Cinéma

À voir au FCVQ mardi

LE CYGNE DE CRISTAL

Darya Zhuk, MNBAQ, 19h

Le décapant et coloré Cygne de cristal flirte avec l’absurde à la Ionesco — surtout qu’il se déroule dans la Biélorussie postcommuniste. Après avoir commis une erreur dans sa demande de visa pour les États-Unis, Velya doit s’incruster dans une famille que la jeune femme ne connaît pas, en attendant auprès d’un téléphone qui ne sonne pas!

ALEXANDRE LE FOU

Pedro Pires, MNBAQ, 15h30

Pedro Pires a commencé sa carrière avec François Girard (notamment Le violon rouge), l’a poursuivie avec Robert Lepage (Triptyque), tout en traçant son chemin. Il présente en compétition son plus récent effort, un film incandescent sur un schizophrène qui cherche l’amour auprès d’une psychotique...

CIMES

Daniel Daigle, MNBAQ, 21h30 

Cinéma

«Le Grand Froid 2»: Place d’Youville comme vous ne l’avez jamais vue

Fort du succès remporté l’an dernier par son expérience de «réalité virtuelle bonifiée» à Place d’Youville, le Festival de cinéma de la Ville de Québec (FCVQ) offre au public la chance de (re) découvrir ce concept qui pose les jalons du cinéma de demain.

La première mouture du Grand Froid proposait une virée spatio-temporelle dans une Place d’Youville dystopique. La nouvelle version, bâtie autour du thème du rassemblement, fruit du travail de José Morin, Pishier et Simon Giguère, élève l’expérience d’un cran avec l’ajout d’éléments sensoriels. Moins glauque, plus festive et encore plus déconcertante.

Multisensoriels

Après avoir enfilé une paire de lunettes et un casque d’écoute, le visiteur, assis sur un fauteuil, se retrouve grâce à la magie de la technologie sur un chariot se déplaçant sur des rails, comme dans les montagnes russes, la vitesse en moins.

La reconstitution de Place d’Youville, cœur du FCVQ, avec ses immeubles et son architecture, est confondante. Au-dessus de notre tête, le même dôme, où virevoltent les flocons de neige.

Dès le départ, à notre droite, des hommes regroupés autour d’un feu, à une époque fort lointaine. Un appareil placé près du fauteuil crée l’illusion de la chaleur. La lampe de poche fournie au départ permet d’éclairer, ici et là, des éléments du décor et de faire jaillir des styles musicaux de personnages.

Le visiteur perd la notion du temps et de l’espace. Le chariot prend un temps d’arrêt devant un immeuble d’Honoré-Mercier où se déroule un party monstre, avant de reprendre sa route. Sous notre siège, quelques vibrations. Juste avant l’arrivée, une légère brise nous caresse le visage. Des flocons de neige tombent lentement.

Pendant cinq minutes, l’esprit est transporté dans une autre dimension, mais le corps, lui, il faut se le rappeler par moment, demeure au même endroit. On quitte cet univers avec la drôle de sensation d’avoir vécu un rêve éveillé. 

Il en coûte 5$ pour vivre l’expérience immersive du Grand Froid 2.

Cinéma

Brad Pitt parle apesanteur et... corne des pieds avec un astronaute

WASHINGTON — Brad Pitt a appelé la Station spatiale internationale (ISS) lundi et la conversation avec l'astronaute américain Nick Hague a vite roulé sur les conséquences inattendues de la vie en apesanteur.

«La corne de mes pieds a rapidement disparu, car je ne marche plus sur la plante des pieds», a expliqué Nick Hague, qui occupe actuellement l'ISS avec deux autres Américains, deux Russes et un Italien. «Mais j'ai des callosités sur le dessus du pied, sur le gros orteil, car je suis constamment en train de m'accrocher aux choses avec le gros orteil.»

Cinéma

À voir au FCVQ lundi

POUR SAMA

Edward Watts, Waad Al-Kateab, MNBAQ, 13h

Une proposition qui nous permet de voir de l’intérieur comment la population civile a vécu la guerre en Syrie. Pour Sama est la lettre d’amour d’une jeune mère à sa fille qui chronique les cinq années du soulèvement d’Alep et un dilemme intolérable : partir ou rester?

CINÉPHILO

Collectif, Agora de l’Assemblée nationale, 19h30

Cinéma

«Jojo Rabbit» récompensé à Toronto

TORONTO — Surprise au Festival international des films de Toronto : la comédie satirique «Jojo Rabitt» de Taika Waititi a remporté dimanche le prix du public.

Le film, qui se passe pendant la Seconde Guerre mondiale, raconte l'histoire d'un Allemand membre des Jeunesses hitlériennes qui découvre que sa mère cache une jeune fille juive dans le grenier de la maison. Ce long-métrage met en vedette Scarlett Johansson, Rebel Wilson et le réalisateur Waititi qui interprète le rôle de l'ami imaginaire de l'enfant : une version flamboyante d'Adolf Hitler.

Cinéma

«Bull», portrait d'une Amérique à l'abandon, couvert de récompenses à Deauville

DEAUVILLE — Le 45e Festival du cinéma américain de Deauville a décerné trois prix à «Bull» («taureau») d'Annie Silverstein, portrait d'une Amérique de Trump abandonnée par ses politiques, a annoncé samedi Catherine Deneuve, présidente d'un des jurys.

Ce premier film «dresse un tableau extrêmement juste et troublant de l'Amérique de Donald Trump, cette Amérique abandonnée par ses politiques que ce soit dans l'école ou dans la santé», a estimé la comédienne Anna Mouglalis, présidente du jury de la révélation qui a, comme le jury de Catherine Deneuve, et celui de la critique, couronné «Bull».

Le film raconte la rédemption de Kris, une adolescente de 14 ans vivant dans la banlieue pauvre de Houston. La jeune fille donne l'impression de suivre le chemin de sa mère, qui purge une peine de prison.

Après avoir saccagé la maison de son voisin dans un acte purement gratuit, elle doit faire amende honorable, et prêter main forte au propriétaire de la maison vandalisée qui est une ancienne gloire du rodéo. Elle se découvre alors une passion pour l'art de monter les taureaux à cru.

Gérard Lefort, président du jury de la critique, a salué de son côté «une histoire captivante, une actrice sidérante de maturité [Amber Havard] malgré son jeune âge, des situations dérangeantes et imprévisibles».

Pour le journaliste, ce film «invente un territoire tant par son cadrage, son montage, son scénario, sa façon d'entremêler le documentaire à la fiction».

«Actrice sidérante»

«C'est un film politique sans jamais être dogmatique, a ajouté Anna Mouglalis. La réalisatrice réinvente le récit d'apprentissage sur fond de désastre social. Elle renverse tous les codes déjouant les clichés au sein d'une Amérique qu'on croit connaître, celle du Texas et du milieu du rodéo.»

Le film, qui avait aussi fait partie de la sélection Un certain regard à Cannes, n'a pas de date de sortie en France. Sa réalisatrice n'a pas pu faire le déplacement à Deauville, selon les organisateurs.

Quatorze films «ambitieux et réussis» étaient en compétition dont neuf premiers films et six signés par des femmes, selon Catherine Deneuve.

Outre le Grand Prix attribué à Bull, son jury a également décerné un prix à deux autres films, une comédie et un film plus sombre. The Climb est un premier film de Michael Angelo Covino, comédie sur l'amitié entre deux quadragénaires, «presque un film de Claude Sautet», avec une apparition de Judith Godrèche, selon Bruno Barde, directeur du festival. Arrive ex-aequo à cette seconde place The Lighthouse de Robert Eggers, avec Robert Pattinson et Willem Dafoe, «un film en noir et blanc hypnotique et hallucinatoire, un peu dérangeant sur deux gardiens de phare qui vont se battre», selon Bruno Barde.

Catherine Deneuve a également décerné un Prix spécial du 45e anniversaire du Festival à Swallow («avale»), de Carlo Mirabella-Davis. Le film raconte l'histoire d'une jeune femme mariée à un homme incarnant la réussite sociale et souffrant d'un syndrome qui la pousse à manger des objets.

«Il est important de reconnaître que nous avons à la Maison-Blanche quelqu'un de raciste et de sexiste, dont il faut essayer d'éviter qu'il soit réélu», a dit samedi soir le réalisateur en recevant son prix pour un film qu'il veut «féministe».

