Une des pièces de la collection est visible en permanence au Musée Pop.

Collection Robert-Lionel Séguin: les discussions se poursuivent

TROIS-RIVIÈRES — La directrice du Musée Pop de Trois-Rivières, Valérie Therrien, a bon espoir d’en arriver dès cette année à une entente avec l’Université du Québec à Trois-Rivières au sujet de la collection Robert-Lionel-Séguin qui compte 22 000 objets.

L’entente entre le Musée et l’UQTR est échue depuis le 30 octobre 2003. Plusieurs discussions, parfois difficiles, ont eu lieu au fil des années entre les deux institutions. C’est que la collection appartient à l’UQTR depuis 1983, mais le Musée québécois de la culture populaire (ancien nom du Musée Pop) avait obtenu, en 1991, le mandat de la gestion, de la conservation et de la mise en valeur, un travail qui implique des frais annuels de 140 000 $. Le Musée réclamait donc une compensation financière à l’UQTR, mais l’institution a toujours refusé, allant même jusqu’à proposer au Musée de lui céder la collection pour la somme symbolique de 1 $, ce qui ne s’est finalement pas concrétisé. Les frais sont donc assumés par le budget de fonctionnement du Musée. Ce qui rend la situation encore plus lourde pour le Musée, c’est que son budget de fonctionnement a subi des coupes, en 2016.

Directrice depuis à peine deux ans du Musée Pop, Valérie Therrien indique que les discussions avec l’UQTR et le nouveau responsable du dossier, le vice-recteur aux finances et à l’administration, Charles Nadeau, sont cordiales. Les pourparlers ont repris l’automne dernier, souligne-t-elle. «La collaboration est très bonne», dit-elle, depuis la reprise des négociations entre les deux institutions. C’est une opinion que partage l’UQTR. «Les relations sont très bonnes. On a une belle collaboration», indique le responsable des relations avec les médias de l’UQTR», Jean-François Hinse. L’UQTR espère également finaliser le dossier en 2019, ajoute-t-il sans pouvoir toutefois laisser entrevoir un échéancier.

Présentement, la réserve du Musée contient quelque 100 000 objets dans l’édifice qui loge la collection Robert-Lionel-Séguin, sur le boulevard des Forges, des objets ethnologiques qui se sont ajoutés à la collection au fil des ans.

Valérie Therrien, la directrice du Musée Pop, a bon espoir de régler le tout en 2019.

Ce bâtiment sera cédé à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy d’ici 2021. La marge de manœuvre pour régler le litige n’est donc pas tellement grande, estime Mme Therrien. C’est qu’il faudra éventuellement déménager les 100 000 objets en question, plaide Mme Therrien, et ce, en les emballant de façon conforme aux normes muséales. «On n’est pas à la dernière minute, mais le temps est un enjeu majeur. C’est pourquoi on a repris les négociations à l’automne avec la nouvelle personne en place», dit-elle.

Il faudra donc régler ce dossier rapidement, indique la directrice. «C’est la priorité du conseil d’administration. C’est un sujet très stratégique pour l’avenir du Musée», dit-elle. «J’ai bon espoir qu’on pourra régler ça en 2019», dit-elle.

Les objets de la collection «sont en lien avec l’ingéniosité des Québécois, le quotidien des Québécois, comment on s’est approprié notre territoire et ce qu’on a fait pour bien s’acclimater à notre environnement», résume Mme Therrien.

«Il y a des objets de la catégorie des patenteux, c’est-à-dire comment s’organiser avec ce qu’on a à notre disposition. On a un corpus aussi d’art populaire, donc de gens autodidactes qui créent de l’art populaire. Notre mission, au Musée, c’est de mettre en valeur et en lumière le quotidien des Québécois par les objets ethnologiques qu’ils ont créés dans leur vie quotidienne», résume-t-elle.

Le Musée Pop travaille d’ailleurs sur une exposition permanente qui ouvrira en juin 2019 alors que «90 % des objets qui seront présentés proviendront de notre propre collection, dont la collection Séguin», dit-elle.

Le Musée Pop veut garder cette collection, car le Musée a été créé autour d’elle, rappelle Mme Therrien. Elle ne cache pas que le Musée espère aller chercher plus de subventions afin de poursuivre pleinement sa mission. «Avec le nouveau gouvernement, on est en négociations. On regarde les possibilités», dit-elle.