L'animateur Matthieu Dugal, à droite, revenait pour une deuxième fois au Digihub de Shawinigan, mardi, cette fois pour présenter le colloque INC² mis sur pied par Culture Mauricie. Il est ici en compagnie du directeur général de cet organisme, Éric Lord.

Colloque INC²: un événement charnière

Le colloque INC² présenté mardi au Digihub de Shawinigan par Culture Mauricie a non seulement connu le succès en termes de nombre de participants mais au dire du directeur général de Culture Mauricie Éric Lord, ce colloque marquera une date dans l'histoire de l'organisation qu'il dirige. Rien de moins.
Il est facile de convenir de la pertinence du sujet abordé, l'innovation numérique en commercialisation culturelle, dans une économie de plus en plus marquée par le numérique.
«La révolution numérique n'est plus à nos portes, soutenait Éric Lord en ouverture de journée, nous sommes plongés dedans. En quelques clics, nous avons désormais accès à presque toute la production artistique mondiale. Le défi pour les artistes de partout c'est de se démarquer dans cet immense bassin, se faire voir, se faire entendre.» 
Dans les mots du président de Culture Mauricie, Thomas Grégoire, la pertinence du colloque était tout aussi incontestable.
«Aujourd'hui, la norme, c'est le changement. Confronté à un monde en pleine mouvance, à des marchés volatiles et compétitifs, à la popularité de nouveaux services étrangers, notre milieu doit absolument développer ses compétences en matière numérique pour être en mesure de se positionner et d'innover. Cette journée se positionne comme une pièce maîtresse de notre stratégie.»
Comme le soutenait d'entrée de jeu l'animateur de la journée, le journaliste et animateur Matthieu Dugal de l'émission La sphère sur ICI Radio-Canada Première, les artistes et organismes culturels ne peuvent plus se permettre de bouder les nouvelles technologies.
«On ne peut plus être technophobe dans le monde dans lequel nous vivons. Depuis environ six ans, les changements sont absolument inimaginables. Il y a six ans, la réalité virtuelle n'existait pratiquement pas. Aujourd'hui, elle est partout et elle nous force à trouver de nouvelles façons de raconter des histoires.»
La présence de 120 participants, le maximum prévu par les organisateurs, démontrait que le message a été reçu par la communauté culturelle mauricienne. Le programme, qui incluait notamment des conférences sur les plateformes de commercialisation, le financement participatif, la monétisation de blogues, sur la découvrabilité des contenus dans l'univers du numérique ou les données numériques au service de la créativité, semble les avoir convaincus. 
Éric Lord s'en réjouissait sans réserve au terme de cette journée très dense et riche.
«On est très heureux du succès participatif qui dépasse nos attentes mais nous sommes aussi très fiers de la qualité des intervenants que nous avons réunis. La présence de gens comme Matthieu Dugal ou Nellie Brière, désormais considérée comme une sommité pour tout ce qui concerne les médias sociaux, pour ne nommer qu'eux, le démontre bien. Non seulement, nous avions des intervenants de très haut niveau mais la diversité des sujets abordés a fait en sorte qu'on a pu répondre aux besoins aussi bien d'artistes que de dirigeants d'organismes culturels ou encore des gens du milieu des communications.»
Si on parle des objectifs que Culture Mauricie souhaitait atteindre avec la présentation de ce colloque, ils sont au nombre de trois: inspirer les participants, les outiller et les motiver à prendre le virage numérique.
«Je peux dire que les trois objectifs ont été atteints, affirme Éric Lord. Beaucoup de sujets ont été abordés dont plusieurs très importants et c'est sûr qu'en une heure et trente minutes de conférence, on n'a pas pu aller très en profondeur et c'est pourquoi on va envisager la possibilité de mettre sur pied d'autres activités connexes. Plusieurs personnes nous l'ont déjà proposé. On va même évaluer la pertinence de présenter le colloque de nouveau puisque si on se fie aux réactions reçues jusqu'ici, les participants ont semblé très emballés.»
Culture Mauricie va procéder à un sondage auprès des participants pour mieux cibler ce qui pourrait venir compléter cette activité. Mais déjà, les frais de participation donnent droit à du service conseil.
«On a réussi à obtenir de nos conférenciers une banque d'heures de service conseil qui pourront être utilisées par les participants. Par exemple, quelqu'un qui est intéressé à parler directement avec Nellie Brière d'une question qu'il veut approfondir ou qui est spécifique à son organisation pourra le faire à travers nous.»
Culture Mauricie profitera aussi d'un autre outil qui se trouve déjà dans sa trousse pour poursuivre sur cette lancée de la maîtrise du numérique: les programmes de formation.
«Si on trouve un dénominateur commun à bon nombre d'organisations ou d'individus, on peut mettre sur pied un programme de formation qui permettra aux participants de développer des compétences. Avec le colloque, on a effectué une ouverture sur des thèmes que bien des membres ne connaissaient pas: il pourrait être pertinent d'offrir des formations sur ces sujets.»
Par ailleurs, le directeur général estime que le succès de l'événement tient aussi au réseautage qui s'y est fait, réseautage entre participants mais aussi avec les conférenciers.
«Avant de mettre sur pied ce colloque, on était certains de l'importance de le faire. Il nous fallait mettre sur pied un événement marquant pour signifier notre implication dans le virage numérique du secteur culturel dans la région. Désormais, ce sera une préoccupation qui sera toujours centrale et ça va toucher tous nos futurs projets.
Le virage implique une constante adaptation et nous allons continuer de bouger. Dans le programme de commercialisation de la culture entrepris il y a déjà pas mal de temps, les moyens mis de l'avant au départ ne sont plus valables alors, on va l'adapter. Le colloque aura assurément marqué un moment charnière dans l'essentiel virage numérique du milieu culturel.»