Le Prix du public de la Ville de Deauville revient à The Peanut Butter Falcon de Tyler Nilson et Michael Schwartz. Ce premier film réjouissant conçu pour un acteur trisomique raconte dans l'esprit de Mark Twain l'histoire d'un jeune handicapé qui a fui la maison de retraite où il était retenu malgré ses 22 ans. Il affiche une distribution remarquable (Shia Labeouf, Dakota Johnson, John Hawkes, Thomas Haden Church, Bruce Dern).

En tête à l'applaudimètre de la salle de 1500 personnes samedi soir à Deauville, Port Authority de Danielle Lessovitz, une histoire d'amour entre un jeune homme en conditionnelle et une jeune femme transsexuelle, n'a remporté aucun prix.

Cinéma

Boris Johnson, un fan du «Parrain» qui embarrasse Coppola

LONDRES — Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi ou... Boris Johnson. Le légendaire réalisateur Francis Ford Coppola a confié son embarras à l’idée que certains fans de son film «Le Parrain» puissent y trouver source d’inspiration, étrillant au passage un Brexit qui va selon lui mener le Royaume-Uni «à sa ruine».

Dans un courriel au site Financial News basé à Londres, le cinéaste américain se dit embarrassé que «+Le Parrain+ semble être le film préféré des personnages les plus brutaux de l’histoire récente, dont Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi et d’autres».

«Je me sens mal que des scènes d’un film de gangsters puissent servir d’inspiration dans le monde réel ou encouragent quelqu’un qui est sur le point de mener le Royaume-Uni bien-aimé à sa ruine», confie Coppola, même s’il s’avoue «incompétent à donner (son) avis sur des questions politiques».

Interrogé par le tabloïd Daily Mail début juillet, avant qu’il n’accède au poste de premier ministre, sur sa scène préférée au cinéma, Boris Johnson avait cité la scène des représailles sanglantes à la fin du premier épisode du «Parrain» (1972), dans laquelle Al Pacino massacre les chefs des clans rivaux de New York.

Cet aveu est devenu un mème sur les réseaux sociaux lorsque «BoJo», qui tient à ce que le Royaume-Uni quitte l’UE le 31 octobre coûte que coûte, n’a pas hésité à faire expulser 21 députés conservateurs rebelles qui s’opposaient à sa stratégie.

«J’aime le Royaume-Uni et ses nombreuses contributions aux avancées de l’humanité, de notre magnifique langue à la physique newtonienne ou la pénicilline, et je suis horrifié qu’il puisse ne serait-ce qu’envisager une chose aussi insensée que de quitter l’Union européenne», ajoute M. Coppola, 80 ans, cité par le site d’information financière.

À ses yeux, les conséquences du Brexit pourraient plutôt s’apparenter à Apocalypse Now (1979), son film culte sur la guerre du Vietnam.

Cinéma

À Deauville, Kristen Stewart en Jean Seberg harcelée par le FBI

DEAUVILLE — L’actrice américaine Kristen Stewart a présenté vendredi à Deauville «Seberg», un thriller dans lequel l’icône de la nouvelle vague voit sa vie détruite par le FBI parce qu’elle a financé les Black Panthers.

À la fin des années 60, «le FBI a diffamé Jean Seberg et illégalement acquis des informations pour saboter sa carrière et sa vie privée. Et ce qui est fou c’est qu’on ne le sache que maintenant parce que cela a été camouflé avec succès», a déclaré devant des journalistes à Deauville l’actrice qui donnait la réplique à Robert Pattinson dans Twilight.

La sortie en France de «Seberg» dans lequel jouent également Anthony Mackie, Vince Vaughin et Ivan Attal (dans le rôle de Romain Gary, mari de Jean Seberg) «n’est pas fixée» selon son distributeur.

Projeté vendredi soir dans une salle de 1.500 personnes dans le cadre du festival du cinéma américain de Deauville, le film a été brièvement applaudi par le public.

L’icône d’»A bout de souffle» a «dû s’expatrier et elle n’est jamais revenue parce qu’elle avait été attaquée vraiment violemment», a ajouté la comédienne qui a reçu le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour «Sils Maria» du réalisateur français Olivier Assayas.

Le film basé sur «des faits, et des documents du FBI» n’est «pas un biopic sur la vie de Jean. Je voulais me concentrer sur ce qui lui est arrivé entre 1968 et 1971», ajoute le réalisateur Benedict Andrews dans le dossier de presse du film.

«Jean n’a en aucun cas été la plus grande victime de cette campagne de harcèlement systématique et de persécution du FBI. Son destin fait figure d’une sorte de tragédie, une vie lumineuse détruite par la machinerie de la surveillance d’État», poursuit le réalisateur australien qui signe son second long métrage.

Pour Benedict Andrews, «l’histoire de Jean reflète directement notre réalité actuelle: le racisme impressionnant de la politique américaine, le défi de distinguer la vérité des mensonges à l’ère des dites fake news, et une culture de la surveillance de masse».

Avec à sa tête Edgar Hoover, le FBI avait mené une impitoyable guerre qui aboutit à la décomposition des Black Panthers la fin des années 70. Cette campagne a été condamnée par le Congrès selon le film.

Cinéma

Corruption pour entrer à l’université: 2 semaines de prison pour Felicity Huffman

BOSTON — L’actrice américaine Felicity Huffman a été condamnée vendredi à deux semaines de prison pour avoir payé 15 000 dollars afin de falsifier les tests d’entrée à l’université de sa fille aînée, dans le cadre d’un vaste scandale de corruption qui a éclaboussé la jet set.

L’actrice de 56 ans, devenue mondialement célèbre pour son rôle dans la série télévisée Desperate Housewives, avait plaidé coupable en mai : elle avait admis avoir versé ces 15 000 dollars au responsable d’une société spécialisée dans la préparation aux tests SAT d’entrée dans les universités américaines, pour que les résultats de sa fille aînée soient améliorés.

Felicity Huffman, venue au tribunal en robe bleu marine, accompagnée de son mari William Macy, devrait commencer à purger sa peine dans six semaines, le 25 octobre.

Sur la trentaine de parents inculpés dans cette affaire, elle est la première à connaître sa peine.

L’audience au tribunal fédéral de Boston vendredi était considérée comme un test de la sévérité que montrerait la justice face à des accusés blancs et fortunés.

Le procureur fédéral avait demandé à la juge Indira Talwani une peine légère d’un mois de prison, faisant notamment valoir que de riches parents ne pouvaient pas impunément corrompre le système d’admissions.

Les avocats de l’actrice avaient eux plaidé contre la prison, proposant un an de liberté conditionnelle, des travaux d’intérêt général et une amende de 20 000 dollars.

«Acquitter votre dette»

La juge Indira Talwani a tranché pour une brève incarcération, assortie de 30 000 dollars d’amende et de 250 heures de travaux d’intérêt général.

Cette peine permettra selon elle à l’actrice de «reconstruire sa vie». «Après cela, vous aurez acquitté votre dette», a déclaré la juge, selon des journalistes présents dans la salle. «Sans cette sentence, les gens vous demanderaient à l’avenir comment vous vous en êtes tiré à si bon compte».

«J’accepte sans réserve la décision d’aujourd’hui [...] il n’y a pas d’excuse ni de justification pour ce que j’ai fait», a assuré Felicity Huffman, dans une déclaration transmise par un porte-parole.

«Je peux vous promettre que dans les mois et années à venir, je vais essayer de mener une vie plus honnête, donner un meilleur exemple à mes filles et ma famille», a ajouté l’actrice.

Dans une lettre de trois pages envoyée au juge début septembre, l’actrice avait expliqué pourquoi elle avait jugé bon de payer pour falsifier les tests de sa fille, qui avait eu une scolarité difficile, mais ne lui avait rien demandé.

«Être une bonne mère»

«Dans ma volonté désespérée d’être une bonne mère, je me suis convaincue que je ne faisais que donner à ma fille une chance honnête», écrivait l’actrice. «Je vois maintenant l’ironie qu’il y a là-dedans, car ce que j’ai fait était le contraire d’honnête. J’ai enfreint la loi, trompé le monde éducatif, trahi ma fille et n’ai pas été à la hauteur de ma famille.»

Felicity Huffman, qu’on peut voir depuis août sur Netflix dans une nouvelle comédie, Otherhood, ajoutait qu’elle éprouverait «honte et regrets» pour le reste de sa vie.

