Andréanne Cossette occupera un double rôle dans les Contes à rebours qui seront présentés de mercredi à dimanche à la salle Louis-Philippe-Poisson. Elle interprétera un des textes de la soirée mais en a aussi écrit un qu'une autre comédienne interprétera.

Contes à rebours: six femmes, six visions

La deuxième version des Contes à rebours que présentera le Théâtre des Gens de la Place du mercredi 22 au dimanche 26 mars à la Maison de la culture se tournera vers les femmes. Six auteurs de la région ont concocté autant de monologues dont la seule contrainte était qu'ils devaient se destiner à une interprète féminine.
Cindy Rousseau, qui avait inauguré la formule à Trois-Rivières l'an dernier, a repris le flambeau. C'est elle qui a choisi les auteurs contactés dès mai dernier.
«Comme je connais assez bien le bassin des auteurs de la région, j'y suis allée avec des gens que je connais et dont je savais qu'ils seraient en mesure de répondre à la commande. Il faut bien être conscient que ces contes contemporains constituent un genre unique.»
La metteure en scène a jeté son dévolu sur Marjolaine Arcand, Étienne Bergeron, Marc-André Dowd, Benoît Drouin-Germain, Sébastien Dulude ainsi qu'Andréanne Cossette pour écrire les contes.
Cette dernière réalise d'ailleurs une première puisqu'elle est sur la liste des interprètes au même titre que sur celle des auteurs. Caroline Clément, Rollande Lambert, Marie-Andrée Leduc, Alexandrine Piché-Cyr et Chantale Rivard complètent la liste des comédiennes. 
On remarque plus d'hommes que de femmes dans la liste des auteurs. «Je ne les ai pas choisis en fonction du thème, mais pour le genre d'auteurs qu'ils sont et chacun a présenté une vision très intéressante de l'univers féminin. J'étais surtout curieuse de voir jusqu'où ces auteurs pouvaient aller en sachant qu'ils seraient hors de leur zone de confort. Le résultat est vraiment réussi.»
La somme de travail pour mettre ce spectacle sur pied a été colossale, mais l'expérience n'en a été que plus enrichissante.
«C'est un travail d'extrême précision, analyse Cindy Rousseau. La formule du monologue implique que tout se passe dans la direction des comédiens et qu'on doit travailler chaque détail des textes. C'est carrément chirurgical.
Je trouve ça très enrichissant parce que quand on monte une pièce normale, on n'est pas en mesure d'aller aussi loin, de décortiquer les textes avec autant de précision. C'est vraiment un travail en profondeur. De plus, cette formule abolit le quatrième mur qui sépare habituellement le comédien du public. Le contact est beaucoup plus direct et l'émotion, plus vive.»
Le collage de six textes foncièrement différents donne à l'ensemble du spectacle une variété rare. «C'est très riche, peut-être plus qu'une pièce traditionnelle. D'autant que cette année, sans donner de paramètres aux auteurs, on a plus de variété que l'an dernier alors qu'on avait plusieurs textes sombres. Il y a plus de lumière cette fois avec autant de comédie que de drame pour un plus grand équilibre d'ensemble.»
Par ailleurs, la présence de six interprètes féminines colore indubitablement cette édition des Contes à rebours.
«On avait une majorité d'interprètes masculins l'an dernier et leur jeu était plus intérieur, en général. Ces filles sont peut-être plus extraverties, plus émotives; assurément, l'interprétation est très incarnée. On avait comme mot d'ordre d'être le plus possible dans la vérité des personnages et c'est tout à fait ce à quoi on est arrivées.» 
Une des surprises de la première édition, c'est que les spectateurs ont été très partagés quant à leur conte préféré. «On s'était fait une idée de textes qui allaient plaire davantage or, les gens ont eu des préférences beaucoup plus variées. Cette fois encore, je n'ai aucun doute que chaque conte a le pouvoir de toucher quelqu'un, chacun à sa façon.»
La première édition avait fait salle comble pour trois représentations. Cette année, on passe à cinq avec une possibilité de 70 spectateurs par soir dans la salle Louis-Philippe-Poisson.
«Pour la somme de travail investi, trois représentations, c'est très peu. En plus, en jouant cinq fois, les interprètes peuvent davantage se permettre d'essayer des choses. On peut aller un peu plus loin.»
Cindy Rousseau espère évidemment remplir ses cinq salles, mais son estimation du succès tient davantage aux commentaires qu'elle entendra au terme de chaque représentation.
«L'an dernier, ç'a été un succès à mes yeux à cause des commentaires très positifs. J'ai senti que ça venait répondre à quelque chose qui nous manquait. Par contre, on ne recommence pas l'an prochain: c'est trop de travail, j'ai besoin de mettre de mon temps sur d'autres projets. Je ne dis pas que ça ne reviendra pas dans le futur, cependant.»
Les représentations auront lieu à 20 h de mercredi à samedi de même que dimanche, à 14 h. Les billets sont en vente par l'intermédiaire de la billetterie de la salle Thompson.