La radio communautaire CFUT à Shawinigan a été victime d’une cyberattaque mardi soir, ce qui a forcé la station à interrompre sa programmation régulière mercredi. Sur la photo: le directeur de CFUT Denis Benoît.

Cyberattaque à la radio communautaire CFUT: «Dans notre malchance, on a été chanceux»

Trois-Rivières — La radio communautaire CFUT à Shawinigan a été victime d’une cyberattaque mardi soir, ce qui a eu pour conséquence d’interrompre sa programmation régulière mercredi. La majorité des données ont depuis été récupérées, au grand soulagement de toute l’équipe.

Mardi soir, l’équipe avait remarqué que l’ordinateur de diffusion présentait quelques problèmes. «On a fait un redémarrage et il semblait y avoir des mises à jour sur l’ordinateur», témoigne le journaliste Louis-Philippe Harnois-Arel. Les membres de la radio ont donc décidé de laisser l’appareil en veille pour vérifier le tout le lendemain.

«Quand je suis arrivé mercredi matin, j’ai vu qu’il n’y avait plus rien sur le bureau de l’ordinateur. C’est là que j’ai vu que toutes les données étaient cryptées. Il y avait un PDF sur le bureau qui nous informait que l’ordinateur avait été hacké», précise le journaliste. Après vérifications, le serveur de partage, relié à tous les ordinateurs de la station, avait bel et bien été touché.

Le pirate informatique réclamait une rançon. Toutefois, il était inconcevable pour la radio de céder aux demandes du pirate, estime le directeur Denis Benoît. Ainsi, la station a eu recours à du soutien informatique pour régler la situation.

Par chance, une sauvegarde avait été faite sur un disque dur externe. Résultat: peu de données ont été perdues. «Dans notre malchance, on a été chanceux», confie M. Benoît, soulagé. En attendant de résoudre le problème, la radio a quand même diffusé de la musique durant la journée de mercredi.

Les techniciens se sont rapidement mis au travail. «On a passé un antivirus sur tous les ordinateurs pour s’assurer que tout était supprimé. Par la suite, on a installé un nouvel antivirus. C’était du temps plus que d’autre chose», avoue le directeur de la radio.

Par ce travail, l’équipe a découvert la présence d’un deuxième virus. «En faisant le ménage, on s’est rendu compte qu’il y avait un ordinateur qui avait un autre virus dont la charge était de prendre les données personnelles des utilisateurs. Heureusement, c’est un ordinateur qui n’est utilisé par personne. C’est notre ordinateur qui nous sert à envoyer notre son sur les ondes», soutient M. Louis-Philippe Harnois-Arel.

Au final, les dix ordinateurs ont été sécurisés. «On a mis un antivirus qui vient protéger contre les courriels, contre tous les téléchargements au fur et à mesure qu’ils se font. Et ils sont aussi dotés d’une surveillance permanente à distance, donc les techniciens sont capables de voir si un virus se faufile dans un ordinateur. Alors, même si nous ne sommes pas là, ils peuvent régler le problème à distance», précise le journaliste.

La programmation régulière fut rétablie dès mercredi en fin d’après-midi. Les activités normales ont pu reprendre jeudi.

Rappelons que la région a déjà été la cible de cyberattaques dans le passé. Notamment, la MRC Mékinac a versé une rançon de 30 000 $ au pirate informatique qui était à l’origine d’une cyberattaque, en 2018. Selon la MRC, c’était la seule façon de reprendre le contrôle de son service informatique. L’organisation a dû négocier pour arriver à ce consensus puisqu’au départ, le montant réclamé équivalait à 70 000 $.