Les trois interprètes du American Story 2. Les années Woodstock étaient de la soirée de dévoilement de la programmation de Culture Trois-Rivières mardi soir à la salle Thompson. Ce sont, de gauche à droite: Rick Hughes, Miriam Baghdassarian et Pascal Dufour.

Culture 3R: les ingrédients du succès réunis

TROIS-RIVIÈRES — Qui a dit qu’il est difficile de faire sortir les gens de chez eux pour les emmener dans les salles de spectacles? Pas les gens de Culture Trois-Rivières, assurément, puisque leur soirée de dévoilement de la programmation 2019-2020 a rempli la salle Thompson mardi soir.

La statistique la plus renversante à cet égard est que quelque 450 billets pour cette soirée se sont vendus il y a un an, au cours de la semaine suivant la soirée de dévoilement de la programmation de la saison qui vient de se terminer. Que faut-il en conclure? Rien de façon définitive mais on peut croire que le public est curieux, ouvert à la découverte et avide de spéciaux puisque l’accès à cette soirée, pour un prix on ne peut plus modique de 5 $, donne accès à de nombreux rabais pour ceux qui se procurent des billets dans les 24 heures qui suivent le spectacle de présentation. En 2018, on a vendu dans ce laps de temps un peu plus de 2400 billets pour les différents rendez-vous de la saison dans l’une ou l’autre des cinq salles de spectacle que chapeaute Culture Trois-Rivières.

À tout seigneur tout honneur, c’est au groupe QW4rtz qu’on a confié l’animation de la soirée, eux qui sont les ambassadeurs officiels de Culture 3R pour la saison. Ils ont magistralement amorcé la soirée avec leur interprétation a cappella de Bohemian Rhapsody. Ça commençait fort mais ce n’était que le début puisqu’une bonne quinzaine d’artistes ont défilé sur scène pour présenter qui une chanson, qui un extrait de son spectacle d’humour quand ce n’était pas André Robitaille venu présenter la très intrigante pièce de théâtre consacrée à Laurel et Hardy.

Les autres artistes présents étaient Fabiola Toupin, Nathalie Simard, Billy Tellier, Julien Lacroix, Mario Tessier, Steeve Diamond, Gabriella de même que des représentants de la comédie musicale Amsterdam et du spectacle estival en résidence à la salle Thompson American Story 2. Les années Woodstock.

De la variété dans l’offre, donc. Dans quelle autre circonstances verrez-vous Nathalie Simard et Julien Lacroix dans un même spectacle? Cela dit, la formule a cet avantage d’offrir du spectacle vivant permettant un contact privilégié avec les interprètes. L’humour déjanté, vulgaire et déstabilisant de Julien Lacroix n’aurait pas été aussi efficace à travers un enregistrement vidéo mais sa présence sur scène a pu montrer son extraordinaire vivacité d’esprit lui permettant d’improviser à partir de la moindre perturbation en provenance de la salle. Il a sans doute convaincu des gens de se procurer des billets pour son spectacle alors que ce n’était nullement leur intention initiale.

La saison à venir a quelque chose de très particulier en ceci qu’elle sera la dernière concoctée par Claude Marchand à titre de directeur des arts de la scène. Il quittera en effet son poste à la fin de juin pour la retraite et sera remplacé à ce poste par Mélanie Brisebois qu’on connaît notamment pour son travail dans la diffusion jeune public. Quel que soit le responsable, il fera face au même défi d’offrir de la variété, de la qualité tout en respectant les goûts du public. «Une des choses à retenir d’une soirée de lancement comme ce soir, c’est que le public est curieux de connaître la programmation mais qu’il est aussi prêt à découvrir des choses surtout qu’on le lui permet en lui offrant des rabais considérables dans le cadre du dévoilement», d’indiquer Claude Marchand.

«On sait que l’humour est une solide base de la programmation parce que le public le réclame mais en ce qui me concerne, j’ai un faible pour le théâtre et l’expérience me démontre que le public ne recherche pas que de la facilité. Il nous appartient de doser pour rejoindre les différentes préoccupations du public qui veut du simple divertissement mais aussi des choses plus exigeantes. On a l’avantage de posséder des salles de formats différents qui nous permettent de choisir le bon endroit pour le bon spectacle.» Globalement, on parle de plus de 250 spectacles qui seront présentés encore une fois cette année. Devant un tel foisonnement, il faut évidemment consulter soi-même la programmation sur le site cultur3r.com ou par le biais de la brochure publiée par Culture 3R pour faire son magasinage.

«Le monde du divertissement est toujours en transformation, indique Mélanie Brisebois et je pense que les cycles vont être désormais de plus en plus rapprochés les uns des autres. Ça va nous demander une constante adaptation au milieu et c’est là que les relations privilégiées avec les artistes, les producteurs, les créateurs vont nous permettre de constamment demeurer à l’affût de ce qui se fait d’intéressant. Le mot clé pour concevoir une programmation désormais, c’est la concertation avec tous les intervenants. Nous avons une expertise, les autres intervenants en ont une autre et c’est en les combinant qu’on va arriver avec une programmation riche et qui va rejoindre les goûts du public parce que c’est pour lui qu’on le fait, en définitive.»

Ajoutez à cela les contraintes de l’offre, les disponibilités des tournées, des artistes et vous avez une meilleure idée du casse-tête quotidien auquel sont confrontés les diffuseurs dans l’élaboration d’une programmation. Raison supplémentaire de profiter de celle qui est offerte par Culture 3R pour la saison prochaine.