Le directeur du Conservatoire de musique de Trois-Rivières, Jean-François Latour, a présenté plusieurs nouveautés pour la programmation 2019-2020.

Conservatoire de Trois-Rivières: soufflé par un vent de dynamisme

TROIS-RIVIÈRES — Le Conservatoire de Trois-Rivières a le vent dans les voiles. Ce dynamisme n’est pas le fruit du hasard puisque l’organisation fait preuve d’ingéniosité et d’audace pour offrir à ses élèves un environnement d’apprentissage les préparant réellement pour la vraie vie de musicien. Bien sûr, il faut avoir des moyens financiers pour réaliser ses ambitions et les collectes de fonds réalisées par la Fondation du Conservatoire d’art dramatique et de musique du Québec laissent présager un avenir intéressant à ce niveau.

Ainsi, lors du dévoilement de la programmation 2019-2020, le directeur Jean-François Latour pointait deux projets qui feront rayonner l’institution autant dans la région que dans le vaste territoire québécois. Le premier événement, qui se tiendra le 24 novembre au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières, brillera par sa nouveauté. En effet, ce sera la première fois que les sept conservatoires de la province se réuniront pour offrir un spectacle regroupant environ 60 musiciens de la relève. La direction de cet orchestre sera assurée par Sébastien Lépine qui proposera pour l’occasion Pelléas et Mélisandre, op 46 de Jean Sibelius de même que la Symphonie no 3 en mi bémol majeur, op 55 (Héroïque) d’un certain Beethoven. «C’est un beau grand projet de logistique. Nous on va accueillir pratiquement 60 musiciens qu’il faut loger, faire manger et organiser les répétitions. On fait ça pendant une fin de semaine intensive. À mon avis, c’est l’événement à venir voir et entendre pour le public», lance le directeur Jean-François Latour

Il souligne également un autre aspect pédagogique non négligeable dans ce projet, alors que cet orchestre se déplacera dans tous les conservatoires du réseau et sera dirigé par une personne issue de l’institution visitée. Une opportunité pour les musiciens d’apprendre à travailler avec différentes personnalités et dans différentes salles de spectacle.

Étienne Demers, étudiant au Conservatoire, a offert une prestation lors du dévoilement de la programmation.

L’autre grand projet, qui verra le jour durant la prochaine saison, est l’incubateur de talents. Cette initiative purement trifluvienne permettra de développer cinq sphères de développement chez les apprentis musiciens. La santé du musicien, les arts interdisciplinaires, le perfectionnement en musique, le développement de carrière et les différentes traditions seront les axes qui guideront un éventail de projets qui viseront à développer ces compétences transversales chez les étudiants.

«C’est un projet qu’on va instaurer pour les prochaines années. C’est le premier incubateur de talents, c’est une idée du Conservatoire de musique de Trois-Rivières. On est bien content de l’instaurer ici. On va voir comment ça va fonctionner mais j’espère bien que les autres conservatoires vont prendre notre idée», se targue M. Latour. «Les jeunes vont avoir l’opportunité d’acquérir des compétences transversales qu’on n’enseignement pas. Nous, on est bon dans l’enseignement de la musique. [...] On pense out of the box pour que les étudiants puissent se former comme musicien mais aussi comme professionnel, pour gagner leur vie avec la musique».

Concrètement, plusieurs projets émergeront de cet incubateur. Du nombre, une œuvre du compositeur et musicien Gilles Bellemare, Peter Pan et le pays de nulle part, créée spécialement pour les étudiants et qui sera présentée en février. De plus, les élèves de la classe de piano de Denise Trudel auront l’opportunité de présenter un Piano nommé Prokofiev qui comportera une version scénique de Pierre et le pialeino.

Plusieurs activités seront de retour dont les mercredis du Conservatoire et les récitals de classe. La programmation complète est disponible sur le site conservatoire.gouv.qc.ca.

Une collecte de fonds au-delà des attentes

La récolte de fonds amorcée par la Fondation du Conservatoire d’art dramatique et de musique du Québec depuis 2017 est couronnée de succès, selon le directeur général Étienne Lalonde qui avance que l’objectif de 4 millions de dollars est largement dépassé pour atteindre 4 400 942 $. La Ville de Trois-Rivières a d’ailleurs fourni l’une des plus importantes contributions municipales de la province. «La pierre d’assise d’une capitale de la culture, c’est d’avoir un Conservatoire et d’assurer les moyens de sa relève. On parle de 12 500 $ [par année] sur quatre ans qui auront un effet levier», mentionne le maire Jean Lamarche. «C’est un montant d’argent qui va permettre d’aller en chercher d’autres. On assume un leadership qui va permettre aux autres de contribuer aussi.»