Le pourcentage de financement et le nombre de projets financés pour des films québécois réalisés par des femmes ne cessent d’augmenter depuis 2017-2018, notamment <em>Antigone</em> de Sophie Deraspe, à droite, qui représentait le Canada aux Oscars.
Le pourcentage de financement et le nombre de projets financés pour des films québécois réalisés par des femmes ne cessent d’augmenter depuis 2017-2018, notamment <em>Antigone</em> de Sophie Deraspe, à droite, qui représentait le Canada aux Oscars.

Téléfilm constate une progression «marquée» des femmes dans les productions

MONTRÉAL — Téléfilm Canada constate une hausse «marquée et continue» du financement global octroyé aux projets menés par des femmes dans les productions qu’elle finance.

En 2016, la société d’État avait annoncé qu’elle voulait atteindre la «zone paritaire» (au moins 40 %) pour chacun des «postes clés» au cinéma — réalisation, scénarisation et direction de production — dans tous les programmes de Téléfilm.

En présentant jeudi ses plus récentes statistiques sur la parité hommes-femmes dans les productions cinématographiques qu’elle finance, Téléfilm constate une «augmentation continue» du financement versé à des productions réalisées ou écrites par des femmes.

Pour ce qui est du nombre de films financés, la zone paritaire est atteinte pour les trois rôles clés, soutient Téléfilm. «Les données démontrent que 47 % des projets soutenus par Téléfilm comptent au moins deux femmes dans un rôle clé, ce qui est supérieur au résultat de 41 % de l’année précédente, indique la société d’État dans un communiqué. La plus forte progression est observée chez les réalisatrices, dont le soutien accordé par Téléfilm est passé de 29 % à 42 % du portefeuille.»

Téléfilm est particulièrement fière de la progression des femmes dans son programme de films «à haut budget» (plus de 2,5 millions $): la part des projets financés réalisés par une femme est passée de 26 % en 2018-2019 à 41 % en 2019-2020.

Du côté français, le pourcentage de financement et le nombre de projets financés pour des films réalisés par des femmes ne cessent d’augmenter depuis 2017-2018. Par contre, les statistiques pour la scénarisation demeurent stables (autour de 30 % du financement et 40 % des projets) et les productrices se font même plus discrètes qu’il y a trois ans.

Par ailleurs critiquée pour son manque de diversité à l’écran et dans ses rangs, Téléfilm Canada a dévoilé lundi un nouveau plan d’action sur l’équité et la représentation, «première étape» visant à abolir «le racisme systémique».

«Les femmes de communautés sous-représentées éprouvent encore aujourd’hui des difficultés à accéder à du financement, a admis jeudi Christa Dickenson, directrice générale de Téléfilm Canada. Nous devons donc travailler sans relâche et concentrer nos efforts sur une plus grande inclusion afin d’apporter un véritable changement durable.»