Fanny Malette joue l'ainée des trois sœurs dans «Apapacho, une caresse pour l’âme», la même chose que dans la vie.

Fanny Malette: La grande sœur

Fanny Malette n’a pas eu besoin de chercher bien loin pour se glisser dans la peau d’Estelle, l’aînée de trois sœurs dans «Apapacho, une caresse pour l’âme», le nouveau long métrage de Marquise Lepage. Étant la plus vieille d’une famille de trois, «je connais ce rôle-là»!

La formidable actrice, couronnée trois fois aux Gémeaux et une fois aux Jutra, n’a pas eu à réfléchir longtemps à l’occasion qui s’offrait à elle. «Dès fois, le scénario peut me plaire, le personnage, moins. Il faut le sentir. Et il y avait un contexte : aller passer trois semaines au Mexique loin de mes [trois] enfants, il fallait que j’aime le scénario», explique-t-elle en entrevue lors de son séjour au Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ).

Dans Apapacho, elle incarne une aînée rigide qui s’envole en vacances au Mexique avec la benjamine, interprétée par Laurence Lebœuf, après le décès de leur sœur.

Même si les deux femmes tournaient ensemble pour la première fois, Fanny Malette n’a pas eu de mal à jouer à la grande sœur. «Très vite avec Laurence, on a eu cette relation. Elle est plus jeune que mes petites sœurs.»

Le fait d’être réunis au Mexique y a contribué, reconnaît-elle. «On déjeune, on dîne et on soupe ensemble. Forcément, ça crée des liens. Ce qui était une bonne chose dans le contexte où on jouait des sœurs.»

«Je les ai regardées devenir des sœurs et je trouvais ça tellement beau. J’intervenais le moins possible», explique Marquise Lepage.

D’où l’avantage de travailler avec une actrice de la trempe de Fanny Malette, qui a interprété des rôles marquants auprès de Francis Leclerc, Stéphane Lafleur et François Delisle. À distance, on a l’impression qu’elle se fait plaisir en optant pour du cinéma d’auteur et qu’elle gagne sa vie à la télévision.

«Je me fais beaucoup plaisir à la télé aussi (rires). Je n’ai pas de préférence envers le cinéma d’auteur, mais il faut qu’il y ait une parole et ce que ce qui est écrit me touche pour que j’aie le goût de le défendre. C’est sûr qu’avec le cinéma d’auteur, il y a un petit plus. C’est muri. C’est ce qui me plaisait dans le film de Marquise, cette urgence de la quête des sœurs.

«J’aimais beaucoup aussi le fait qu’il y avait une évolution dans le personnage d’Estelle. Elle ne part d’un point A pour aller à B. Elle ne se rend pas à Z, mais, disons, à M. Elle se surprend elle-même. C’était intéressant d’autant qu’on tournait dans le désordre.»

Et le fait de collaborer avec une femme représentait-il un plus? «Ce n’est pas dans le sexe du cinéaste. C’est dans le rapport humain. J’ai travaillé avec des réalisateurs vraiment inspirants. J’aime bien qu’on m’amène dans des zones où on ne pensait pas aller comme actrice.»

Le meilleur rôle qu’on lui a confié, Julie Beauchemin dans Mensonges, était écrit par un homme, fait-elle valoir. «[Gilles Desjardins] s’était donné comme défi d’avoir une femme dans la quarantaine comme personnage-titre. Je trouve ça formidable que grâce à un homme, je puisse avoir accès à un tel rôle.

«Ceci dit, je n’ai pas travaillé avec beaucoup avec des femmes.»

Fanny Malette aimerait bien travailler avec plus d’autrices et de réalisatrices. Le message est lancé…