La demande de la Cité de l’énergie pour le financement du spectacle du Cirque Éloize sera réévaluée à la demande de la ministre Julie Boulet.

Cirque Éloize: la demande de financement sera réévaluée

Trois-Rivières — La demande formulée par la Cité de l’énergie à Tourisme Québec pour le financement du spectacle du Cirque Éloize prévu à l’été 2018 sera réévaluée par le ministère, à la demande de la ministre Julie Boulet. Cette dernière, qui promet par ailleurs une rencontre avec les intervenants de Trois-Rivières pour la demande d’une subvention équivalente au Cirque du Soleil, soutient tout de même que le projet de la Cité de l’énergie a reçu l’appui de nombreux organismes du milieu, dont l’Amphithéâtre Cogeco.

En effet, dans le cadre du dépôt de sa demande de financement au ministère du Tourisme, la Cité de l’énergie a présenté, avec son dossier, plusieurs lettres d’appui du milieu, dont Tourisme Mauricie, Culture Mauricie, Appartenance Mauricie, le Musée québécois de culture populaire et l’Amphithéâtre Cogeco. Des appuis qui, selon la ministre, étaient en lien avec le développement du spectacle du Cirque Éloize.

Une information que nuance toutefois l’Amphithéâtre Cogeco, dont le directeur général Steve Dubé indique avoir fourni une lettre d’appui en mai 2017 concernant la production d’un spectacle nocturne qui, à l’époque, s’avérait possiblement être la suite de Dragao. «Nous avons appuyé un spectacle qui serait un produit d’appel parce qu’on veut continuer de développer Trois-Rivières et la Mauricie. Pour nous c’était incontournable. Mais il n’était pas question de cirque, mais plutôt d’un spectacle nocturne», mentionne Steve Dubé, qui ne peut s’avancer à savoir quelle aurait été sa position s’il avait été question du Cirque Éloize.

«Je ne peux pas dire si la réponse aurait été oui ou non. Ce qui est sûr, c’est qu’on aurait eu une bonne discussion avec notre conseil d’administration avant de donner notre appui», ajoute-t-il.

D’autres intervenants ayant aussi signé une lettre d’appui, mais qui n’ont pas souhaité faire de sortie publique, ont confirmé au Nouvelliste les dires de M. Dubé voulant qu’il était bien fait mention d’un «spectacle nocturne» et non du Cirque Éloize. 

De son côté, la ministre Julie Boulet, qui a été interpellée jeudi matin par son collègue député de Trois-Rivières Jean-Denis Girard, est d’avis que si les organismes ont signé des lettres d’appui à un produit qu’ils ne connaissaient pas, le ministère ne peut en être tenu responsable.

Programmes

La ministre Boulet a par ailleurs indiqué avoir demandé à son sous-ministre de revoir le dossier de la Cité de l’énergie pour s’assurer qu’il cadrait bien à l’intérieur de la stratégie événementielle du ministère, programme à l’intérieur duquel la demande de financement pour Éloize a été présentée.

«Dans le cadre de sa salle multimédia, elle (la Cité) a déposé un projet qui s’avère correspondre aux paramètres du programme, qui est un programme normé et non un fonds discrétionnaire de la ministre. Moi, j’aime ces deux spectacles et je ne veux pas parler d’un au détriment de l’autre parce que les deux sont des produits d’appel extraordinaires pour la région», déclare-t-elle.

«Quand j’ai vu que c’était un cirque, j’ai demandé à mon sous-ministre de refaire un tour de piste pour évaluer la pertinence touristique du produit qui est offert par la Cité de l’énergie. On est en train de faire cette analyse-là et on va revenir quand on aura fini l’analyse. Pour ce qui est de l’Amphithéâtre, j’ai promis au maire Lévesque, à mon collègue Jean-Denis et aux gens de l’Amphithéâtre qu’on était pour organiser une rencontre. Mais, évidemment, les salles de diffusion culturelle relèvent du ministère de la Culture et non du Tourisme. Je comprends qu’ils attirent du tourisme aussi, mais pour ce qui est des programmes d’aide et du soutien financier, leur point d’appui c’est le ministère de la Culture», martèle Mme Boulet.

Pour sa part, Steve Dubé continue d’avoir bon espoir d’en arriver à une solution équitable. «Pour ce qui est de la subvention, on ne lâchera pas notre point. M. Lévesque et M. Girard ont accepté de se faire les porteurs du dossier. Nous avons toujours eu de bons contacts avec Mme Boulet, et nous sommes confiants qu’elle va travailler avec nous pour trouver une solution», mentionne le directeur général de l’Amphithéâtre Cogeco.