50 accusés

Au total, 50 personnes ont été poursuivies dans ce dossier de corruption, dont une trentaine de parents, pour certains patrons d’entreprises ou avocats.

Ils sont accusés d’avoir payé des sommes allant jusqu’à 6,5 millions de dollars pour faciliter l’entrée de leurs enfants dans de prestigieuses universités, dont UCLA, l’Université de Californie du Sud (USC), Stanford, Yale ou Georgetown. Vingt-trois personnes ont déjà plaidé coupable.

Le scandale avait éclaté mi-mars : l’ex-patron d’une société spécialisée de préparation aux examens, William Singer, avait reconnu avoir mis sur pied un système bien rodé, allant de la triche aux examens jusqu’à la corruption d’entraîneurs sportifs universitaires, pour garantir l’admission de ces enfants de la bonne société dans de bonnes universités.

M. Singer, qui aurait reçu au total environ 25 millions de dollars, a collaboré avec les enquêteurs et enregistré ses conversations avec plusieurs parents, dont Felicity Huffman.

L’autre célébrité impliquée dans ce scandale est l’actrice Lori Loughlin, surtout connue pour son rôle dans la série La fête à la maison.

Elle et son mari ont plaidé non coupable, et attendent leur procès.

Cinéma

Festival de Toronto : l'espace s'explore au féminin et au-delà des stéréotypes

TORONTO — La conquête de l’espace se décline au féminin cette année au Festival de Toronto (Tiff) avec deux films dans lesquels Natalie Portman et Eva Green explorent, chacune à leur manière, les tourments des femmes astronautes.

«Lucy in the Sky» s’ouvre avec Natalie Portman en apesanteur, zen dans sa grosse combinaison spatiale, suppliant ses supérieurs de rester quelques minutes de plus dans l’espace, au-dessus de la Terre, avant de retourner sur le plancher des vaches et de retrouver la routine du quotidien.

Dans «Proxima», Eva Green navigue à travers les défis que rencontrent les astronautes, un club élitiste peu ouvert aux femmes, et en particulier l’exigeante préparation au voyage dans l’espace.

Les deux actrices marchent dans les pas d’autres grandes stars d’Hollywood ayant enfilé le costume d’astronautes au cours des dernières années: George Clooney et Sandra Bullock («Gravity»), Matt Damon («Seul sur Mars»), Matthew McConaughey («Interstellar»), Ryan Gosling («First Man: Le Premier homme sur la Lune») et Brad Pitt dans «Ad Astra», bientôt sur les écrans.

Tourner dans une épopée spatiale «est tellement un rêve d’enfant», a confié Natalie Portman à l’AFP. «Il y a seulement environ 80 personnes qui, jusqu’à présent, sont allées dans l’espace... c’est vraiment une rare opportunité et ce sont des personnalités uniques» qui ont réalisé ces voyages spatiaux.

«Je pense que je suis un peu trop âgée maintenant» pour postuler à la Nasa, a plaisanté l’actrice américaine de 38 ans. «Mais peut-être pas, il paraît que les voyages dans l’espace seront tous privatisés bientôt...»

«Crise existentielle»

Si elle y parvient, il faut espérer que son retour sur Terre se passe mieux que pour son personnage dans «Lucy in the Sky».

Ce film s’inspire en effet de la vie de Lisa Nowak, astronaute américaine dont la presse à potins a fait ses choux gras après son arrestation pour avoir agressé en 2007, après son retour sur Terre, une autre femme en raison de sa liaison avec un astronaute pour qui elle avait le béguin.

Pour son rôle au cinéma, Portman s’est surtout attachée à l’aspect philosophique de cette histoire.

«C’est tellement rare de voir à l’écran une histoire de femme ayant une crise existentielle», a estimé la comédienne qui se demande: «Quand on revient de l’espace, qu’on a vu la Terre comme un objet anodin... à quoi rime la vie sur Terre quand on a vu toute la galaxie ?».

La réalisation de ce film joue par ailleurs avec les formats: écran extra-large quand l’héroïne est dans l’espace, réduit à 4/3 quand elle est de retour dans sa banlieue texane.

Le but était ainsi «de vous placer dans l’état d’esprit» du personnage de Natalie Portman, a expliqué à l’AFP le réalisateur du film Noah Hawley, dont la réalisation a été modérément saluée par la critique.

«Geler ou rôtir à en mourir»

En revanche, les spécialistes du 7e art ont applaudi «Proxima», et notamment le fait d’avoir tourné ce film français en partie en Allemagne, dans les locaux où l’Agence spatiale européenne prépare ses astronautes aux voyages dans l’espace.

Eva Green incarne dans ce long métrage une mère qui est déchirée par des sentiments contradictoires alors qu’elle se prépare à une longue mission spatiale qui va donc la séparer de manière prolongée de sa jeune fille.

Là encore, la fragilité des émotions humaines est explorée: la réalisatrice Alice Winocour a expliqué à la presse qu’elle voulait aller au-delà du stéréotype de l’astronaute «superman».

Les deux personnages incarnés par Natalie Portman et Eva Green sont des perfectionnistes qui luttent pour composer avec des niveaux de stress dépassant l’ordinaire.

«Rien n’est plus dangereux que de s’installer littéralement dans une bombe géante, une fusée, et d’aller là où il n’y a ni air, ni eau, et où vous pouvez soit geler ou rôtir à en mourir, si les choses tournent mal», a observé Noah Hawley.

Cinéma

Le film de la semaine: Il pleuvait des oiseaux *** 1/2

CRITIQUE / La rentrée automnale au cinéma québécois s’amorce de belle façon avec l’adaptation du très acclamé roman de Jocelyne Saucier, «Il pleuvait des oiseaux». La réalisatrice Louise Archambault fait sienne la prose de l’auteure abitibienne pour offrir une œuvre toute en finesse sur le droit de chacun de comme il l’entend le dernier droit de sa vie.

Vivre selon ses convictions, loin de la civilisation, poussé par le besoin irrépressible «de n’exister pour personne», c’est ce qui a poussé Tom (Rémy Girard) et Charlie (Gilbert Sicotte) à se réfugier dans une cabane au fond des bois. Loin de la cohue urbaine, leur existence est faite de piégage de lièvres au collet, de baignade dans un lac en tenue d’Adam et de culture du cannabis.

Cinéma

Aquarela: L’odyssée de l’eau *** 1/2

CRITIQUE / Il faut absolument voir «Aquarela» dans une salle de cinéma. Pour le sujet traité par Viktor Kosskovasky dans son documentaire, bien sûr, mais surtout pour le rendu spectaculaire de cette odyssée de l’eau sur toute la planète. Le cinéaste a utilisé un équipement spécial avec un résultat visuellement hallucinant et hypnotique.

Depuis toujours, ou presque, les films sont tournés à 24 images par seconde. Le réalisateur russe a cette fois opté pour du 96 images par seconde. La résolution, à l’écran, est absolument magnifique.

Cinéma

Festival de cinéma de la Ville de Québec: tapis rouge, quartier animé

Le Festival de cinéma de la ville de Québec, dont le rayonnement ne cesse de prendre l’ampleur depuis sa création, avait revêtu ses plus beaux atours, jeudi soir, à l’occasion de sa soirée d’ouverture. Le tapis rouge arpentant la place d’Youville jusqu’au Palais Montcalm a accueilli plusieurs dignitaires, au premier rang les artisans du long-métrage québécois Il pleuvait des oiseaux.

Louise Archambault (Gabrielle), ne cachait pas sa fébrilité à présenter son troisième film en carrière, dont l’essentiel du tournage s’est déroulé à l’an dernier, au cœur de la forêt Montmorency, au nord de la capitale.

La réalisatrice était accompagnée pour ce soir de première, bercé par les mélodies de l’Orchestre symphonique de musique de film de Québec, par les comédiens Rémy Girard, Gilbert Sicotte, Ève Landry et Éric Robidoux. Une autre figure marquante du film, Andrée Lachapelle, n’a pu se déplacer pour l’occasion.

Plusieurs membres des différents jurys étaient sur place, dont Marianne Farley, Francine Ruel, Sophie Faucher, Antoine Pilon, Julianne Côté et le caricaturiste du Soleil, André-Philippe Côté.

La chanteuse Ginette Reno était aussi de la soirée, débarquée à Québec à titre de grande amoureuse de cinéma. «On m’a demandé de faire partie du jury, mais mon horaire était trop chargé. Mais vu que je suis une cinéphile, j’ai demandé si je pouvais venir pareil, un soir ou deux.»

