Julie Boulet, ministre du Tourisme,  Pierre Michel Auger, député de Champlain, Jean-Denis Girard , député de Trois-Rivières, Valérie Therrien, directrice générale du Musée québécois de culture populaire, et Valérie Bourgeois, directrice de la diffusion du patrimoine et du Musée Boréalis à la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières, étaient tout sourire à l'occasion de cette annonce de 508 000 $ pour les deux institutions muséales.

Coup de pouce pour le Musée de culture populaire et Boréalis

Plusieurs intervenants de la culture étaient réunis au Musée québécois de culture populaire pour entendre l'annonce du député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, qui s'est concrétisée par une enveloppe de 508 000 $ que se partageront le Musée québécois de culture populaire et Boréalis.
Cette attribution et celle qui sera effectuée à la Cité de l'énergie jeudi sont des précisions de l'annonce faite, il y a un peu plus d'une semaine, par Luc Fortin, ministre de la Culture et des Communications, qui a accordé 4,5 M $ à 18 musées dans 10 régions du Québec afin de les soutenir dans le développement d'expositions permanentes et temporaires.
Cette sélection s'est faite parmi 44 projets qui ont été soumis par les institutions muséales à l'automne dernier. La plus grosse part du gâteau distribuée mardi matin à Trois-Rivières ira au musée de la rue Laviolette qui obtient 400 000 $ pour réaliser son projet d'exposition permanente Attache ta tuque! qui verra le jour en 2019.
«C'est une exposition qui va marquer l'unicité du MQCP. Actuellement, l'exposition permanente est avec la prison et il faut doter le musée de son exposition. Elle sera la signature du MQCP. Elle soulignera les traits qui font la spécificité culturelle de notre peuple. C'est une exposition familiale, contemporaine, ludique et incluant de nouvelles approches muséales qui vont être intégrées par la recherche et développement qui est fait dans notre muséolab en partenariat avec le DigiHub», expliquait Valérie Therrien, directrice générale du Musée québécois de culture populaire.
«L'exposition prendra la forme d'un abécédaire et comportera 26 stations différentes dans lesquelles on va traiter de différents sujets, tous en lien notre culture, notre peuple», ajoute-t-elle en profitant de son passage au micro pour souligner le 14e anniversaire de l'institution muséale qui est «un ado, un vrai de vrai ado, en pleine crise d'adolescence, en train de trouver sa voie et sa maturité.»
Jean-Denis Girard a repris cette image pour illustrer la période trouble que traverse le musée actuellement.
«Oui, on vit une crise mais il faut se remettre en action et c'est le Musée de culture populaire, c'est la culture du Québec. On a une exposition qui est directement en lien. J'y ai cru tout de suite quand l'équipe me l'a présentée. On a même eu des rencontres avec l'équipe de la ministre de l'Immigration qui s'est déplacée au musée et qui est venue rencontrer les gens. Parce que l'immigration fait partie de l'identité québécoise», avance le député de Trois-Rivières, sans vouloir préciser comment pourrait se concrétiser cette rencontre.
«Avec cette exposition, on aura une base solide par la suite, on va pouvoir continuer à bâtir. La Vieille prison est une base intéressante mais là on va en avoir une deuxième», lançait-il en ajoutant que 400 000 $ était une portion «énorme» de l'enveloppe nationale.
Avec le contexte actuel difficile, Valérie Therrien place la barre très haut quant au résultat attendu de son projet. «On est condamné à l'excellence avec ce projet-là. Il faut impressionner. Quoi de plus motivant que de vouloir atteindre le top et d'avoir les outils adéquats pour le faire? C'est ce que ce financement nous permet.»
Boréalis
La somme restante, soit 108 000 $, servira à la réalisation d'une exposition temporaire par le Musée Boréalis.
«L'aide du ministère de la Culture qui vient s'ajouter à celle de Patrimoine canadien va nous permettre de créer une exposition itinérante sur l'histoire des femmes à travers les pâtes et papier. Femmes de papier, c'est le titre de travail de l'exposition qui va voyager à travers le Québec pour aboutir à Trois-Rivières en 2019. Elle ne sera pas inaugurée ici car elle est déjà louée dans deux autres régions du Québec.
