Mystério (Jake Gyllenhaal) et Spidr-Man vont forgé une alliance pour combattre les Élémentaux.

Le film de la semaine: «Spider-Man — Loin des siens» ***

CRITIQUE / Jon Watts et ses acolytes ont tenté toute une pirouette acrobatique pour «Spider-Man — Loin des siens» («Far From Home») : amalgamer comédie sentimentale mièvre avec film d’action fantastique. Le résultat s’avère boiteux et formaté pour un public cible d’ados en vacances estivales, mais il s’avère un épilogue logique à la saga des Avengers.

Parlant de congé, Peter Parker (Tom Holland, charmant) part pour l’Europe avec sa classe et un duo de profs avec les pieds dans la même bottine. Il laisse son costume de Spider-Man à New York — l’ado veut tenter, très maladroitement, de conquérir le cœur de MJ (Zendaya), pas sauver le monde! Heureusement, tante May (Marisa Tomei) veille au grain.

Un prétexte pour filmer les grandes capitales européennes, avec tous les clichés qui viennent avec (surtout d’un point de vue hollywoodien).

À peine débarquée, la troupe est témoin d’une mystérieuse attaque par une créature gigantesque dans les canaux de Venise. Pendant que Parker s’efforce de protéger ses amis, le monstre est terrassé par Mystério (Jake Gyllenhaal). Les effets visuels y sont hallucinants!

Ce superhéros venu d’un monde parallèle prévient que la Terre est menacée par les Élémentaux (un quatuor qui contrôle l’eau, le feu, l’air et la terre). Amical et compréhensif, Mystério devient une figure parentale de remplacement pour Peter, qui se remet péniblement de la mort de Tony Starks, dont le souvenir est omniprésent. Il se révèle plutôt un maître des illusions qui profite de la candeur et du désarroi du jeune homme pour échafauder un plan machiavélique — à la sauce Marvel.

On effleure à peine la question du deuil et du poids des responsabilités qui incomber à ce Peter Parker au grand cœur comme successeur à Iron Man. Mais Loin des siens exploite certains thèmes actuels de façon plutôt adroite : les fausses nouvelles, la crédulité, la dissimulation, la manipulation de l’opinion publique, l’intelligence artificielle… Comme le dit si bien Mystério, «de nos jours, les gens croient n’importe quoi».

Un bon point pour ce Spider-Man, qui propose la gamme habituelle de combats en haute-voltige rehaussée par l’utilisation d’images générées par ordinateur (CGI). On a d’ailleurs droit à une séquence de réalité virtuelle psychédélique particulièrement impressionnante (à la Docteur Strange).

Va pour ce volet et l’humour bon enfant. Les choses sont beaucoup moins réussies pour ce qui concerne la portion éducation sentimentale de Peter Parker. On nous sert un récit fleur bleue et prude très peu crédible pour des ados de 16 ans — on dirait qu’ils ont 12 ans d’âge mental! Disney n’a aucun problème avec la violence sous toutes ses formes, mais pour ce qui est de l’amour et de la sexualité, on se croirait dans les années 1950… On appelle ça du déni!

Les dialogues y sont d’ailleurs insipides et insignifiants, sans parler de ceux qui doivent les endosser. Les personnages secondaires qui entourent Parker et MJ sont caricaturaux, voire réduits au rôle de figurant.

Jon Watts, qui s’est fait la main avec Spider Man — Les retrouvailles (Homecoming), signe un long métrage cute et inoffensif, évacuant tout le subversif d’un récit pourtant riche en potentiel sur cet aspect.

Au générique

Cote : ***

Titre : Spider-Man — Loin des siens

Genre : Fantastique

Réalisateur : Jon Watts

Acteurs : Tom Holland, Zendaya, Jake Gyllenhaal

Classement : Général

Durée : 2h09

On aime : les thèmes abordés. La qualité de l’animation.

On n’aime pas : le récit fleur bleue. La musique tonitruante.