Cinéma

Maggie Smith: grincheuse, mais si attachante

LONDRES — Monument du théâtre et du cinéma britannique, Maggie Smith a conquis l’affection d’un vaste public international avec le rôle de l’acariâtre, mais terriblement attachante comtesse douairière Lady Violet dans la série télévisée Downton Abbey, dont l’adaptation sur grand écran a été présentée en première mondiale lundi à Londres.

Deux Oscars, quatre Emmy awards, trois Golden Globes, un Tony Award, cinq Baftas pour des rôles d’actrice... À 84 ans, Maggie Smith a raflé un nombre impressionnant de récompenses, qui soulignent son talent sur les planches comme au petit et grand écran.

«Dame Maggie» a embrassé des rôles aussi différents que mère supérieure aux côtés de Whoopi Goldberg dans Sister Act (1992), professeure de «métamorphose» dans les films de la saga Harry Potter, chaperon névrosée dans Chambre avec vue (1986) ou vieille dame SDF dans The Lady in the Van (2015).

Mais c’est le personnage de la comtesse de Grantham, Lady Violet, aux répliques délicieusement vachardes et aux mimiques hilarantes, qui lui a apporté une célébrité planétaire.

«C’est ridicule. Je menais une vie parfaitement normale avant Downton Abbey», série vendue dans plus de 150 pays, racontait l’actrice en avril 2017 au British Film Institute (BFI). «J’allais au théâtre, dans des galeries d’art, des choses de ce genre, toute seule. Maintenant je ne peux plus», se lamentait-elle.

L’actrice a interprété l’impitoyable aristocrate pendant six saisons de la série télévisée (2010-2015), décrochant un Golden Globe et trois Emmy Awards, prestigieuses récompenses de la télévision américaine.

«Elle est merveilleuse. C’est l’une de nos plus grandes actrices», a déclaré Julian Fellowes, le créateur de la série TV, avant la première du film Downton Abbey à Londres.

«Faites lui dire “Bonjour”, et ce sera désopilant. Peu importe ce qu’elle dit, c’est avec le ton juste», témoigne aussi l’actrice Imelda Staunton, qui se querelle avec Maggie Smith dans la version cinéma.

Après avoir d’abord refusé, l’actrice a finalement accepté de participer au film Downton Abbey, qui sortira vendredi au Royaume-Uni et le 25 septembre en France.

«Intolérante avec les imbéciles» 

Née le 28 décembre 1934 à Ilford en Angleterre, Margaret Smith débute sur les planches de l’Oxford Playhouse au début des années 1950. Elle rejoint ensuite la troupe du théâtre londonien de l’Old Vic, puis celle du Royal National Theatre où elle enchaîne les succès, aux côtés de son mari, l’acteur Robert Stephens.

Sa carrière au cinéma décolle dans les années 1960 et elle décroche en 1969 l’Oscar de la meilleure actrice pour Les belles années de miss Brodie.

Sur le plan personnel, en revanche, son mariage avec Robert Stephens, alcoolique, infidèle et dépressif, s’effondre en 1973. Elle divorce en 1975 et se remarie peu de temps après avec le dramaturge Beverley Cross, avec lequel elle part vivre et travailler au Canada.

Artiste britannique parmi les plus connues et les plus célébrées, Maggie Smith a été faite Dame commandeur de l’ordre de l’Empire britannique en 1990 et Compagnon d’honneur en 2014, récompensée pour services rendus au pays dans le domaine des arts.

La comédienne est connue pour son humour et son souci de la perfection, virant à la férocité.

«C’est vrai que je ne tolère pas les imbéciles, et par conséquent ils ne me tolèrent pas, et donc je me hérisse. C’est peut-être pour cela que je suis assez bonne pour jouer les vieilles dames acariâtres», a-t-elle avoué au Guardian en 2014.

Elle a ainsi excellé en interprétant la très snob et glaçante Lady Constance dans le film Gosford Park de Robert Altman (2001), dont le scénariste était Julian Fellowes, qui écrira Downton Abbey.

Elle «peut capturer en un instant plus que de nombreux acteurs peuvent transmettre dans tout un film. Elle peut être en même temps vulnérable, féroce, sombre et hilarante et apporte chaque jour au plateau l’énergie et la curiosité d’un jeune acteur qui vient de débuter», a dit d’elle Nicholas Hytner, qui l’a dirigée dans The Lady in the van (2015).

Cinéma

Les frères Russo mettent le cap sur la fiction politique

TORONTO — Après le succès planétaire des superhéros d’Avengers : Endgame, le film aux plus grosses recettes de l’histoire du cinéma, les réalisateurs américains Joe et Anthony Russo annoncent un changement de cap, avec des projets de fictions politiques se déroulant à l’international.

Dans un entretien à l’AFP en marge du Festival du film de Toronto (TIFF), les frères Russo ont confié que l’influence que procure un tel succès au box-office mondial était «un outil extrêmement puissant, bien plus que l’on peut imaginer». Et que cet outil peut être utilisé à des fins «positives ou négatives», dit Joe Russo.

C’est lors de leurs nombreux déplacements à travers le monde pour promouvoir le 22e film de l’univers cinématographique Marvel que les deux frères ont commencé à explorer de nouveaux projets.

Le résultat est une liste de fictions qui seront produites par leur tout nouveau studio, AGBO.

La première est Mosul, sur une unité d’élite irakienne qui s’est battue contre le groupe jihadiste État islamique pour la reconquête de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, et qui vient d’être présentée hors compétition à la Mostra de Venise.

La fiction a été entiè­rement tournée en arabe, une première pour un film d’action hollywoodien.

«Nous savions que ce film devait être fait, parce qu’il n’avait jamais été fait», confie Anthony Russo.

Ouverts à la nouveauté

Les réalisateurs préparent également Dhaka, une histoire sur l’enlèvement d’un homme d’affaires bangladais tournée principalement en Inde.

La politique est également le fil conducteur d’un autre de leurs projets, un film sur la crise des opiacés responsable d’une vague de d’overdoses mortelles en Amérique du Nord, notamment dans leur État d’origine, l’Ohio.

«Nous vivons à une époque où il y a beaucoup de divisions — la division est encouragée», estime Joe Russo. «Soit vous vous préoccupez d’abord de vous-même, soit vous vous préoccupez de la communauté».

«Et nous choisissons de nous préoccuper de la communauté», tranche-t-il.

Les frères aimeraient bien que Mosul soit vu par la Maison-Blanche.

«Il est clair que les États-Unis se sentent coupables d’avoir créé le problème en Irak, et l’État islamique est le résultat direct de la guerre dans ce pays», pense Joe Russo.

«Joe et moi adorons les grandes histoires mondiales», renchérit son frère Anthony. «Le cinéma occupe une place de choix pour aider les gens à s’ouvrir à de nouvelles expériences et à de nouvelles idées».

«Nos films pour Marvel comptent parmi nos favoris dans tout ce que nous avons fait», précise-t-il néanmoins.

À court terme, les frères ne sont engagés dans aucun des projets de Marvel, la filiale de Disney, grâce à laquelle ils avaient acquis leurs lettres de noblesse en 2014 avec le succès de Captain America, le soldat de l’hiver. Mais un retour n’est pas non plus écarté, selon Anthony.

Cinéma

«Bob Bissonnette: Rockstar. Pis pas à peu près»: L’homme derrière le phénomène

«Je l’ai fait pour moi, la famille, les chums, les fans et tous ceux qui n’ont pas eu la chance de croiser son chemin.»

La mort de Roberto «Bob» Bissonnette, dans un tragique accident d’hélicoptère le 4 septembre 2016, à 35 ans, a solidement ébranlé Bruno Lachance — l’onde de choc s’est répandue partout au Québec. Il se lance dans le projet un peu fou de tourner un documentaire sur ce marchand de bonheur afin de révéler l’homme derrière le phénomène. C’en était tout un. Assez pour attirer 7000 personnes vendredi au stade Canac pour la projection du film… «Ça va être particulier!» comme disait le réalisateur.

Cinéma

Daniel Radcliffe tourne un peu plus le dos à Harry Potter

TORONTO — Dans son dernier rôle, Daniel Radcliffe incarne un jeune homme sans histoire qui se retrouve subitement otage d’un jeu macabre filmé en direct pour un site du dark Web : film après film, l’interprète de Harry Potter s’éloigne un peu plus de la saga qui a fait de lui une célébrité.