C'est toute l'identité trifluvienne qui va voyager, ainsi que notre expertise en création d'expositions. À Boréalis on a vraiment une identité muséale forte à travers tous les témoignages et Femmes de papier va un peu s'inscrire dans cette lignée-là», précise Valérie Bourgeois, directrice de la diffusion du patrimoine et du Musée Boréalis à la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières, qui ne peut pas encore dévoiler les endroits où se déploiera l'exposition.
«Femmes de papier raconte comment les femmes ont contribué à l'industrie papetière, qu'elle soit femmes à la maison ou celles qui ont commencé en pliant le papier ainsi que les femmes de chantier», résume-t-elle.
«L'avenir est devant nous»
La nouvelle d'une aide au financement destinée à la réalisation d'une exposition permanente au Musée québécois de culture populaire arrive quelques mois après que le ministère de la Culture et des Communications eut revu les critères d'attribution du Programme d'aide au fonctionnement des institutions muséales ce qui a eu pour conséquence de retirer 1,6 M $ sur quatre ans dans le budget de fonctionnement de l'endroit.
Bien que l'enveloppe qui a été remise au musée ne remette pas les compteurs à zéro, elle offre une lueur d'espoir.
«Il y a une différence entre l'aide au fonctionnement et l'aide à projet. Évidemment, avec l'aide à projet, on continue de faire nos preuves comme quoi on est un musée qui a sa place, qui doit être présent dans la communauté et que le ministère doit continuer à soutenir si on veut continuer à rayonner», confiait Valérie Therrien, directrice générale du Musée québécois de culture populaire depuis quelques mois.
«On travaille pour qu'on reconnaisse l'importance du musée en région. La partie n'est pas gagnée c'est vrai, cependant à l'interne on a fait un plan de redressement avec gestion des dépenses, gestion des revenus. On a fini l'année financière avec un surplus qui n'était pas prévu et c'est même mieux que l'année dernière même si on a eu à absorber la première coupe cette année.
On continue à travailler. Ce qu'on nous annonce pour l'exposition, c'est de l'aide à projet, mais de l'aide à projet génère de l'argent et génère des retombées. Il faut en faire des projets si on veut que le musée rayonne et qu'au bout du compte il y ait une génération de revenus substantielle pour absorber cette coupe-là.»
Bien que l'aide pour l'exposition permanente soit bienvenue, plusieurs initiatives ont été mises en place depuis l'arrivée en poste de Mme Therrien pour redonner au musée ses lettres de noblesse.
«Un projet ne règle pas l'histoire et le sort du musée mais ça fait partie du processus et c'est une grande partie du processus qui vient de se mettre en place en incluant notre plan de redressement et toutes les nouvelles relations qu'on est en train de bâtir avec nos bailleurs de fonds et nos principaux partenaires. C'est un grand projet qui s'étend sur plusieurs années», détaille-t-elle.
«Le financement et la confiance qu'on nous accorde aujourd'hui, avec l'appui du député Jean-Denis Girard, me fait dire que l'avenir est devant nous.»
Ce dernier était d'ailleurs bien conscient que la somme d'argent attribuée mardi ne réglait pas tout. «On se remet en action. C'est un premier pas avec cette exposition-là. On est dans une bonne direction. Il y a un dynamisme différent qui s'installe au musée, on est convaincu de pouvoir aller dans la bonne direction. On a une équipe qui est très convaincante.»
Le président du conseil d'administration, Jean Asselin, était également beaucoup plus positif que l'automne dernier.
«Avec la venue d'une nouvelle directrice générale, avec un changement de climat dans l'équipe et avec un conseil d'administration qui est de plus en plus soudé, toutes les conditions sont favorables pour qu'on puisse se relever de la mauvaise passe qu'on vivait.»
«Je suis très encouragé», conclut-il.