Le cinéma Le Tapis rouge a officiellement changé de mains. L’ancien propriétaire et fondateur Jacques Foisy (à droite) a passé les rênes à Joël Côté (à gauche) et Paul Langevin (au centre) qui comptent maintenir l’orientation de l’établissement.

Cinéma Le Tapis rouge: Joël Côté et Paul Langevin prennent les rênes

Trois-Rivières — Le cinéma Le Tapis rouge a deux nouveaux propriétaires. Il s’agit de Joël Côté et Paul Langevin, deux cinéphiles passionnés qui prendront officiellement possession de l’établissement des mains du fondateur Jacques Foisy le 30 août. Les acquéreurs ont indiqué qu’ils ne changeront rien pour l’instant à l’orientation de la programmation non plus qu’aux partenariats établis par le cinéma avec des événements ou des organismes.

On a préféré garder confidentiel le montant de la transaction mais on sait que Jacques Foisy demeurera associé au Tapis rouge en tant que programmateur, et ce, assurément pour les prochains mois. Comme les nouveaux propriétaires viennent d’autres horizons que le monde du cinéma, Joël Côté était animateur à la radio alors que Paul Langevin est psychologue, ils comptent profiter pleinement de l’expertise de l’ancien propriétaire qui œuvre dans ce domaine depuis 35 ans. 

Paul Langevin est établi à Trois-Rivières depuis 1992 et Joël Côté possède un pied-à-terre trifluvien bien que sa famille habite encore la région d’Asbestos. Il compte cependant venir s’établir à Trois-Rivières puisque les deux hommes se consacreront à temps plein à la gestion du complexe de quatre salles situé sur la rue Bellefeuille. Pour démontrer l’engagement à long terme des nouveaux propriétaires, Paul Langevin a indiqué qu’un nouveau bail a été signé avec le propriétaire de la bâtisse et qu’il peut s’étendre jusqu’à 15 ans. On a par ailleurs pu apprendre que Jacques Foisy a lui-même assuré une partie du financement de la transaction.

Ce dernier a expliqué sa décision de vendre par l’âge; même s’il assure que sa santé est bonne, arrivé à 74 ans, il lui apparaît judicieux de ralentir quelque peu ses activités. «L’autre raison, c’est que j’étais préoccupé d’assurer une bonne relève. J’ai eu la chance de rencontrer deux personnes qui ont la même passion que moi pour le cinéma et qui sont intéressées à poursuivre dans la même direction que celle que j’ai donnée au Tapis rouge que je laisse donc entre bonnes mains.»

L’offre est arrivée à un moment où les affaires du cinéma sont meilleures que jamais. «On vient de vivre notre meilleure année et de beaucoup, d’indiquer Jacques Foisy. Le cinéma a connu une très bonne croissance de clientèle depuis un an et demi. On a désormais accès à un plus grand choix de films ce qui aide beaucoup et ça nous a permis d’ajouter une salle l’an dernier. C’est prometteur pour le futur.»

Pour ce qui est de la transaction, il affirme qu’il y songe depuis longtemps. «J’ai été approché par plusieurs personnes au cours des dernières années qui me disaient de leur faire signe si jamais je décidais de prendre ma retraite. J’ai fait signe à tous en même temps cet été et messieurs Langevin et Côté se sont retournés très rapidement et on s’est entendu de façon très rapide sur les conditions.»

De son expérience globale avec le Tapis rouge, il assure qu’elle est très positive. «Quand j’ai ouvert, certains émettaient des doutes sur la viabilité économique d’un cinéma à long terme mais j’y croyais et j’ai fait la démonstration qu’un cinéma comme Le Tapis rouge pourrait vivre dans n’importe quelle région du Québec. Si je n’avais pas dû affronter les restrictions sur la disponibilité des films québécois les plus rentables, j’aurais ouvert des salles dans d’autres régions de la province.»

Nouvelles carrières

Les nouveaux propriétaires parlent de leur acquisition avec passion. «Pour nous deux, c’est une réorientation de carrière, d’affirmer Paul Langevin. C’est mon projet de retraite. J’ai 55 ans et je me dis que je pourrais y travailler jusqu’à 75 ans comme Jacques Foisy. Joël et moi allons nous y consacrer à temps plein dès maintenant. Dès l’ouverture en 2013, l’un et l’autre, nous sommes tombés amoureux de ce cinéma. En l’acquérant à deux, on va pouvoir se diviser les tâches et s’assurer qu’un de nous sera constamment présent pour assurer la gestion quotidienne. On veut tous les deux connaître à fond toutes les sphères de ce métier.»

«Il n’y a pas d’université pour apprendre à gérer un cinéma, dit pour sa part Joël Côté. On a la chance d’avoir un mentor exceptionnel en Jacques Foisy qui va nous en faire connaître toutes les facettes. On se donne notamment plusieurs mois pour bien connaître les subtilités de la programmation avant de prendre la relève à ce niveau. Le Tapis rouge est rentable et depuis deux ans particulièrement, on voit une progression significative de la clientèle.
Les gens connaissent de plus en plus l’endroit sans compter que l’accès aux films québécois les plus rentables est grandissant. Ça augure bien.»

«Il va y avoir des nouveautés, c’est certain. Nous avons de nombreuses idées de ce qu’on pourrait implanter ici mais toujours dans la stricte continuité de l’actuel Tapis rouge. Ce cinéma est aux Trifluviens et on est ouvert à toutes sortes d’activités qu’on peut présenter ici.»

Les nouveaux propriétaires ont indiqué dans la foulée la venue de films comme Il pleuvait des oiseaux, de Louise Archambault, Vivre à 100 milles à l’heure, de Louis Bélanger et Mathias et Maxime, le dernier film de Xavier Dolan cet automne.