<em>Devenir</em> propose une vue en coulisses de la tournée de 34 dates effectuée par Michelle Obama, fin 2018, pour mousser la vente de son livre du même nom.
<em>Devenir</em> propose une vue en coulisses de la tournée de 34 dates effectuée par Michelle Obama, fin 2018, pour mousser la vente de son livre du même nom.

Devenir: Michelle Obama rockstar ***

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
CRITIQUE / Netflix a réussi un gros coup en mettant la main sur Devenir (Becoming), pandémie ou pas. Le documentaire propose une vue en coulisses de la tournée de 34 dates effectuée par Michelle Obama, fin 2018, pour mousser la vente de son livre du même nom. Ce film agréable et dans la norme en est le prolongement, offrant une image contrôlée de l’ex-Première dame des États-Unis.

Devenir fait penser à tous ses documentaires autorisés de vedettes qui servent surtout d’outil promotionnel — ce que Michelle Obama incarne à bien des égards. Les luxueuses loges d’hôtel, les limousines et la sécurité, l’imposante équipe technique et l’entrée triomphale sur scène sur l’air de Girl on Fire d’Alicia Keys dans des arénas combles ; tout y est. Michelle, rockstar.

On y retrouve également les passages obligés : la visite de la maison familiale à Chicago ; les entrevues avec sa mère Marian, son grand frère Craig, sa styliste Meredith ainsi qu’avec son garde du corps principal Allen et sa chef d’équipe Melissa, partenaires depuis 2008 ; tout comme l’hommage à son père décédé en 1991 de la sclérose en plaques.

Par contre, sa famille immédiate y joue un tout petit rôle. Malia et Sasha, ses filles, ont été tenues loin des médias pendant leur séjour à la Maison-Banche, de 2009 à 2017. En toute logique, le spectateur ne fera que les entrapercevoir, surtout sur les images d’archives.

Évidemment, Devenir ne pouvait faire l’impasse sur Barack Obama. Mais lui aussi s’y fait très discret. («Je suis comme Jay-Z qui fait une apparition à un show de Beyoncé», rigole-t-il lorsqu’il effectuera une visite-surprise sur scène pour un court segment avec son épouse).

Michelle Obama avec sa mère Marian (à gauche).

Heureusement. Parce que cette femme charismatique d’une force de caractère et d’une droiture exceptionnelles a beaucoup à offrir. Un discours porteur, certes, mais aussi un humour et un sens de la répartie remarquables.

Michelle Obama est devenue une source d’inspiration pour un nombre incalculable de femmes (le livre a dépassé les 10 millions de copies). Ce sont les segments qui mettent en valeur cet aspect de sa personnalité qui sont les plus porteurs. Et touchants.

Outre les conférences, l’ex-Première dame de 56 ans rencontre des groupes communautaires, ce qui donne lieu à de beaux échanges sur le racisme toujours omniprésent aux États-Unis et son contexte («j’ai été Première dame, mais je suis descendante d’esclaves», souligne-t-elle avec emphase), ainsi que de simples lectrices.

Les discussions et l’attention qu’elle leur porte réellement sont des passages tout simplement lumineux. Surtout lorsqu’il s’agit de jeunes afro-américains ou issus des communautés culturelles. Michelle Obama croit qu’ils incarnent des vecteurs de changement et elle leur rappelle constamment de ne jamais laisser personne limiter leurs aspirations.

La réalisatrice Nadia Hallgren suit les règles de base du genre — notamment avec des gros plans de réaction de gens ébahis, voire proches de la crise de nerfs, lorsqu’ils rencontrent le sujet de leur admiration. Directrice de la photographie qui œuvre dans le documentaire, elle s’occupe d’ailleurs de la caméra dans Devenir, film complaisant produit par Higher Ground, la compagnie des Obama. Ceci explique cela : tout est minutieusement planifié.

Très consciente de son image, l’ex-Première Dame, malgré ses souhaits, ne peut échapper à ce qu’elle fut et restera pour toujours aux yeux des Américains et du reste du monde.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Devenir se termine sur un message d’espoir — le slogan de la campagne des Obama en 2008 : HOPE...

Devenir est disponible sur Netflix

Au générique

Cote : ***

Titre : Devenir

Genre : Documentaire

Réalisateur : Nadia Hallgren

Durée :1h31