Dans Guns Akimbo de Jason Lei Howden, présenté en avant-première au Festival du film de Toronto (TIFF), le concepteur de jeux vidéo qu’il incarne se réveille d’une violente agression avec un pistolet greffé au bout de chaque main.

Gladiateur des temps modernes malgré lui, il sera contraint de livrer une lutte sans merci pour récupérer son amie, kidnappée, pour le plus grand divertissement d’une communauté d’internautes avide de violence.

Un jeune passant subitement de l’anonymat à une célébrité qui change sa vie, cela rappelle-t-il quelque chose à l’ex-enfant acteur devenu en quelques années le visage d’une saga cinématographique au succès planétaire?

«Ah oui, je suppose! Je n’avais même pas fait le rapprochement, assure-t-il dans un entretien à l’AFP. Mon dieu, il faut que j’appelle mon psy!»

«Contes de fées bizarres»

Pourquoi avoir accepté ce rôle? «J’ai fait pas mal de choses qui ressemblent à des contes de fée bizarres, comme dans Cornes (2014) ou Swiss Army Man (2016), dit-il. Ils parlent tous de quelqu’un qui mène une vie normale et à qui arrive quelque chose de fou, qui le transforme en profondeur.

«Donc je suppose que j’aime ce genre d’histoires, des histoires qui prennent un virage dingue vers quelque chose qui nous parle. Et ce film tombe tout à fait dans cette catégorie», ajoute-t-il.

Guns Akimbo, avec son esthétique de bande dessinée noire, sa violence sanguinolente, ses personnages qui s’entretuent à coups de pistolets, marteaux, voire bazookas, encouragés par une communauté en ligne particulièrement sadique, est aux antipodes de l’univers de Poudlard.

«Ce film est inspiré par les recoins les plus sombres d’Internet et d’une partie des réseaux sociaux, mais ce n’est pas nécessairement le cœur de son propos», insiste l’acteur britannique de 30 ans. «Je ne crois pas qu’on doive s’inspirer de ce film pour trouver ses valeurs morales!» 

Cinéma

Javier Bardem porte son combat pour l’environnement à Toronto

TORONTO — Le cinéma «peut et doit» conscientiser la population à la lutte contre les changements climatiques, a plaidé mercredi au Festival du film de Toronto (TIFF) l’acteur espagnol Javier Bardem, venu présenter en première mondiale son documentaire «Sanctuaire» qui le suit en Antarctique avec l’ONG Greenpeace.

Tourné l’an passé, ce film suit Bardem et son frère Carlos alors qu’ils accompagnent une mission dans le continent blanc de l’organisation écologiste qui milite pour que cette région soit sanctuarisée et préservée de toute activité humaine.

L’expédition en Antarctique a même conduit l’Oscar 2008 du meilleur second rôle masculin dans un mini sous-marin, d’une capacité de deux personnes, afin de prélever sur le fond de l’océan des échantillons devant démontrer les ravages du réchauffement de la planète et de la pêche intensive.

«Heureusement que je ne suis pas claustrophobe... c’était comme être dans un œuf Kinder!», a-t-il raconté à l’AFP à Toronto.

Farouche défenseur de l’environnement, il avait appelé il y a trois semaines à New York, dans un vibrant plaidoyer au siège des Nations unies, à la signature d’un traité international pour protéger les océans de la planète.

«Nos océans sont au point de rupture et nous en sommes tous en partie responsables», avait-il déclaré à la tribune de l’ONU, appelant les représentants de l’organisation internationale à agir «ici et maintenant».

Mais, a-t-il insisté au festival canadien, Hollywood «a aussi le potentiel de rejoindre des millions de personnes» pour accélérer la transition vers un monde plus respectueux de l’environnement.

Récemment, lors de discussions avec Disney pour un remake de la Petite sirène, dans lequel il incarnerait le roi Triton, Javier Bardem a insisté auprès du réalisateur Rob Marshall afin d’ajouter un message écologiste au film, a-t-il raconté à l’AFP.

«Il faut profiter de cette merveilleuse et belle histoire de (Hans Christian) Andersen pour y intégrer la pollution des océans» dans l’intrigue, a fait valoir M. Bardem.

«On peut rejoindre des millions et des millions de jeunes ... c’est ce que ce genre de films pourrait et devrait faire», a-t-il estimé.

Rob Marshall était «très ouvert» à cette suggestion, selon Javier Bardem, même si convaincre le géant du divertissement américain qui produit le film est une autre affaire : «C’est une grosse machinerie, c’est n’est pas l’auteur (...) C’est Disney».

Cinéma

Toujours moins de femmes derrière les caméras, dénonce Geena Davis

DEAUVILLE — La proportion de femmes réalisatrices est toujours en baisse aux États-Unis, a dénoncé mardi à Deauville l’actrice américaine Geena Davis qui a fondé un institut d’études sur la représentation des femmes à l’écran, qualifiant cette situation de «honte».

«Les choses ne s’améliorent absolument pas pour les réalisatrices femmes. Les chiffres aux États-Unis sont en baisse», a déclaré devant la presse celle qui incarna Thelma dans Thelma et Louise (1991) de Ridley Scott.

Geena Davis présentait mardi hors compétition au festival du cinéma américain de Deauville (France) un documentaire qu’elle a produit, intitulé Tout peut changer, et si les femmes comptaient à Hollywood?.

Sur la base de données collectées par l’institut (Institut of gender in media) fondé en 2004 par l’actrice, et des témoignages de nombreuses personnalités comme Meryl Streep, Cate Blanchett ou encore Natalie Portman, le film montre à quel point le monde du cinéma américain reste engoncé dans ses réflexes discriminatoires dans la place qu’il donne aux femmes devant comme derrière la caméra.

«En Amérique, seuls environ 4 % des films produits sont réalisés par des femmes», a précisé l’actrice interrogée par l’AFP, soulignant que dans les écoles de cinéma, la répartition des genres est pourtant de 50/50.

«C’est vraiment une honte. On le sait depuis des décennies. Combien de temps est-ce que cela va prendre?» a-t-elle ajouté.

Pour la comédienne, qui donna aussi la réplique à Dustin Hoffman dans Tootsie, le seul «grand changement» depuis #MoiAussi «c’est qu’aujourd’hui on peut parler».

«Nous avons appris par le passé à ne jamais nous plaindre, même pour des questions de harcèlement sexuel. Il y a si peu de rôles féminins. Ils trouveraient toujours quelqu’un d’autre pour nous remplacer, ou quelqu’un de moins cher», a souligné l’actrice.

Cinéma

Première de «Downton Abbey» au grand écran

LONDRES — Les aristocrates anglais préférés des amateurs de séries du monde entier ont fait leur retour, cette fois sur grand écran, dans le film «Downton Abbey», dont la première mondiale était lundi soir à Londres.

Neuf ans après la diffusion du premier épisode de la série, arrêtée en 2015 après six saisons, Downton Abbey rappelle la famille Crawley. Celle-ci attend un événement de taille : la visite du roi George V et de la reine Mary.

«Je ne pensais pas particulièrement à un film quand la série s’est arrêtée [...] mais il y a eu cette espèce de vague de demande pour le film et finalement c’est devenu réalité», a expliqué à l’AFP Julian Fellowes, créateur de la série dont il est le scénariste ainsi que du film, avant la projection dans le centre de Londres.

Toute la distribution de la série est réunie, y compris Maggie Smith, interprète de l’acariâtre comtesse douairière, qui avait dans un premier temps refusé de se glisser de nouveau dans les robes longues de la doyenne de la famille.

D’autres acteurs ont rejoint l’équipe comme Imelda Staunton (l’odieuse Dolores Ombrage dans Harry Potter), qui interprète Lady Bagshaw. Elle rejoint son mari à la ville, Jim Carter, qui joue le majordome retraité Charles Carson.

Si le couple a eu des scènes en commun, Imelda Staunton n’a pas réussi à se faire servir par son époux : «Je n’ai rien obtenu de lui... Il était de l’autre côté de la salle à manger!» a-t-elle confié, faussement outrée, à l’AFP.

Récompensée aux Golden Globes et Emmy Awards américains comme aux Bafta britanniques, la série Downton Abbey a été vue par environ 120 millions de personnes dans plus de 200 pays.

Elle retrace les hauts et les bas d’une famille d’aristocrates et de leurs domestiques, de 1912 à fin 1925, mêlant la petite et la grande histoire.

