Ian Gailer, le directeur général du Festival de cinéma de la Ville de Québec

Festival de cinéma de la Ville de Québec: une croissance fulgurante

La rentrée automnale coïncide encore cette année, pour une neuvième fois, avec la présentation du Festival de cinéma de la Ville de Québec (FCVQ), du 12 au 21 septembre, un événement dont la notoriété ne cesse de prendre de l’ampleur. Son directeur général, Ian Gailer, parle même du festival cinématographique qui connaît la plus forte croissance au pays.

Le jeune patron de 37 ans refuse de lancer des chiffres en l’air. «Je ne veux pas être celui qui bullshite et qui raconte n’importe quelle salade», lance-t-il, conscient que plusieurs festivals en mettent plus que le client en demande en la matière, histoire de faire bonne impression auprès des commanditaires et des bailleurs de fonds.

Aussi se contente-t-il de dire que les revenus et l’achalandage du FCVQ sont en augmentation depuis son arrivée en poste, il y a quatre ans, de l’ordre de 8 à 12%, et que le taux d’occupation des salles gravite entre 60 et 70%, avec plusieurs représentations à guichets fermés.

«Un festival de cinéma sans prétention, fait avec amour et passion», lance le boulimique de cinoche qui mène sa barque avec un dynamisme qui ne se dément pas. À l’écouter parler, son esprit fourmille de mille et une idées. Et pas question pour lui d’attendre la semaine des quatre jeudis pour les mettre en application, appuyé par une équipe dont la moyenne d’âge se situe dans la mi-vingtaine.

Idées novatrices

L’innovation est au coeur de la mission du FCVQ, laisse-t-il entendre avec fierté. Plusieurs festivals s’inspirent de sa façon de faire. Namur, par exemple, pour son système de billetterie. Les cabines de réalité virtuelle font jaser aussi, tout comme les projections publiques à Place d’Youville.

«Les idées novatrices viennent d’ici. On est devant tout le monde, et de très loin.» Les têtes dirigeantes des festivals de cinéma franco-canadiens se réuniront d’ailleurs à Québec pendant l’événement pour échanger des idées et faire du remue-méninges.

Comme son titre l’indique, le FCVQ ne saurait exister sans une contribution essentielle de l’administration municipale qui verse cette année une subvention de 300 000$ - sur un budget de 1,5 million, dont 60% provient du secteur privé.

En retour, l’équipe du FCVQ ne se fait pas prier pour vendre les attraits de la capitale. «J’aime dire qu’on est un ciné-club Med et un festival carte postale. J’incite nos invités à aller voir des films, mais aussi à prendre une bonne bouffe dans nos restaurants, à visiter le nouveau Diamant et le Musée national des beaux-arts, à aller niaiser sur les Plaines, à profiter de la ville.»

Clin d’oeil à Céline...

Les quelque 200 films au menu cette année s’éclateront dans une douzaine de lieux de diffusion, dont le Diamant qui, avec le Palais Montcalm et Place d’Youville, constitue le noyau dur du FCVQ. Le nouveau pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale accueillera également une conférence du réalisateur Louis Bélanger, originaire de Québec, dont la dernière œuvre, Vivre à 100 milles à l’heure, sera présentée en primeur.

Le FCVQ manifeste d’ailleurs un parti-pris pour les créateurs d’ici et les œuvres tournées dans la région. Le film d’ouverture, Il pleuvait des oiseaux, de Louise Archambault, l’a été dans la forêt Montmorency. Myriam Verrault, originaire de Québec, viendra présenter son dernier long-métrage, Kuessipan, au Palais Montcalm. Le documentaire Bob Bissonnette : Rockstar. Pis pas à peu près, de Bruno Lachance, rendra hommage au défunt musicien.

Les amateurs de lutte de la belle époque auront même droit à un documentaire sportif, Les derniers vilains – Mad Dog & The Butcher, sur la carrière de Maurice «Mad Dog» Vachon et de son frère Paul «The Bucher». Le film, réalisé par Thomas Rinfret, a été produit par Valérie Bissonnette de Vélo Cité.

Ian Gailer est également fier de voir que la moitié des oeuvres au programme a été réalisée par des femmes. «C’est l’année du Girl Power. Les bons films que nous avons vus, ça adonné qu’ils ont été faits par des réalisatrices.»

Les très courues projections à Place d’Youville seront de retour. Parmi les œuvres au menu, mentionnons Les demoiselles de Rochefort, Rocky IV, Jumanji, Austin Powers et OSS-117 : Le Caire, nid d’espions. Sans oublier un certain Titanic, dont la présentation coïncidera avec la venue au Centre Vidéotron de Céline Dion. Le clin d’oeil fait sourire Ian Gailer. «Elle vient dormir au Capitole, juste à côté. On a vérifié et de sa suite, on voit très bien l’écran...»

Andrée Lachapelle et Gilbert Sicotte, dans Il pleuvait des oiseaux

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QUELQUES FILMS À SURVEILLER AU FCVQ

Il pleuvait des oiseaux

Adaptation du roman de Jocelyne Saucier par la réalisatrice Louise Archambault (Gabrielle) sur le récit de trois vieux ermites vivant reclus dans les bois. Les trois comédiens principaux - Andrée Lachapelle, Rémy Girard et Gilbert Sicotte- ainsi que l’équipe du film sont attendus sur le tapis rouge. (12 septembre)

Vivre à 100 milles à l’heure

Une scène du film Kuessipan, de Myriam Verreault, dont l'action se déroule dans une communauté innue.

Ce film à saveur autobiographique de Louis Bélanger (Gaz Bar Blues, Les mauvaises herbes), dont l’action se déroule dans les années 70 et 80, raconte l’histoire de trois adolescents de Québec qui s’aventurent sur un terrain dangereux en devenant trafiquants de drogues. (19 septembre)

Kuessipan

La réalisatrice Myriam Verrault (À l’ouest de Pluton) porte à l’écran le roman de Naomi Fontaine qui gravite autour de l’histoire de deux inséparables amies qui grandissent dans une communauté innue. Plusieurs membres de la production, dont les comédiens Sharon Fontaine et Étienne Galois, seront de la première. (18 septembre)

Apapacho – Une caresse pour l’âme

Laurence Leboeuf, Fanny Mallette, Myriam Leblanc et Gabriel Sabourin figurent au générique de ce drame signé Marquise Lepage où deux sœurs se rendent au Mexique pour surmonter un deuil familial. (13 septembre)

Laurence Leboeuf et Fanny Mallette figurent au générique de Apapacho - Une caresse pour l'âme, de Marquise Lepage

Valérie

L’un des «films de fesses» québécois qui a fait école dans les années 70 et que le FCVQ présente dans une version restaurée. Sa comédienne principale, Danielle Ouimet, sera présente à cette projection hommage. (16 septembre)

For Sama

Qualifiée d’oeuvre électrochoc au dernier Festival de Cannes, ce documentaire plonge au coeur du conflit syrien, dans la ville d’Alep. Un film de Waad Al-Kateab et Edward Watts. (16 septembre)

Bitch! Une incursion dans la manosphère

Réalisé par Marie-France Bazzo, l’animatrice viendra présenter ce documentaire sur la masculinité toxique sur le web. «Elle rentre dans le sujet de plein fouet. Ça va faire jaser», mentionne Ian Gailer. (19 septembre)