Les membres des Productions de la 42e Rue présentent Comédie, ce soir! à la salle Anaïs-Allard-Rousseau.

Comédie, ce soir!: de souffle et de passion

Pas de doute. Après 13 projets, les membres de la troupe des Productions de la 42e Rue ne montrent pas de signe d'essoufflement. Et le souffle quand on fait de la comédie musicale, c'est important.
Ce spectacle qui rassemblait une ribambelle de pièces tirées de comédies musicales présentées sur Broadway a montré que l'équipe s'amuse encore follement dans cette aventure. C'est la pièce Comédie, ce soir!, qui donnait son titre au spectacle, qui a lancé la soirée. Malgré un départ un peu lent, le public a véritablement embarqué avec Ma nouvelle philosophie. Drôle, amusant et livrée avec un brin de folie par Julie Tremblay-Cloutier et Anthonny Leclerc. Ça donnait le ton. 
Parmi les moments forts, il convient de mentionner Ta faute, un extrait de Into the Woods, qui a fait un clin d'oeil sympathique à la belle complicité qui, à l'évidence, s'est développée dans les dernières années entre les membres du groupe. C'est d'ailleurs la seule fois où il est possible de voir le visage de Benoit Pedneault qui dirige l'orchestre avec doigté. Son intervention pour mettre fin au conflit qui fait boule de neige surprend autant qu'elle fait rire.
D'ailleurs, il y a une belle variation d'émotion tout au long du spectacle. Notamment avec l'Irlande (Paule Vermot-Desroches), Et tes clés (Roxanne Leclerc) et Près de moi, dont la mise en scène propulse le numéro au sommet de l'intensité. Émouvant.
Il y a aussi la finale de la première partie, qui nous amène à l'autre bout du spectre. La populaire Let the Sunshine In, qui fait battre du pied, se termine avec un beau solo (qui relève davantage de la bulle au cerveau) de Marie-Andrée Leduc. Après avoir eu les larmes aux yeux, on rit aux éclats.
Seasons of Love de Rent démarre la deuxième partie avec une belle énergie qui culminera avec des numéros thématiques africains, parmi lesquels on retrouve des extraits de Tarzan et The lion King.
Le grand défi qui guette dans se genre de courte-pointe musicale, c'est le manque de rythme et les liaisons entre les numéros. L'utilisation de l'humour était un bon fillon qui a donné lieu à beaucoup de coups dignes de mention. L'utilisation inhabituelle de la voix de la salle, qui nous rappelle habituellement de fermer nos portables et de repérer la sortie de secours la plus proche, comme liaison cocasse entre certains numéros marchait efficacement dans l'ensemble. 
Le vaste éventail de numéros augmentait le défi du rythme. Il fallait trouver un certain équilibre pour que tous ces coups de coeur musicaux forment un tout intéressant. Il est difficile de bien calibrer les numéros sentis et les extraits populaires qui font taper des mains et forment un tout. Il semble que l'expérience de William Lévesque, qui a signé la mise en scène et les arrangements musicaux, ait permis d'en arriver à un résultat à la fois divertissant et émouvant, fait de souffle et d'une grande dose de passion.
Des représentations auront lieu samedi 20 h et dimanche 14 h à la salle Anaïs-Allard-Rousseau.