La craquante petite chienne Marona.
La craquante petite chienne Marona.

L’extraordinaire voyage de Marona: vie de chien *** 1/2

CRITIQUE / «Si personne n’a de meilleure idée, je prendrais bien un moment pour rembobiner le film de ma vie.»

Celle qui s’exprime ainsi, dès le début de ce magnifique long métrage d’animation, est une craquante petite chienne. Marona vient d’être percutée par une voiture. L’accident devient un prétexte pour qu’elle se remémore ses maîtres adorés successifs. Car il y en a plus d’un!

L’extraordinaire voyage de Marona se déroule sur deux paliers. Le premier raconte ses abandons consécutifs, le deuxième évoque l’amour inconditionnel des animaux de compagnie pour leur propriétaire ainsi que le deuil difficile de ceux-ci.

Mais avant d’en arriver là, Marona nait comme le neuvième et dernier chiot d’une portée engendrée par un noble dogue argentin et une jolie bâtarde. D’où son premier nom: Neuf.

La petite avec une truffe en forme de cœur trouve refuge chez Manole. L’acrobate la prénomme Ana. Mais lorsque celui-ci négocie un contrat avec un cirque et qu’elle ne peut le suivre, la chienne décide de s’enfuir pour ne pas lui nuire. «Je me suis enfoncée dans une nuit sans fin», dit-elle joliment.

Errant dans les rues, elle est recueillie par Istvan, qui la baptise Sara. Dans son foyer, la femme de l’ingénieur, d’abord enthousiaste, se lasse vite et devient jalouse — une illustration sans fard de ceux qui s’entiche par pur caprice, sans penser aux implications.

De nouveau en fuite, Sara sera adoptée par une petite fille. Auprès de Solange, sa mère et son grand-père, la chienne devient Marona, un foyer où elle trouve enfin un peu de bonheur. Mais elle n’est pas au bout de ses peines pour autant…

L’extraordinaire voyage de Marona se révèle l’antithèse des films hollywoodiens sur le plan visuel (et du récit, beaucoup plus réaliste et dramatique). D’une riche poésie esthétique, Anca Damian propose une explosion de couleurs, de lignes et de perspectives. On dirait un mélange d’art naïf, de Chagall et de Keith Haring. Superbe!

Le film compte sur une riche poésie visuelle qui évoque, entre autres, Chagall.

Le long métrage fut retenu en Sélection officielle à Annecy 2019 (le Canne de l’animation) en plus remporter des prix dans une demi-douzaine de festivals.

Tous les enfants n’y seront pas nécessairement sensibles. Mais ça demeure un fichu de beau film, surtout pour ceux, nombreux, qui ont un animal à la maison. Impossible de ne pas s’attacher à Marona!

L’extraordinaire voyage de Marona est disponible sur la plateforme du Cinéma du Parc.

Au générique

Cote: *** 1/2

Titre: L’extraordinaire voyage de Marona

Genre: animation

Réalisatrice: Anca Damian

Durée: 1h31