La dernière mouture de Cosmophone est composée, de gauche à droite, de Joseph Blais, Catherine Laurin, Daniel Quirion, Jérémie Essiambre et Aimé Duquet.

Cosmophone: au service de l’émotion

TROIS-RIVIÈRES — La poursuite d’études musicales universitaires de ses membres n’empêche pas un groupe de s’adonner à la libre création et Cosmophone le démontre bien avec la sortie d’un nouvel album de type EP, deux ans après la sortie de leur premier. Larmes confettis sera disponible officiellement le 16 janvier et un lancement trifluvien aura lieu le 19 au café-bar Zénob.

Le nouvel opus marque une certaine reconversion du groupe en même temps qu’une confirmation de la volonté de ses cinq membres de poursuivre une aventure créative dans un univers qui leur est propre. À l’origine, le groupe était complètement trifluvien mais un changement de garde s’est effectué autour de ses deux forces créatrices majeures: Catherine Laurin et Daniel Quirion. Ils travaillent désormais en compagnie de Joseph Blais, à la basse et au synthétiseur, Jérémie Essiambre, à la batterie et Aimé Duquet à la guitare. Catherine Laurin est encore la voix de Cosmophone, Daniel Quirion officie aux claviers, les deux demeurant les auteurs et compositeurs des chansons.

«Le changement de musiciens correspond aussi à une certaine réorientation de notre musique, confie Catherine. Nous prenons une avenue un peu plus électronique qui donne un côté plus actuel à notre son. Disons qu’on nous associait beaucoup au rock progressif antérieurement et nos musiciens étaient effectivement davantage des musiciens rock mais là, on peut dire qu’on garde l’appellation progressive sans avoir le rock.»

Les six chansons de l’album témoignent d’une constante préoccupation d’offrir un son riche et étudié en vertu d’arrangements touffus. «On emprunte à différents styles dont le pop mais c’est toujours l’émotion qui est le matériau de base, poursuit la chanteuse. C’est l’émotion qui me pousse à écrire et on enrobe le tout par la suite. Ce n’est pas de la musique savante.»

«C’est une musique accessible, ajoute son collègue. Je réalise souvent mes compositions à partir d’un flash. Une des chansons, Soleil noir, est née pendant un cours d’harmonie jazz à l’université alors que le professeur a joué un accord très beau qui m’est resté en tête. À la fin du cours, je suis parti travailler à partir de cette idée-là et une chanson est née. Nos connaissances musicales acquises à l’école sont des outils qui nous permettent de réaliser plus facilement la musique que nous avons envie de faire. Le fait que les cinq musiciens du groupe ont une formation universitaire fait qu’on peut créer les chansons de façon plus efficace, chacun possédant pleinement la technique de son instrument.»

Aussi bien Catherine que Daniel s’attendent à poursuivre leur évolution dans les années à venir, ils estiment cependant que Larmes confettis reflète très bien là où ils en sont musicalement au même titre que les préoccupations qui habitent leur existence. «Une fois que les chansons ont été enregistrées, j’ai constaté que le thème du deuil ou de la nostalgie accumulée revenait de façon récurrente, estime Catherine. Le deuil de toutes sortes de choses que la vie nous force à abandonner pour passer à autre chose. Toutes les chansons sont marquées par l’idée de la perte mais en même temps, par la lumière qui naît du fait que de nouvelles portes s’ouvrent. La coexistence de l’ombre et de la lumière teinte tout l’album.»

«Une caractéristique récurrente de toutes les chansons, analyse le claviériste, c’est qu’elles débutent tranquillement avec l’apparition d’un motif dépouillé et elles prennent graduellement de l’ampleur jusqu’à un paroxysme où la chanson prend énormément d’ampleur. Ça nous tire vers le haut.»

Nourrie de musique sacrée au cours de son parcours en musique classique, Catherine a l’impression d’en avoir gardé cette envie d’élévation qui habite les créations de Cosmophone. «Nous sommes pleinement satisfaits de l’album mais si une chanson témoigne mieux de ce que nous cherchons à faire, je dirais que c’est Soleil blanc, le dernier titre de l’album. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’un clip. Ce que j’aime, c’est que c’est une musique qui peut s’écouter à plusieurs niveaux. On peut l’écouter de façon sérieuse et découvrir plusieurs strates mais on peut également l’écouter pour le simple plaisir. C’est très accessible.»

«Je suis convaincu qu’il y a un marché pour ce genre de musique, dit Daniel. Ce n’est pas ce qu’on entend à la radio mais c’est quand même une forme de musique populaire. C’est simplement qu’elle se veut le reflet de nos émotions plutôt que de chercher à plaire au plus grand nombre possible. Ce faisant, je pense qu’on touche aussi les auditeurs à un niveau intime. Il suffit que les gens aient l’occasion de nous entendre.»

De belles choses qu’on doit garder secrètes pour l’instant s’annoncent d’ailleurs pour le groupe au cours des prochains mois et l’album sera disponible sur toutes les plates-formes numériques dès le 16 janvier de même que sur le site du groupe au www.cosmophone.ca.