1927

Le film de l’Américain Michael Engler, qui a réalisé des épisodes de séries comme Sex and the City, The Big C ou encore Downton Abbey, sortira vendredi au Royaume-Uni et le 20 septembre au Québec.

Il reprend en 1927, un an après la grève générale qui opposa le monde ouvrier britannique au patronat et au gouvernement conservateur de Stanley Baldwin, et promet encore plus de glamour et de faste que la série, avec des rivalités et des romances à tous les étages.

Cinéma

Affaire Weinstein: deux journalistes épinglent des «complices»

NEW YORK — L’affaire Harvey Weinstein, qui a déclenché le mouvement #MeToo, a fait couler beaucoup d’encre. Deux ans après, deux journalistes du New York Times, à l’origine des premières révélations, reviennent sur les complicités qui ont permis au producteur déchu de sévir des années durant, dans un nouveau livre à paraître mardi.

Dans cet ouvrage intitulé She said : breaking the sexual harassment story that helped ignite a movement, publié chez Penguin Press, les deux journalistes, Jodi Kantor et Megan Twohey, auteures début octobre 2017 des premières révélations sur le comportement de prédateur sexuel du puissant producteur de cinéma, expliquent comment elles ont mené l’enquête et comment Harvey Weinstein a tenté de l’entraver.

Cinéma

«Ça» fait une entrée terrifiante au box-office

LOS ANGELES — «Ça: Chapitre 2», la suite du film d'horreur adapté du roman de Stephen King, a fait ce week-end une entrée terrifiante au box-office nord-américain, selon les estimations publiées dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Le retour du clown maléfique Grippe-Sou, avec notamment Jessica Chastain à l'affiche, a massacré la concurrence en amassant 91 millions de dollars de vendredi à dimanche dans les salles obscures des États-Unis et du Canada.

Cinéma

Avant la sortie du film, la fièvre «Downton Abbey» s’empare de Highclere castle

HIGHCLERE — À quelques jours de la sortie très attendue du film «Downton Abbey», des fans du monde entier se retrouvent au château de Highclere (sud de l’Angleterre), lieu de tournage de la série phénomène.

Car avant d’être un film, qui sortira le 13 septembre au Royaume-Uni et le 25 en France, «Downton Abbey» a été une série en six saisons plongeant dans l’intimité d’une famille d’aristocrates anglais et de leurs domestiques au début du 20e siècle. Une saga qui a passionné bien au-delà des frontières du Royaume-Uni.

Sautoir autour du cou et robe vintage, Yifan Gao prend la pose adossée à un arbre, le majestueux château de Highclere en arrière-plan.

Avec ses amies Yugi Zeng et Jiaxin Ren, cette Chinoise de 25 ans étudiante à Édimbourg, en Écosse) a fait six heures de train jusqu’à Londres puis deux heures supplémentaires de trajet pour visiter le château où est organisé un week-end spécial «Downton Abbey».

«On a prévu ça il y a deux mois», explique la jeune fille, surexcitée.

En Chine, «tous les gens de mon âge connaissent Downton Abbey» assure-t-elle, ajoutant: «Je l’ai regardée pour améliorer mon anglais».

Comme les trois jeunes filles, de nombreux visiteurs sont venus habillés à la mode des années 1920, robes longues et bandeaux à plumes pour les femmes, costumes trois-pièces et noeuds papillon pour les hommes.

Au programme de leur journée: cours de Charleston, concours du meilleur costume ou déambulation dans le magnifique parc, oeuvre du grand maître des jardins à l’anglaise, Lancelot «Capability» Brown.

«Publicité fantastique» 

Mais tous attendent surtout de mettre leurs pas dans ceux de leurs aristocrates de fiction préférés, en traversant la salle de réception où fusent dans la série bons mots et piques acerbes, admirant le majestueux escalier en chêne ou découvrant les chambres où les domestiques recueillent les confidences de leurs maîtresses.

«Ca semble si familier, c’est comme si on était déjà venus ici», s’enthousiasme Daniel Bissler, Californien de 70 ans, en costume bleu ciel et blanc rayé, noeud papillon aux couleurs du Royaume-Uni.

La série, diffusée pour la première fois au Royaume-Uni en 2010, s’ouvre avec le naufrage du Titanic en 1912 et termine fin 1925, avec le début du déclin de l’aristocratie anglaise.

«Cela capture vraiment une époque très particulière dans l’histoire de l’Angleterre, avec la classe ouvrière et les femmes se battant pour leurs droits», explique Shayane Lacey, 24 ans, une fan londonienne venue avec sa mère Roya, 54 ans.

Parmi les centaines de visiteurs, Emily Dickmann, 33 ans, originaire de Chicago, se dit «presque émue» d’avoir vu «en vrai» la chambre de Lady Sybil, une des héroïnes de la saga.

«Je pense que nous, les Américains, sommes un peu obsédés par les Anglais. Nous n’avons pas de comtes et de comtesses, tout ce long passé, et ça nous fascine», témoigne-t-elle.

Aujourd’hui c’est le 8e comte Carnarvon, dont l’aïeul découvrit avec l’archéologue britannique Howard Carter le tombeau de Toutankhamon en 1922, qui réside dans le château, avec son épouse.

Si une nombreuse domesticité est représentée dans la série créée par Julian Fellowes, en réalité, au début du 20e siècle, «il y avait encore plus de personnes qui travaillaient ici: 20 jardiniers, 16 personnes en cuisine...», souligne Lord Carnarvon à l’AFP.

Quatre chefs cuisiniers sont toujours employés à plein temps au château et quatre à cinq jardiniers, quelque 3000 ovins se chargeant de la pelouse.

Le château, conçu en 1842 par l’architecte du Parlement de Londres, Charles Barry, compte plus de 200 pièces, et le domaine s’étend sur 2000 hectares, avec des coûts d’entretien faramineux, que le comte et la comtesse ne divulgueront pas.

Alors évidemment, «Downton Abbey a constitué une publicité fantastique», attirant un public et des revenus supplémentaires, commente Lady Carnarvon. Avant la série, 40 000 personnes découvraient le château chaque année, un chiffre qui atteint aujourd’hui 90 000 visiteurs.

Dans le film, l’action reprendra en 1927, la famille Crawley attendant avec un mélange de stress et d’excitation la visite du roi George V et la reine Mary.

Un défi que le comte et la comtesse actuelle sauraient sans doute relever : amie du père du comte actuel, la reine Elizabeth II s’est rendue au château à plusieurs reprises.

Cinéma

L’ex-007 Pierce Brosnan fait l’éloge de Greta Thunberg

DEAUVILLE — L’ex-007 Pierce Brosnan a fait samedi l’éloge de la jeune militante Greta Thunberg, dénoncé l’impact de géants de la chimie sur l’agriculture et critiqué la politique de Donald Trump et de Boris Johnson, à l’occasion du 45e festival du cinéma américain de Deauville.

«Je lui souhaite tout le succès possible», a dit l’acteur irlandais de 66 ans, interrogé dans cette station balnéaire normande par l’AFP à propos de la jeune égérie de la lutte pour le climat.

Interrogé sur l’âge de Greta Thunberg (16 ans), l’acteur a estimé qu’elle n’était pas trop jeune pour livrer ce combat. «Bien sûr que non (elle n’est pas trop jeune, ndlr). Elle doit faire attention. Elle a besoin d’être protégée. C’est une voix très forte pour la jeunesse qui a peur», a ajouté Pierce Brosnan.

Interrogé sur ce qu’il fallait faire pour sauver la planète, l’acteur a rappelé qu’il avait réalisé avec son épouse un documentaire intitulé Poisoning Paradise, présenté hors compétition à Cannes en 2018. «Ce film parle des effets des OGM, de Monsanto, BASF et de ce type d’agriculture qui a un effet très important sur la communauté de l’île où je vis» à Hawaï, a dénoncé l’acteur, citant également le groupe suisse Syngenta.

«Malheureusement, nous avons un président qui pense qu’il n’y a pas de changement climatique et qui fait reculer plusieurs mouvements en faveur de l’environnement, ce qui est assez dévastateur», a-t-il ajouté, faisant allusion à Donald Trump, avant d’appeler à «s’engager dans des communautés locales» pour «dénoncer les injustices» environnementales.

Pierce Brosnan a également évoqué «le pétrole qui est en train de polluer notre terre et qui a juste définitivement prouvé dans plusieurs régions qu’il était catastrophique».

