Katerine Savard fréquente encore la piscine... pour l'instant.
Katerine Savard fréquente encore la piscine... pour l'instant.

Katerine Savard: comme un poisson dans l’eau

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
Il y a deux ans, Katerine Savard était loin de se douter qu’elle jouerait le rôle principal dans un film. Encore moins que Nadia, Buttefly serait sélectionné au Festival de Cannes — même si la nageuse de pointe n’a pu fouler le tapis rouge, pandémie oblige. Mais elle a tellement pris le goût à l’aventure qu’elle envisage une carrière… après les prochains Jeux olympiques!

Impossible de discuter au téléphone avec la femme de 24 ans sans s’enquérir de son statut athlétique. Après bien des mois de «réflexions difficiles», la native de Pont-Rouge a décidé de tenter sa chance pour Tokyo 2021 — si les JO ont lieu. Surtout après une pause où elle s’est reconnectée avec son désir, après avoir participé aux Jeux de Rio, où elle a remporté une médaille de bronze en 2016.

«J’avais beaucoup de doutes. Je l’aurais regretté de ne pas aller jusqu’au bout. Je suis vraiment contente d’être dans la piscine.»

Mais contrairement à Nadia, son alter ego, Katerine n’a pas mis tous ses œufs dans le même panier. Elle termine en ce moment son dernier stage afin de devenir professeur. D’ailleurs, la jeune femme partage peu avec son personnage, croit-elle.

«Sur tout ce qui est natation, je l’ai déjà vécu, concède Katerine. Mais le party [les filles commettent des excès après leur médaille de bronze au relais], je l’ai jamais vécu comme ça (rire gêné). Sur le plan des émotions, elle est très différente de moi. Nadia est plus dans la mélancolie, moi, je suis ben énervée et ça gosse le monde», rigole-t-elle.

L’apprentie actrice s’est lancée dans le tournage avec son énergie habituelle, sans réaliser «l’ampleur du projet dans lequel je m’embarquais. Je pense que j’avais une certaine naïveté, mais je suis comme ça dans la vie, rigole-t-elle. J’ai beaucoup aimé. Mon stress était plutôt de décevoir le réalisateur : était-ce à la hauteur de ce qu’il voulait?»

On peut la rassurer : Pascal Plante a aimé. En entrevue, le cinéaste a même souligné à quel point il a été impressionné par Katerine Savard et sa coéquipière Ariane Mainville dans les scènes à l’extérieur de la piscine où les deux jeunes femmes devaient «jouer».

De quoi conforter Katerine dans sa volonté de poursuivre une carrière, après avoir suivi quelques cours. «Là, je ne jouais pas une Ninja en Égypte, mettons (rires). Côté personnalité, ça me rejoint beaucoup. Côté mode de vie aussi. J’ai de la misère à envisager une vie stable. Il me faut des challenges : je déteste les routines. C’est un mode de vie qui me parlerait.»

Après ses débuts dans Nadia, Butterfly, la chose est parfaitement concevable. Éric Moreault