Martin Bergeron et Jean-François Pinard livrent un numéro cocasse dans la pièce "Petit déjeuner compris" qui est présentée par le Théâtre des Nouveaux compagnons .

Dans l’intimité d’une chambre d’hôtel

Trois-Rivières — La première production de la 99e saison du Théâtre des nouveaux compagnons a été choisie pour ses propriétés comiques qui mettent un baume sur la déprime automnale. "Petit déjeuner compris" est une succession de sketchs qui se déroulent dans un hôtel bas de gamme. Un lieu des plus fertiles pour y faire parader une série de personnages plus tordants les uns que les autres.

Évidemment, une impressionnante quantité de personnages fait fonctionner la pièce de Christine Reverho, adaptée par Benoît Girard. C’était d’ailleurs un des principaux défis de la metteure en scène Valérie Gagné qui devait gérer un grand bassin de comédiens pour combler tous les postes. Bien qu’elle ait dû effectuer un remplacement de dernière minute, elle est quand même arrivée à mobiliser tous ces gens, 17 comédiens en tout, autour de son projet. C’est digne de mention. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs fait très bonne figure pour dérider le public. On pense notamment à Adamo Ionata qui interprète deux personnages et qui livre un jeu détendu et bienvenu en début de spectacle. Ça compensait pour l’intro qui manquait un peu de piquant, mais mettons ça sur le dos du stress de la première. Malgré le début de la soirée un peu laborieux, le rythme s’est véritablement installé en deuxième partie et la pièce a pu prendre son envol.

Martin Bergeron fait également un travail remarquable. Quand il se retrouve dans la même scène qu’Adamo Ionata, on a le droit à la totale. Même ce pauvre Robert Turcotte en homme saoul, qui se fait brasser comme ce n’est pas permis, fait un travail remarquable sans dire un mot. Au lieu des traditionnelles fleurs, on suggère de lui envoyer de l’onguent pour les douleurs musculaires ou encore des comprimés d’ibuprofène pour qu’il puisse tenir le coup. Il en aura probablement besoin. Parlons maintenant du décor. Du magnifique décor. Valérie Gagné disait en tirer une grande fierté. On comprend rapidement pourquoi. La structure conçue par Patrice Martin est impressionnante et réaliste. C’est déjà tout un accomplissement, mais en plus, la configuration des lieux sert parfaitement l’histoire. Chapeau! On sent presque l’odeur d’humidité caractéristique de ce genre de lieu.

Quand il y a des bris, la concierge des lieux, incarnée par Katheryne Saint-Germain, n’est jamais bien loin avec une grande variété de rubans adhésifs colorés qui viennent bonifier le décor.

Dans la catégorie des bons coups, on peut aussi y classer le caméo fait par un invité-surprise tous les soirs. Le soir de première, c’est l’auteur Guillaume Morrissette qui s’était prêté au jeu de belle façon. Sa performance, bien que brève, s’insérait parfaitement dans le déroulement de la pièce et a provoqué l’hilarité générale. Adamo Ionata et Martin Bergeron étaient des partenaires de choix pour ce numéro qui a fait mouche. On se demande qui seront les prochaines personnalités à se prêter au jeu, mais, chose certaine, la formule est tout à fait charmante et promet de faire sourire à tout coup.

Les clins d’œil musicaux ajoutent une touche intéressante qui fait aussi sourire à quelques reprises. Cette production sera à nouveau présentée samedi à 20 h et dimanche à 14 h ainsi que le 15, 16 et 17 novembre à 20 h à la salle Anaïs-Allard-Rousseau.