Les frères Russo ont confié que l’influence que procure leurs succès chez Marvel était «un outil extrêmement puissant, bien plus que l’on peut imaginer». Une influence qu'ils veulent utiliser positivement.

Les frères Russo mettent le cap sur la fiction politique

TORONTO — Après le succès planétaire des superhéros d’Avengers : Endgame, le film aux plus grosses recettes de l’histoire du cinéma, les réalisateurs américains Joe et Anthony Russo annoncent un changement de cap, avec des projets de fictions politiques se déroulant à l’international.

Dans un entretien à l’AFP en marge du Festival du film de Toronto (TIFF), les frères Russo ont confié que l’influence que procure un tel succès au box-office mondial était «un outil extrêmement puissant, bien plus que l’on peut imaginer». Et que cet outil peut être utilisé à des fins «positives ou négatives», dit Joe Russo.

C’est lors de leurs nombreux déplacements à travers le monde pour promouvoir le 22e film de l’univers cinématographique Marvel que les deux frères ont commencé à explorer de nouveaux projets.

Le résultat est une liste de fictions qui seront produites par leur tout nouveau studio, AGBO.

La première est Mosul, sur une unité d’élite irakienne qui s’est battue contre le groupe jihadiste État islamique pour la reconquête de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, et qui vient d’être présentée hors compétition à la Mostra de Venise.

La fiction a été entiè­rement tournée en arabe, une première pour un film d’action hollywoodien.

«Nous savions que ce film devait être fait, parce qu’il n’avait jamais été fait», confie Anthony Russo.

Ouverts à la nouveauté

Les réalisateurs préparent également Dhaka, une histoire sur l’enlèvement d’un homme d’affaires bangladais tournée principalement en Inde.

La politique est également le fil conducteur d’un autre de leurs projets, un film sur la crise des opiacés responsable d’une vague de d’overdoses mortelles en Amérique du Nord, notamment dans leur État d’origine, l’Ohio.

«Nous vivons à une époque où il y a beaucoup de divisions — la division est encouragée», estime Joe Russo. «Soit vous vous préoccupez d’abord de vous-même, soit vous vous préoccupez de la communauté».

«Et nous choisissons de nous préoccuper de la communauté», tranche-t-il.

Les frères aimeraient bien que Mosul soit vu par la Maison-Blanche.

«Il est clair que les États-Unis se sentent coupables d’avoir créé le problème en Irak, et l’État islamique est le résultat direct de la guerre dans ce pays», pense Joe Russo.

«Joe et moi adorons les grandes histoires mondiales», renchérit son frère Anthony. «Le cinéma occupe une place de choix pour aider les gens à s’ouvrir à de nouvelles expériences et à de nouvelles idées».

«Nos films pour Marvel comptent parmi nos favoris dans tout ce que nous avons fait», précise-t-il néanmoins.

À court terme, les frères ne sont engagés dans aucun des projets de Marvel, la filiale de Disney, grâce à laquelle ils avaient acquis leurs lettres de noblesse en 2014 avec le succès de Captain America, le soldat de l’hiver. Mais un retour n’est pas non plus écarté, selon Anthony.