Francis Perron recevant son trophée Junos pour l’album The Wake des mains du chanteur Denis «Snake» Bélanger lors du concert donné dans le cadre du Festival de jazz de Montréal en 2019.
Francis Perron recevant son trophée Junos pour l’album The Wake des mains du chanteur Denis «Snake» Bélanger lors du concert donné dans le cadre du Festival de jazz de Montréal en 2019.

De fan à fidèle collaborateur

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Fan du groupe depuis le début de son adolescence, Francis Perron se considère extrêmement choyé d’avoir gagné la confiance des membres de Voivod et de pouvoir travailler avec eux depuis 2014.

Celui qui a aidé la formation qui roule sa bosse autour du monde depuis près de 40 ans à remporter son premier prix Junos en 2019 avec l’album The Wake souligne qu’une belle chimie créatrice s’est développée au fil des années entre les cinq hommes.

«On travaille dans le même sens. The Wake, qu’on a fait ensemble en 2017, c’est ça qui ressort. On sent vraiment la chimie. Ça fait déjà six ans que je travaille avec le ‘‘band’’, alors je connais les gars. Je connais leurs points forts, leurs faiblesses et leurs angoisses. Je suis là pour balancer tout ça lorsqu’ils entrent en studio», explique celui qui partage son temps entre son travail de réalisateur et son rôle de batteur avec le groupe Bears of Legend.

Mais pour le projet de prestation en direct sur Internet qui se concrétisera ce dimanche, le principal intéressé reconnaît que son rôle dépasse celui qu’il joue habituellement lorsque Snake, Away, Chewy et Rocky font appel à ses services. En plus de s’occuper de tout le côté technique et de mettre son studio d’enregistrement à la disposition du groupe, il joue en quelque sorte le rôle de chef d’orchestre du projet, faisant notamment le lien avec les responsables de la plateforme de lepointdevente.com et le groupe. En raison de la situation actuelle, il fournira également les amplificateurs, les micros ainsi que la batterie sur laquelle jouera Michel «Away» Langevin. Daniel Mongrain n’aura donc qu’à apporter ses guitares ainsi que sa tête d’amplificateur alors que Dominic Laroche n’aura qu’à prendre ses basses avec lui avant de quitter son domicile de la métropole. Un amplificateur mythique l’attendra à Notre-Dame-du-Mont-Carmel…

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«Mais je ne veux pas qu’on dise que je produis la prestation», tient-il à préciser, sur un ton rempli de modestie.

À la lumière de l’expérience qu’il a vécue lors de la prestation similaire avec Bears of Legend en juin, le réalisateur est très confiant que le produit final sera de grande qualité et plaira aux fans. Il tient à ajouter qu’il travaillera encore une fois en collaboration avec sa conjointe, Catherine Deslauriers, qui s’occupera de tout ce qui touche à la gestion de l’image.

«Nous sommes un ‘’power couple’’», lance-t-il en riant.

Observer pour mieux faire les choses

Avant de se lancer dans l’aventure des captations de prestation afin de les diffuser sur Internet, le couple a pris le temps d’en visionner plusieurs afin de cibler ce qui fonctionne et les erreurs à ne pas faire. Comme la situation est toujours incertaine et que ce moyen de diffusion pourrait bien continuer à être nécessaire pour les artistes pendant un bon moment, les deux partenaires voulaient s’assurer de bien faire les choses.

«Quand quelqu’un est en avant et joue sur un ‘‘stage’’ et qu’il n’y a personne, ne me fais pas croire qu’il y a des gens. Ça ne me donne pas l’impression de vivre un moment. Ce que l’on veut faire avec les ‘’lives’’, ce que l’on a fait avec les Bears et ce que l’on va faire avec Voivod, c’est mettre les musiciens en rond pour qu’ils se regardent. Les caméras tournent autour. On veut créer quelque chose d’intime, une proximité avec le public, car ce n’est pas un spectacle», explique Francis Perron. Ce dernier ajoute par ailleurs que le groupe tenait à ce que la prestation soit diffusée en direct.

«Les gens doivent sentir qu’on se met en danger, que c’est ‘’live’’. On sait que lorsque l’on enregistre, on peut arranger bien des affaires en post-production», laisse-t-il tomber.

Signe qu’il existe un intérêt, le studio Radicart a déjà signé des ententes avec d’autres artistes désireux d’enregistrer des prestations similaires.