Treize ans plus tard, les remarques s’appliquent aussi à Phénix noir, qui reprend le même arc dramatique, celui de Jean Grey (Sophie Turner).

X-men - Phénix noir: une finale doublement ratée **

CRITIQUE / On a rarement une deuxième chance dans la vie. Surtout de finir les choses en beauté. Simon Kinberg a doublement raté la sienne avec X-Men — Phénix noir, qui se veut le douzième et dernier film du cycle amorcé en 2000.

Avant de passer derrière la caméra, Kinberg a scénarisé X-Men : L’affrontement final (2006), fraîchement reçu par la critique, qui a souligné les faiblesses du texte et le manque d’émotions. Treize ans plus tard, les remarques s’appliquent aussi à Phénix noir, qui reprend le même arc dramatique, celui de Jean Grey (Sophie Turner).

Il faut dire que Kinberg a également écrit Abraham Lincoln, chasseur de vampires (2012) et Les quatre fantastiques (2015), deux flops notoires.

Les dirigeants de la 20th Century Fox auraient dû voir les lumières rouges clignoter avant de lui confier cet opus. Mais Bryan Singer étant tombé en disgrâce… Pas pour rien qu’ils ont sans cesse repoussé la sortie, un signe qui ne trompe pas. Sauf qu’avec les succès de Wonder Woman et Capitaine Marvel, il était trop tentant de miser sur une aventure avec une superhéroïne.

Phénix noir se déroule dix ans après Apocalypse (2016). Les X-Men ont atteint un sommet de popularité grâce aux efforts incessants du professeur Xavier (James McAvoy) à leur faire endosser le rôle de superhéros. Ce qui déplait à Raven (Jennifer Lawrence), qui juge que la petite équipe prend des risques inutiles.

Lors d’une de ses missions de sauvetage dans l’espace, Jean Grey est exposée à un «pouvoir» destructeur extraterrestre, qui la laisse pour morte avant sa renaissance, telle le phénix. Cette force décuple son pouvoir, mais aussi son instabilité. Chaque contrariété lui fait perdre le contrôle et provoque une métamorphose. La variation féminine du docteur Jekyll et M. Hyde…

Mais là s’arrête toute comparaison. La faible exploitation des thèmes de la destinée, des déterminismes, de l’amitié, de la vertu du sacrifice s’avère caricaturale, comme les dialogues d’ailleurs. Les acteurs peinent à les déclamer — un vrai gaspillage avec une telle distribution.

Évidemment, la crème finit toujours par remonter, à commencer par Michael Fassbender. Ce formidable acteur est le seul qui réussit à transmettre un semblant d’émotion par la force de son intériorité. Sophie Turner (Sansa Stark dans Le trône de fer) démontre qu’elle a du potentiel pour une belle carrière cinématographique. À condition de lui offrir un scénario potable.

Celui de Kinberg s’avère non seulement peu convaincant, mais il multiplie les invraisemblances. Son histoire de lutte entre le bien et le mal se conclut évidemment par un affrontement à tout casser prévisible.

Le crémage ne réussit jamais à camoufler le mauvais goût de cette finale pompeuse et vaine. Ce qui s’avère d’autant plus dommage que ce long métrage, le plus faible de l’ensemble, clôt une époque, avant le redémarrage de la franchise avec de nouveaux personnages, prévu pour 2020. 

À la place de Disney, qui a racheté, la 20th Century Fox, j’y réfléchirais deux fois. 

Si jamais on va de l’avant, je m’assurerais au moins que Kinberg n’ait aucun rôle à y jouer...

Au générique

Cote : **

Titre : X-Men — Phénix noir

Genre : Fantastique

Réalisateur : Simon Kinberg

Acteurs : Sophie Turner, Michael Fassbender, James McAvoy

Classement : 13 ans +

Durée : 1h54

On aime : la fin d’une époque.

On n’aime pas : le gâchis de la fin d’une époque.