L’acteur, qui a une soixantaine de films à son actif, a par ailleurs fait part de ses «craintes» face au Brexit. «Une telle sortie m’inquiète, les frontières qui pourraient être créées dans un pays que j’aime, m’inquiètent profondément», a confié Pierce Brosnan.

Interrogé sur ce qu’il pensait en tant qu’Irlandais de la politique de Boris Johnson, l’acteur a répondu : «entre lui et Trump, le monde est dans un triste état. C’est vraiment honteux ce qui arrive en Angleterre». Boris Johnson «cause un vrai carnage, Trump cause un vrai carnage. Cela donne le sentiment d’être plutôt insignifiant. Quoique vous fassiez, les mensonges continuent, la honte continue», a poursuivi l’ex-James Bond.

«Il faut trouver les personnes bonnes, travailler et aimer», a-t-il conclu.

Pierce Brosnan, qui incarna James Bond dans quatre films entre 1995 et 2002, doit prochainement être à l’affiche de trois longs-métrages : The Mistfits, un thriller d’action de Renny Harlin, «False Positive», un film d’horreur de John Lee, et «Eurovision», une comédie de David Dobkin.

Vendredi, le 45e festival du cinéma américain de Deauville s’est ouvert avec un hommage à l’acteur.

Cinéma

Mostra de Venise: le Lion d'or à «Joker», le Grand Prix à Polanski

VENISE — Le Festival de Venise a décerné samedi son Lion d'or à «Joker» de l'Américain Todd Phillips, plongée dans les origines de l'ennemi de Batman, tandis que le Grand prix du jury est revenu au thriller historique «J'accuse» de Roman Polanski, dont la sélection avait suscité la polémique.

«Merci de m'avoir fait confiance avec ton talent fou», a déclaré en recevant son prix le réalisateur Todd Phillips, surtout connu jusqu'ici pour ses comédies, dont la trilogie à succès Very bad trip, à l'adresse de son acteur Joaquin Phoenix.

Il souligné que son comédien, impressionnant et inquiétant dans ce rôle d'homme torturé et malade, maltraité par la vie, était «le lion le plus féroce, le plus courageux et le plus ouvert d'esprit qu'il connaisse».

Joker, qui succède à Roma du Mexicain Alfonso Cuarón et était l'un des favoris de la presse, est centré sur la figure de ce méchant emblématique des comic books et du cinéma, pour mieux comprendre comment cet homme mal aimé a pu basculer dans la folie, s'efforçant de donner une nouvelle approche au genre du film de super-héros.

«Qu'une industrie comme celle des États-Unis prenne le risque de réaliser Joker est courageux. C'est une réflexion sur les héros et les anti-héros», a déclaré la présidente du jury, la réalisatrice argentine Lucrecia Martel, lors d'une conférence de presse.

Le Grand Prix du jury, deuxième récompense la plus importante de la Mostra, est revenu au J'accuse de Roman Polanski, qui raconte l'Affaire Dreyfus, scandale antisémite majeur de la fin du XIXe siècle en France, du point de vue du lieutenant-colonel Georges Picquart, qui avait réhabilité le capitaine injustement condamné pour des faits d'espionnage fabriqués de toute pièce.

Récompensé déjà samedi par le prix Fipresci de la critique internationale à Venise, J'accuse avait convaincu une bonne partie de la presse, occupant la première place du classement d'un panel de journalistes internationaux et italien publié pendant le festival.

Mais le film avait fait polémique avant même le début du festival, des féministes ayant regretté sa sélection en compétition, en raison des poursuites contre le réalisateur aux États-Unis pour le viol d'une mineure en 1977. Le réalisateur avait fait le parallèle entre l'histoire de son film et sa propre vie, s'estimant lui aussi «persécuté».

Ariane Ascaride et les migrants

La présidente du jury avait suscité une nouvelle controverse au premier jour du festival en affirmant qu'«elle ne séparait pas l'homme de l'oeuvre» et se disant «très gênée» par sa présence en compétition, avant de revenir sur ses propos, en disant qu'elle n'y était «en aucune façon opposée».

«Un auteur est un être humain. Le pire que l'on puisse faire à une personne est de la séparer de son oeuvre. Ça n'est pas possible», a-t-elle réaffirmé samedi après le palmarès, soulignant par ailleurs qu'il n'y «avait pas eu d'unanimité» dans le jury pour l'ensemble du palmarès.

C'est la femme de Roman Polanski, l'actrice française Emmanuelle Seigner, qui est venue chercher son prix, se contentant de «remercier le jury» et de dire que le cinéaste franco-polonais de 86 ans voulait «remercier ses producteurs» et «tous ses acteurs et son équipe technique».

La Coupe Volpi de la meilleure interprète féminine est de son côté allée à la Française Ariane Ascaride, pour Gloria Mundi de Robert Guédiguian.

Rappelant qu'elle était descendante d'immigrés italiens, venus en France pour «fuir la misère», l'actrice française, connue pour son engagement politique, a dédié son prix aux migrants morts en mer, évoquant avec émotion «ceux qui vivent pour l'éternité au fond de la Méditerranée».

Le prix d'interprétation masculine est revenu à l'acteur italien Luca Marinelli pour son rôle dans «Martin Eden», adaptation du roman de Jack London signée Pietro Marcello. L'acteur italien a, lui, dédié son prix à «toutes les personnes qui sauvent des gens en mer».

Le prix de la mise en scène est allé au Suédois Roy Andersson pour About Endlessness, et celui du scénario au Hongkongais Yonfan.

En recevant son prix, ce dernier a dit espérer que la situation dans l'ex-colonie britannique «revienne à la normale» pour que les habitants puissent «se sentir libres à nouveau».

Cinéma

Au festival du film de Toronto, Susan Sarandon s'en prend aux Oscars

TORONTO — L'actrice américaine Susan Sarandon, venue promouvoir son dernier film au festival de Toronto, en a profité pour écorcher les Oscars, dont les récompenses s'achètent désormais plus qu'elles ne se méritent selon elle.

«Il n'y avait pas besoin de dépenser d'argent lorsque j'ai été nominée à cinq reprises et j'ai gagné une fois», a déclaré celle qui a été oscarisée pour son rôle de bonne soeur dans La dernière marche (1995).

«Ça n'arriverait plus aujourd'hui», a-t-elle ajouté, dénonçant les campagnes de lobbying souvent menées pendant des mois avant l'attribution des célèbres statuettes dorées.

Susan Sarandon s'exprimait vendredi au deuxième jour du TIFF (Toronto International Film Festival), le plus grand festival de cinéma d'Amérique du Nord, qui doit se poursuivre jusqu'au 15 septembre.

Le film Blackbird, dans lequel elle campe une mère malade en phase terminale souhaitant mettre fin à ses jours, y a été projeté en avant-première.

L'actrice de 72 ans a estimé qu'elle avait peu de chances de décrocher un nouvel Oscar pour ce rôle, faute de moyens pour «rivaliser avec certains des films défendus par les Harvey Weinstein de ce monde».

L'ancien producteur tout-puissant, au coeur d'un scandale emblématique du mouvement #MeToo, avait conduit plusieurs de ses films à la gloire avant d'être accusé de multiples agressions sexuelles.

Le TIFF s'est avéré être ces dernières années un tremplin pour les Oscars en récompensant notamment La forme de l'eau et Le livre de Green, qui ont obtenu quelques mois plus tard la statuette du meilleur film.

Cinéma

Ouverture du festival du film américain de Deauville avec Pierce Brosnan

DEAUVILLE — Le 45e festival du cinéma américain de Deauville (nord-ouest de la France) s’est ouvert vendredi avec un hommage à l’irlando-américain Pierce Brosnan, en attendant la projection dans la soirée du nouveau film de Woody Allen, privé de salles aux États-Unis.

«Je suis très fier de cet hommage. C’est un moment de réflexion: où est passé le temps? Ai-je assez travaillé? Est-ce que je mérite cet honneur», a déclaré, souriant, l’acteur irlandais de 66 ans, sur le tapis rouge, avant l’ouverture.

«Woody Allen est un réalisateur brillant. Son travail fait sens. Je lui souhaite beaucoup de succès», a répondu l’acteur à l’AFP qui lui demandait ce qu’il pensait de la projection en avant-première de «Un jour de pluie à New York» de Woody Allen contestée par certaines féministes en raison d’accusations d’abus sexuels visant le cinéaste.

