Lors du spectacle qu’il présentera samedi soir au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco, Steve Hill reprendra en seconde partie la formule du «One-man Band» qu’il offre avec grand succès depuis quelques années.

Comme un retour au bercail

TROIS-RIVIÈRES — Même s’il est revenu habiter dans la ville qui l’a vu naître, Steve Hill s’est fait un peu rare sur les scènes trifluviennes ces derniers temps: deux ans et demi sans prestation devant les siens. Il remédiera à cette absence le samedi 23 février en se produisant au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco à 20 h.

Il ne faudrait pas penser que la rareté de ses prestations ici tient à une carrière au ralenti. En vérité, cela tient à ce que les affaires tournent à un rythme tel qu’il est en demande un peu partout. Il effectue présentement une tournée québécoise avant d’aller en Italie puis en France en avril. D’autres spectacles suivront au Québec au cours de l’été puis l’Europe encore. Ainsi va la vie de Steve Hill.

Pour ce qui est de sa prestation trifluvienne, ce sera un spectacle généreux comme il en a le secret. «La première partie sera acoustique et dans la deuxième, je vais revenir à mon concept du «One man band». La deuxième portion est exigeante, physiquement, et la part acoustique qui précède m’aide à me réchauffer. J’ai hâte parce que je sais que ça sonne bien, le Cabaret de l’Amphithéâtre, pour ma musique. Je fais tellement de spectacles, autour de 125 par année, que je me sens vraiment à mon meilleur sur scène depuis quelques années.»

«Pour le contenu, je vais puiser des pièces à travers mes différents albums, les trois Solo Recordings, surtout. Je vais aussi chanter de toutes nouvelles chansons qui se retrouveront sur mon prochain album. J’aime «casser» des nouvelles chansons sur scène; il devrait y en avoir trois ou quatre, je verrai en temps et lieu.»

Le rythme accéléré de ses tournées ne laisse guère de temps pour travailler à ce projet qui lui tient à cœur: le 11e album de sa carrière. «Ça fait un bon bout de temps que j’y songe mais je n’arrivais pas à me réserver du temps. J’ai pris une pause de la scène avant Noël et j’y travaille dès que j’ai un peu de temps. Ça avance bien et je vais être bon pour le sortir à l’automne, comme prévu.»

Son dernier album studio date de trois ans mais il y a bien sept années qu’il n’a pas travaillé de la façon dont il le fait présentement. «Je joue encore tous les instruments mais je me permets d’enregistrer différentes pistes individuellement pour les réunir au mixage. Ça permet de pousser les chansons le plus loin possible. Je profite du fait que mon studio est vraiment bien installé à la maison. Ça fait environ deux ans que je l’ai achetée mais avec tout ce qu’il y a à faire quand on emménage, ça a pris du temps avant que le studio soit fin prêt.»

«Le travail en solo et prise unique effectué sur l’album studio précédent (One Man blues Rock Band) me fait toujours triper, mais il y a des chansons qui demandent plus d’épaisseur. Ce sont des chansons nouvelles dont plusieurs créées lors d’un voyage en Californie il y a deux ans. J’étais parti en camping pendant un mois et demi pour avoir la paix et créer, justement. Pour l’instant, j’ai huit chansons enregistrées mais je travaille encore à choisir les autres qui vont se retrouver sur l’album. C’est important d’avoir le bon dosage de chansons acoustiques, électriques, de chansons qui brassent et d’autres plus calmes.»

«On ne peut pas recouper le tout sous l’étiquette de blues ou de rock. Mes influences sont multiples et elles se retrouvent toutes dans ma musique. Tout ce que je peux en dire pour l’instant, c’est que je crois sincèrement que ce sont les meilleures chansons de ma carrière. C’est normal de dire ça d’un nouvel album, mais je le crois sincèrement. J’y travaille très fort mais il y a plus. Une chanson vraiment réussie, c’est quand elle est conforme à l’idée de départ que tu avais et que sur l’enregistrement, elle est même mieux que ce que tu souhaitais», décrit-il avec un ton qui trahit sa ferveur.

«En même temps, c’est simplement normal: un musicien n’est pas statique. J’ai plus de bagage, je suis meilleur guitariste aujourd’hui qu’il y a dix ans. Je suis même meilleur qu’il y a trois semaines! Je suis également meilleur chanteur et compositeur.»

Il a le très grand mérite de continuer, à 44 ans, à se lancer des défis qui assurent sa constante progression. Comme cette interprétation du concerto pour guitare électrique de John Anthony Lennon qu’il a présenté pour une seconde fois en septembre dernier comme soliste accompagné par l’Orchestre symphonique de Montréal.

«Ç’a été mieux la deuxième fois que pour le premier concert, l’hiver dernier: j’étais moins stressé et j’ai mieux joué. C’était drôle parce que pour cette deuxième présentation, la Maison symphonique était bondée mais par mon public habituel: on voyait plein de gens portant un t-shirt à mon effigie. Je peux dire que cette aventure avec l’OSM a probablement été le plus grand défi de toute ma carrière. Je suis très fier de l’avoir fait. Le compositeur m’a même glissé un mot comme quoi il aimerait que je l’enregistre pour en faire un album. Je ne sais pas si le projet peut se réaliser mais ça reste un beau compliment de sa part.»