Le clown maléfique Pennywise (Bill Skarsgård) resurgit 27 ans plus tard.

Ça — chapitre deux: le passé refait surface ** 1/2

CRITIQUE / Le deuxième chapitre de Ça (It) était attendu avec impatience après un premier long métrage qui réussissait à amplifier les peurs enfantines, tout en misant sur la force unificatrice de l’amitié et de la résilience. Mais cette suite, malgré son efficacité et sa solide distribution, n’a pas le charme de son prédécesseur, en plus de s’étirer inutilement.

Le film s’ouvre pourtant sur une puissante séquence — avec Xavier Dolan en vedette. Peut-être la plus effrayante de toutes parce qu’elle montre le visage du réel mal, celui qui revêt les habits de l’intolérance et de la peur de la différence…

Cette introduction met la table au retour de Pennywise (Bill Skarsgård, toujours aussi terrifiant). Le clown maléfique resurgit 27 ans après les disparitions multiples du premier. 

La bande des sept «perdants» qui avait fait le serment de le combattre à nouveau est donc de retour à Derry pour achever le travail. Les enfants ont vieilli, mais ils sont restés traumatisés, sans trop de souvenirs des événements qui s’y sont déroulés…

Le passé va refaire surface, la peur aussi. Et comme Pennywise s’en nourrit…

Les créateurs de cette nouvelle adaptation de Stephen King avaient décidé dès le départ qu’ils produiraient deux chapitres distincts au lieu de multiplier les aller-retour comme dans le livre culte. 

Le deuxième volet est néanmoins plombé par les nombreux retours en arrière tirés du premier et des séquences inédites. On comprend d’avoir voulu en faciliter la lisibilité (au point où ceux qui n’ont pas vu le premier, en 2017, vont tout saisir). Mais ça devient lourd…

D’autant que la répétition des scènes de cauchemars éveillés, pour chacun des personnages, s’avère extrêmement redondante. Et prévisible.

Andy Muschietti est de retour à la réalisation. Sa mise en scène, avec sa caméra nerveuse et très mobile, appuyée par un montage serré et créatif, remplit admirablement sa tâche, du moins dans la première heure. Elle s’enlise ensuite dans une volonté de pousser plus loin l’horreur au lieu de se concentrer sur les liens qui unissent les personnages.

Mais outre les longueurs (Ça dure 2h50), le cinéaste n’a pas réussi cette fois à exploiter les thèmes plus profonds comme à la première occasion : inceste, intimidation, maltraitance, maladies mentales, etc. 

Muschietti reste en surface, sauf peut-être en évoquant le sentiment de culpabilité qui ronge Bill Denbrough (James McAvoy, très bon) depuis la perte de son frère Georgie, il y a 27 ans. Dans le rôle de Beverly Marsh, Jessica Chastain est convaincante, mais n’a pas le charisme, étonnamment, de Sophia Lilis dans le même rôle.

Contrairement au Shining de Kubrick que Stephen King a souvent dénigré, le célèbre auteur va certainement aimer cette adaptation fidèle. D’autant qu’il y apparaît, en propriétaire grincheux d’un magasin d’antiquités.

Il y a un running gag dans Ça — Chapitre deux à propos de Bill Denbrough, devenu écrivain, qui n’arrive pas à trouver une bonne fin pour ses romans. 

On pourrait en dire autant de ce long métrage...

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : Ça — Chapitre deux

Genre : Drame d’horreur

Réalisateur : Andy Muschietti

Acteurs : Jessica Chastain, James McAvoy, Bill Hader, Bill Skarsgård

Classement : 13 ans +

Durée : 2h49

On aime : la solide distribution. L’efficacité de la réalisation.

On n’aime pas : les longueurs et les redondances. Le manque de charme et d’humour.