Chris Hemsworth (agent H) et Tessa Thompson (agente M) sont trop embarrassés par la quincaillerie pour créer une complicité crédible.

Film de la semaine: MIB Hommes en noir — International **

CRITIQUE / MIB Hommes en noir — International était attendu avec beaucoup de curiosité. Relancer une franchise extrêmement populaire n’a rien de particulièrement original, mais en remplacer les acteurs principaux présente un très gros risque — on se souviendra du désastre La menace fantôme après la première trilogie de Star Wars. La débarque n’est pas aussi spectaculaire, mais pas loin. Ça manque sérieusement de coolitude et de bien d’autres choses.

À commencer par le sens de l’humour de Will Smith, sa dégaine et ses mimiques. Les trois films réalisés par Barry Sonnenfeld misaient sur les caractères opposés de l’agent J (Smith) et de l’agent K (Tommy Lee Jones) dans leur mission pour réguler la présence d’extraterrestres sur Terre.

Ce nouveau chapitre tente de créer un semblable duo de choc en inversant les rôles, mais avec un résultat médiocre. Le scénario mise sur la très rationnelle agente M (Tessa Thompson), affectée à la succursale londonienne comme stagiaire par O — Emma Thompson, qui reprend son personnage à la tête de l’agence MIB.

Sur place, elle fait la connaissance du désinvolte et irresponsable, mais doué agent H (Chris Hemsworth), et de leur supérieur Grand T (Liam Neeson). Après une mission qui tourne mal et implique une arme de destruction massive, la paire soupçonne la présence d’une taupe au sein du bureau…

Le scénario ne se distingue pas par son originalité. Ce qui ne se révèle pas un défaut majeur dans le genre si ce n’était que les auteurs ont appliqué à la lettre le livre à succès des James Bond. Le long métrage commence par une scène spectaculaire, mélange d’humour et d’action, sur la tour Eiffel. 

Puis le récit se transporte à New York, Londres, Marrakech avant de boucler la boucle avec un retour sur Paris. Le tout parsemé de folles courses poursuites avec des véhicules pleins de gadgets, de fusillades et de cascades.

La seule différence? Les méchants sont extraterrestres. Le film regorge évidemment de créatures, rigolotes ou dégueu. Mention spéciale à Pionny, petit pion sorti tout droit d’un jeu d’échecs qui prête serment d’allégeance à sa nouvelle reine, l’agente M. Il ne la quittera pas d’une semelle.

En fait, l’interaction entre les deux génère de meilleurs résultats que celle entre les deux acteurs. Hemsworth et Thompson ont joué dans Thor : Ragnarok, mais dans MIB International, ils sont trop occupés avec la quincaillerie pour réellement créer une complicité crédible.

Thompson s’en tire davantage qu’Hemsworth, qui badine et fait le beau. À leur décharge, la minceur de scénario et des dialogues ne leur donne pas grand-chose à se mettre sous la dent. À la réalisation, F. Gary Gray (Fast and Furious 8) livre le minimum syndical.

Là comme dans d’autres cas de superproductions bourrées d’effets spéciaux et d’images de synthèse, les dirigeants du studio devraient se poser de sérieuses questions avant de poursuivre la série plus loin. Ou, à tout le moins, offrir une histoire solide avec de vrais rebondissements qui se tient un peu.

C’est à peine divertissant. Et pas besoin d’un coup de neuroliseur à la sortie du cinéma. Aussitôt vu, aussitôt oublié.

Au générique

Cote : **

Titre : MIB Hommes en noir — International

Genre : Science-fiction

Réalisateur : F. Gary Gray

Acteurs : Chris Hemsworth, Tessa Thompson, Liam Neeson

Classement : Général

Durée : 1h55

On aime : l’agente M.

On n’aime pas : l’insoutenable légèreté de l’ensemble.