Saïd (Sami Bouajila) doit défendre sa scierie et sa fille contre l'assaut de trafiquants de drogue.
Saïd (Sami Bouajila) doit défendre sa scierie et sa fille contre l'assaut de trafiquants de drogue.

La terre et le sang: sombre suspense ***

CRITIQUE / Netflix ne pouvait se douter à quel point elle tomberait à point nommé en finançant des longs métrages en dehors du système hollywoodien. Pour une question d’image, bien sûr, mais au moment où toute production cinématographique nage dans l’incertitude, la plate-forme de diffusion en ligne peut compter sur ses propres films. Comme le suspense noir La terre et le sang de Julien Leclercq, qui partage une parenté avec le récent Jusqu’au déclin du Québécois Patrice Laliberté.

Les deux longs métrages se déroulent en effet dans un lieu isolé et misent sur des affrontements armés dans un jeu de cache-cache meurtrier.

Pour La terre et le sang, Leclercq a renoué Sami Bouajila, son acteur fétiche, et poursuivi dans la veine de ses longs métrages comme L’assaut (2011) et Braqueurs (2016). Il faut lui reconnaître une habileté certaine à installer un climat qui distille de l’angoisse et une tension soutenue.

Il prend d’ailleurs le temps, dans sa mise en place, de présenter ses protagonistes, à commencer par Saïd (Sami Bouajila), et de circonscrire les enjeux. Le spectateur apprend dès le début que notre homme est un mort en sursis — cancer des poumons.

Il décide alors de vendre sa scierie afin de financer les études de Sarah (Sofia Lesaffre), sa fille de 18 ans sourde et muette (un truc pratique pour un scénario qui circonscrit les dialogues au minimum).

Saïd ignore toutefois qu’un des apprentis a planqué à son insu sur place huit kilos de cocaïne volés. Lorsque les propriétaires «légitimes» vont débarquer pour reprendre leur bien, il défendra bec et ongles son territoire. Et Sarah. Ils ont l’avantage du nombre, il a celui du terrain...

Sarah (Sofia Lesaffre) devra prendre la fuite.

Dans ce décor industriel inquiétant, Leclercq va jouer à fond la carte du suspense violent et haletant, développant deux récits parallèles pour faire augmenter la tension déjà chauffée par une très bonne trame sonore de circonstances.

Ce film cruel et sombre ne se distingue pas par son originalité ni par le minimalisme de son scénario, mais bien par l’efficacité de sa réalisation.

Il peut aussi tabler sur le charisme de Sami Bouajila (Omar m’a tuer, La mécanique de l’ombre).

Pas transcendant, mais ceux qui aiment les sensations fortes vont y trouver leur compte.

Disponible sur Netflix.

Au générique

Cote : ***

Titre : La terre et le sang

Genre : Suspense

Réalisateur : Julien Leclercq

Acteurs : Sami Bouajila, Samy Seghir, Sofia Lesaffre

Durée : 1h20