Quatre des chercheurs ayant participé à la rédaction de l’ouvrage Générations et pratiques culturelles répondaient aux questions du public, mardi, lors du lancement du livre. Ce sont, de gauche à droite, les professeurs Gilles Pronovost, Jason Luckerhoff, Marie-Claude Lapointe ainsi que Jacques Lemieux.

Connaître la clientèle avant tout

Trois-Rivières — Les chercheurs universitaires et les intervenants culturels de la région continuent de collaborer de telle sorte qu’on a procédé mardi au lancement d’un second ouvrage dans le cadre de l’entente Savoir, c’est dans ma culture entre Culture Mauricie et l’UQTR. Générations et pratiques culturelles est un ouvrage collectif sous la codirection des professeurs Marie-Claude Lapointe et Gilles Pronovost, du département d’études en loisir, culture et tourisme de l’UQTR et Jacques Lemieux, du département d’information et de communication de l’Université Laval.

L’ouvrage compte sept chapitres portant sur des thèmes comme l’évolution des générations à travers le temps, les parcours culturels selon les générations et les cycles de vie, l’évolution de ce qui est valorisé en culture ou encore, sur les natifs du numérique à travers le prisme de la vidéo.

La pertinence de pareille recherche ne fait aucun doute pour les intervenants du milieu de la culture qui cherchent à renouveler leur offre pour capter l’intérêt des clientèles auxquelles ils s’adressent tout en essayant d’être plus attractifs auprès des jeunes. Ce n’est qu’en connaissant mieux ces clientèles qu’on pourra arriver à les rejoindre efficacement et durablement et c’est précisément à cela que s’attache Générations et pratiques culturelles.

Marie-Claude Lapointe a accepté de lever très sommairement le voile sur certains constats auxquels en sont arrivés les chercheurs. Le livre confirme notamment que les intérêts culturels des parents ont une influence très importante sur les pratiques culturelles de leurs enfants au point où on peut croire que les enfants qui lisent beaucoup ont probablement vu leurs parents lire. Les jeunes sont aussi influencés, mais dans une moindre mesure, par les médias, l’école ou les amis. Chez les adolescents, les influences changent selon les pratiques. Ainsi, c’est l’influence des parents qui fera que les jeunes vont s’intéresser à la musique, à la danse ou au théâtre mais ce sont les amis qui influencent le plus pour ce qui est des spectacles et du sport. L’école est, par ailleurs, l’influence prépondérante quant à la visite des bibliothèques ou des musées.

Autre constat aussi intéressant qu’étonnant, c’est que les jeunes âgés entre 15 et 24 ans ont des pratiques culturelles très variées et très nombreuses et que dans leur utilisation très importante du numérique, les visites d’institutions culturelles constituent une pause. Ils sont, en somme, plus intéressés à y retrouver des objets originaux de sorte que si on les invite à regarder des écrans lors de leurs visites, ils vont préférer rester dans le confort de leur foyer.

«Les natifs du numérique manifestent un réel intérêt à visiter les musées, par exemple, indique Marie-Claude Lapointe. Il reste à trouver la façon de les attirer et ça ne passe pas forcément par le numérique bien que ce soit une génération très orientée de ce côté. On entend souvent dire que les jeunes ne sont intéressés à rien sauf leurs écrans mais on réalise maintenant qu’ils sont, au contraire, très intéressés par de nouvelles formes de culture vécues de manière différente. Ce qui les distingue des générations précédentes, c’est précisément une ouverture culturelle très large qui les pousse vers de nombreux intérêts différents.»

«Cependant, il est important de nourrir leur intérêt qui tient beaucoup à la validation par leurs pairs. Autrement dit, on va les intéresser si on leur garantit que l’activité à laquelle on les incite à participer aura du succès auprès des autres jeunes de leur âge.»

«Globalement, je pense qu’on connaît de mieux en mieux les spécificités des différentes générations quant à leurs intérêts culturels et les informations que contient cet ouvrage peuvent aider à guider les intervenants du monde culturel. Il y a assurément des pistes très intéressantes à explorer pour eux.»