Le directeur musical et chef de l’Orchestre Pop de Trois-Rivières Michel Kozlovsky a concocté une deuxième saison toute en variété pour sa jeune formation.

De la variété et des défis

TROIS-RIVIÈRES — À sa deuxième année d’existence, l’Orchestre Pop de Trois-Rivières est encore une toute nouvelle création mais des traits de sa personnalité commencent à se manifester comme le démontre le programme de sa saison 2018-2019.

Cette saison se déclinera en trois concerts vus comme autant de défis pour la formation de quelque 35 musiciens. Le premier de ceux-ci s’intitulera Grand Saloon symphonique et se consacrera à la musique country sous plusieurs formes. D’abord, l’orchestre recevra le groupe Ticky Jones qui présentera quelques-unes de ses chansons originales mais aussi des classiques de Willie Lamothe, Johnny Cash ou Shania Twain qu’on reprendra avec des arrangements uniques.

Pour ajouter à l’expérience, l’orchestre se lancera dans l’interprétation de musiques de grands succès du petit et du grand écran: Bonanza, Il était une fois dans l’Ouest, Le bon, la brute et le truand, etc. Ce spectacle sera présenté le samedi 24 novembre à 19 h 30 ainsi que le lendemain à 14 h, les deux fois à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.

Le deuxième défi aura lieu les 9 et 10 mars 2019, aux mêmes heures que le précédent, et impliquera une incursion dans une musique assez peu explorée du moins sous l’appellation qu’on lui donne ici à savoir 1930. Se lancer dans ce répertoire, c’est explorer les grandes années du swing, des comédies musicales de Broadway, des classiques de Duke Ellington, Louis Armstrong, des big bands de Glenn Miller, Tommy Dorsey ou Benny Goodman. On touchera également à la musique de Kurt Weill. Le tout sera rehaussé par la présence de la soprano d’origine trifluvienne Marianne Lambert.

Le troisième concert de la saison constituera moins un défi dans la mesure où on reprendra une formule qui avait connu beaucoup de succès la saison dernière alors que l’orchestre s’associera à Breen Leboeuf dans ce qu’on a appelé Leboeuf symphonique prise 2. Le musicien trifluvien aura de nouveau carte blanche pour élaborer le menu de ce concert qui se différenciera de celui de l’an dernier par des ajouts et changements au programme au gré du bassiste. Or, si on l’associe d’emblée au rock, les goûts de Leboeuf sont nettement plus éclectiques et entraîneront le public dans les répertoires de Paul McCartney, Burt Bacharach ou même de certaines comédies musicales de Broadway.

La variété de cette programmation indique une orientation qui semble être dans l’identité même de l’Orchestre Pop de Trois-Rivières s’il n’en tient qu’à son directeur musical et chef Michel Kozlowsky.

«À chaque fois, c’est une nouvelle aventure. Cette fois, par exemple, on va aborder du country: c’est différent et inhabituel, mais j’ai la conviction qu’on va avoir de la qualité dans laquelle un public raffiné et exigeant va trouver son compte.»

«Je suis toujours intéressé par la recherche du potentiel de qualité: y a-t-il un potentiel orchestral dans telle musique? Est-ce que ça enrichit l’expérience des musiciens et du public? Si l’œuvre est de qualité, quel que soit le genre, elle est plus grande que celui qui l’a conçue et comme musiciens, on aime se mettre au service de quelque chose qui nous dépasse et qui nous fait grandir.»

«La musique est une activité artistique mais aussi commerciale en ce sens que les compositeurs de grand talent se retrouvent aujourd’hui dans les musiques de film ou dans la musique populaire, quel que soit le style. Lors du premier concert de l’histoire de l’Orchestre Pop de Trois-Rivières, j’avais choisi la chanson française et j’ai été renversé par la qualité des arrangements derrière des mélodies que nous connaissons et fredonnons tous. Il y a là un grand raffinement qu’on ne soupçonne pas toujours.»

«Non seulement ça me comble comme arrangeur de travailler là-dessus mais ça plaît aussi aux musiciens qui ont des parties intéressantes à jouer. Ça plaît autant au public qui n’est peut-être pas en mesure d’identifier chaque partie et de constater son importance dans l’ensemble mais comme pour beaucoup de choses, c’est souvent quand il ne les entend pas qu’il les remarque.»

«Pour un orchestre comme le nôtre, la sonorisation fait une énorme différence. En arrivant à capter chaque section d’instruments de façon indépendante, on crée un ensemble vraiment remarquable. Au point où nous en sommes en termes de technologie, j’estime que la sonorisation est devenue le 37e musicien de l’orchestre, carrément, surtout que nous pouvons compter sur d’excellents sonorisateurs à la salle Anaïs-Allard-Rousseau.»

Une seule année d’activité pour ce tout jeune orchestre a été suffisante pour confirmer ce que Michel Kozlovsky croyait déjà, à savoir qu’il y a une place pour un orchestre de ce type dans le paysage musical trifluvien.

«Il s’agit d’arriver à chaque fois avec le bon produit et la bonne formule mais la pertinence même de l’orchestre, elle, ne fait aucun doute dans mon esprit. Si on ne regarde que les ventes, nous avons vendu plus de billets pour nos concerts de l’an dernier que l’équivalent d’une salle Anaïs-Allard-Rousseau pleine. Nous avons vendu entre 350 et 460 billets pour chacun de nos trois duos de spectacles. Pour la première expérience avec Breen Leboeuf, nous avons eu une salle pleine et une autre presque comble. Il y a un intérêt du public qui va augmenter à mesure que les gens vont nous connaître davantage.»