même région.»

Trudel comblé

«On est très satisfaits de l’annonce qui a été faite, clamait pour sa part Robert Trudel. On ne peut pas demander mieux. Maintenant, il reste le défi d’entrer dans les délais: la date limite est le 3 juillet mais le projet est d’ores et déjà très bien entamé.»

«Dans les critères du ministère, les dépenses comptaient à partir du moment où on a présenté notre demande. Aux mois de novembre ou décembre, sans subvention annoncée, on avait deux choix: annuler le spectacle ou prendre une chance. On a choisi la deuxième option. On avait une clause dans le contrat avec le Cirque Éloize selon laquelle, si on n’obtenait pas le financement global, on pouvait mettre fin au contrat en payant les montants déjà dépensés.»

«Au sein de notre conseil d’administration et à la Ville de Shawinigan, on savait qu’on ne pouvait pas passer un été sans avoir un spectacle. Il faut savoir qu’on a près de 85 % de nos visiteurs qui sont des touristes dont certains viennent d’aussi loin que l’Europe. On n’a qu’à penser aux retombées économiques que ça représente. Dans un été sans spectacle, que feraient les hôtels, les restaurants? Ce serait un désastre économique pour Shawinigan. C’est vrai qu’on a fait un pari en allant de l’avant même sans la confirmation de la subvention mais dans mon esprit, avec le dossier qu’on avait, c’était pratiquement impossible qu’on refuse notre demande.»

Dans le cadre du 20e anniversaire de la Cité de l’énergie cette année, en plus de présenter un nouveau spectacle extérieur, on a procédé à la refonte du spectacle multimédias ainsi que de l’exposition permanente en plus d’investir dans l’amélioration du Musée Jean-Chrétien. L’ensemble des investissements faits à la Cité de l’énergie en vue de sa saison d’été 2018 se montent à quelque 7 millions $ dont 4 qui proviennent des fonds mêmes de l’organisme. Le spectacle NEZHA pourrait être à l’affiche au cours des cinq prochaines années.