L'artiste trifluvien Jean Beaulieu et Dan Bigras ont croisé le fer sur Facebook concernant le Show du Refuge.

Conversation houleuse entre Dan Bigras et Jean Beaulieu sur Facebook

Les médias sociaux constituent une tribune extraordinaire permettant à chacun d'émettre commentaires et opinions mais ils donnent aussi lieu à des dérapages.
L'artiste visuel Jean Beaulieu a posé des questions à Dan Bigras sur le financement du Show du Refuge et la conversation sur Facebook a tourné au vinaigre.
L'artiste trifluvien Jean Beaulieu l'a expérimenté dimanche soir lors d'une conversation sur Facebook avec Dan Bigras autour du Show du Refuge diffusé dimanche soir.
L'échange a eu lieu dans la soirée à la suite de la diffusion du spectacle sur les ondes de ICI Radio-Canada Télé mais comme de nombreux internautes y ont mis leur grain de sel et que la conversation a donné lieu à un dérapage tournant à vide, Jean Beaulieu a effacé la conversation de sa page Facebook dans la matinée de lundi.
Beaulieu estime avoir simplement posé des questions légitimes quant à l'usage qui est fait de l'argent des dons. «J'ai demandé à Dan Bigras où allait l'argent et à qui il profitait. Je pense que c'est parfaitement légitime de savoir quel pourcentage de l'argent donné va réellement aux jeunes. Ça a dégénéré, il a fini par me traiter de zouf et évidemment, ça m'a insulté et je l'ai envoyé chier.
«Mais il reste que je n'ai jamais eu de réponse à ma question. On dirait quasiment que c'est un blasphème d'oser poser des questions sur les activités caritatives. Il y a plusieurs personnes qui s'en sont pris à moi sur Facebook parce que j'osais remettre des choses en question. Est-ce que les artistes reçoivent un cachet lors du spectacle? Quand le porte-parole va dans une émission pour parler du Show du Refuge, est-ce qu'il donne le cachet qu'il reçoit à la cause? La charité, c'est devenu une industrie et je pense qu'il est important d'être prudent avec la notion de bénévolat et de demeurer vigilant quant au financement des organismes.»
Jean Beaulieu a d'ailleurs publié il y a quelques jours sur sa page Facebook un tableau montrant la rémunération de certains dirigeants d'organismes caritatifs, des salaires élevés que Beaulieu juge carrément révoltants. 
Dan Bigras était à l'extérieur du pays lundi mais France Labelle, la directrice générale du Refuge des Jeunes, l'organisme à qui vont les sommes recueillies avec le Show du Refuge, a répondu à quelques questions. Elle avait d'ailleurs entendu parler d'une controverse qui avait pris place sur Facebook mais sans avoir lu ce qui s'était écrit. «Tout ce que je sais, c'est qu'il y a eu une petite controverse et qu'il semble qu'il y ait eu des allusions malveillantes dans la conversation.» 
Au lendemain de sa télédiffusion, il lui était impossible de chiffrer les retombées définitives du spectacle mais elle calculait qu'il avait rapporté autour de 402 000 $.
«Ça représente grosso modo le quart de notre budget annuel qui est d'environ 1 650 000 $. Tous les artistes qui ont participé sont bénévoles. Le cachet minimal qu'ils reçoivent, celui de l'Union des artistes, est remis à l'organisation.»
Pour ce qui est du coût du spectacle, elle est incapable de le chiffrer. «Nous laissons tout l'aspect de la production à Echo Média. Ce que je peux dire, c'est que la totalité des dons qui sont faits par le public vont au Refuge des Jeunes. Nous sommes inscrits auprès du ministère du Revenu, nous faisons l'objet d'une vérification comptable annuelle rigoureuse. Par ailleurs, les chiffres concernant le spectacle sont aussi rendus publics.»
Le site Internet du Refuge des Jeunes présente d'ailleurs le rapport d'activités annuel de l'organisme dans lequel on montre succinctement son budget et ses activités.
«Il faut comprendre que nous avons des bailleurs de fonds très importants comme les gouvernements provincial et fédéral ainsi que la Ville de Montréal et que ces gens-là demandent des redditions de comptes rigoureuses. Tous nos donateurs reçoivent des reçus d'impôts. Tout cela fait l'objet de suivis très rigoureux.»
«C'est normal et parfaitement légitime de poser des questions sur le financement et sur ce qui est réalisé avec cet argent. Nous n'avons rien à cacher et c'est très important à nos yeux. Si quelqu'un a des questions de cet ordre, il nous fait plaisir d'y répondre.»