Pierce Brosnan incarna James Bond dans quatre films entre 1995 et 2002. Les trois premiers épisodes ont engrangé plus d’un milliard de dollars dans le monde, tandis que le quatrième opus a généré près d’un demi-milliard de dollars au box-office mondial.

Pierce Brosnan a une soixantaine de films à son actif.

L’ex 007 succédait sur le tapis rouge à l’actrice française Catherine Deneuve, la présidente du jury, qui récompensera samedi 14 septembre le lauréat des 14 films en compétition, dont six signés par des femmes et neuf premiers films.

La soirée d’ouverture doit s’achever par la projection très attendue du nouveau film de Woody Allen.

Cette avant-première a toutefois fait réagir des féministes aux États-Unis, d’autant que le festival a, comme la Mostra de Venise début septembre, également programmé «American Skin», le nouveau film du réalisateur américain de «The Birth of a Nation», Nate Parker, acquitté en 2001 dans une affaire de viol.

«D’abord Woody Allen et maintenant Nate Parker. C’est juste l’été des agresseurs. Pas d’accord», a twitté la fondatrice du groupe de pression Women and Hollywood, Melissa Silverstein.

Woody Allen a réagi dans un entretien mis en ligne vendredi sur le site de France Inter, estimant que ceux qui l’attaquent «font une erreur».

«Évidemment, ils devraient sortir mon film aux États-Unis, arrêter de m’attaquer, prendre conscience de la vérité...», a ajouté le réalisateur de 83 ans.

Alors que plusieurs célébrités lui ont tourné le dos dans son pays, Woody Allen a reçu récemment deux soutiens de poids: Catherine Deneuve et Scarlett Johansson.

«Il maintient qu’il est innocent et je le crois», a déclaré l’actrice américaine qui a joué dans plusieurs de ses films, dans un entretien publié mercredi dans le magazine américain Hollywood Reporter.

«Les féministes ont quand même des oeillères», a estimé de son côté Catherine Deneuve, interrogée par l’AFP fin août à Paris sur la projection du nouveau Woody Allen à Deauville.

La sortie en salles aux États-Unis de «Un jour de pluie à New York» a été annulée par Amazon lorsque la fille adoptive de Woody Allen a renouvelé en 2018, en pleine vague du  #MeToo, des accusations d’agressions sexuelles à l’encontre du cinéaste datant de 1992.

Mais le film est sorti en Pologne et devrait sortir dans l’ensemble des pays d’Europe d’ici à la fin septembre.

Woody Allen a toujours catégoriquement nié les accusations de Dylan Farrow, qui affirme qu’il a abusé d’elle en 1992 quand elle avait sept ans. La jeune femme est soutenue par sa mère adoptive Mia Farrow et son frère Ronan.

Cinéma

À la Mostra, Johnny Depp plaisante sur son rapport à l’alcool

VENISE — L’acteur américain Johnny Depp a fait son spectacle vendredi à la Mostra de Venise, où il présentait le film «Waiting for the Barbarians», plaisantant à demi-mot sur son rapport à l’alcool, avant d’évoquer la carrière de sa fille Lily-Rose.

«Travailler en Italie a toujours été une expérience incroyable», a déclaré l’acteur d’»Edward aux mains d’argent», interrogé sur son rapport à l’Italie, lors de la conférence de presse du film. «Les gens parlent très bien italien ici», a-t-il plaisanté, faisant rire la salle. «La nourriture est très bonne».

«J’aime bien le vin occasionnellement», a-t-il encore dit, déclenchant à nouveau des rires de journalistes. «Pourquoi riez-vous?», a demandé l’acteur, qui avait été accusé par son ex-femme Amber Heard, lors de leur divorce en 2016, d’avoir connu «des problèmes de drogue et d’alcool».

L’acteur a ensuite retrouvé son sérieux pour dire que c’était «un rêve absolu de venir à Venise», affirmant à quel point, il était «formidable» pour lui aussi d’être à la Mostra en même temps que sa fille Lily-Rose.

La fille de Johnny Depp et Vanessa Paradis est venue présenter à Venise cette semaine hors compétition «The King» de l’Australien David Michôd, un film Netflix dans lequel elle joue avec Timothée Chalamet.

«Elle aurait pu faire des tas de films qui rapportent plein d’argent», mais «ce n’est juste pas elle», a-t-il ajouté, louant «cette jeune femme incroyable, qui se comporte avec tant de dignité, et les choix qu’elle a faits». «Elle est impressionnante», a-t-il lancé. «Elle et mon fils sont mes dieux».

Dans Waiting for the Barbarians du Colombien Ciro Guerra, adaptation du roman éponyme de l’écrivain sud-africain J.M. Coetzee, l’acteur de 56 ans incarne un colonel sadique, chargé de surveiller les «barbares» qui vivent près de la frontière, dans un Empire sans nom.

Il entre en conflit avec l’administrateur d’un fort de cette région isolée (Mark Rylance), en désaccord avec la cruauté de ses méthodes de torture, appliquées aussi par un collaborateur zélé (Robert Pattinson).

Interrogé sur son rôle, Johnny Depp a défendu son personnage, affirmant que les «types méchants ne se lèvent pas le matin en disant qu’ils vont être affreux et causer le plus de ravages possible», mais qu’il y avait peut-être «un enfant brisé» derrière cet homme.

Le réalisateur Ciro Guerra («Les Oiseaux de passage») a souligné de son côté à quel point le film, qui parle de la peur de l’étranger et des excès du pouvoir, lui avait semblé contemporain.

«Au fur et à mesure du tournage (...), ça semblait de moins en moins être une allégorie, et de plus en plus porter sur le monde d’aujourd’hui», a-t-il dit.

Cinéma

Woody Allen: ceux «qui m’attaquent font une erreur»

PARIS — Woody Allen, boycotté par les distributeurs aux États-Unis en raison d’accusations d’abus sexuels datant des années 90, a estimé que ceux qui l’attaquent font «une erreur», dans un entretien mis en ligne vendredi sur le site de France Inter.

«Je pense que les gens qui m’attaquent font une erreur. Mais les gens font des erreurs tout le temps, ça n’est pas tragique. Évidemment, ils devraient sortir mon film aux États-Unis, arrêter de m’attaquer, prendre conscience de la vérité...», a affirmé le réalisateur de 83 ans, affichant un certain détachement.

Son dernier film, «Un jour de pluie à New York», tourné en 2017 avec Timothée Chalamet, Elle Fanning et Selena Gomez, était présenté vendredi soir en ouverture du festival de Deauville. Il sortira dans les salles en France le 18 septembre.

Sa sortie en salle avait été annulée par Amazon lorsque la fille adoptive de Woody Allen a renouvelé en 2018, en pleine vague  #MeToo, des accusations d’agressions sexuelles à l’encontre du cinéaste.

Woody Allen a toujours catégoriquement nié les accusations de Dylan Farrow, qui affirme qu’il a abusé d’elle en 1992 quand elle avait sept ans. La jeune femme est soutenue par sa mère adoptive l’actrice Mia Farrow et son frère Ronan, journaliste lauréat du Pulitzer pour son enquête sur le producteur Harvey Weinstein.

Des poursuites à l’encontre du cinéaste avaient été abandonnées après deux enquêtes distinctes de plusieurs mois.

«J’ai beaucoup aimé travailler avec l’équipe du film. On s’est bien amusés. Ils avaient vraiment envie de tourner dans ce film, ils ont très bien bossé. (...) Chacun est libre de ses opinions, de ses pensées», a estimé Woody Allen, Oscar du meilleur réalisateur pour Annie Hall (1978).

«J’ai 83 ans, je ne vais pas être là encore très longtemps, alors ça n’est pas si grave», dit le cinéaste.

«Avec toutes les preuves à l’appui, avec toutes les enquêtes qui ont été menées, tout m’a disculpé, j’ai été acquitté», a déclaré M. Allen dans une autre interview à France 5. «J’espère qu’un jour ils se rendront compte qu’ils ont commis une triste erreur (...) L’erreur est humaine, ce n’est pas tragique. Mais énervant et triste».

Interrogé sur le mouvement  #MeToo, le cinéaste a assuré qu’il avait un «parcours irréprochable». «Ça fait 50 ans que je fais du cinéma, j’ai travaillé avec des centaines d’actrices. Pas une n’a émis le début d’un soupçon sur un comportement contestable», a-t-il poursuivi. «J’ai donné du travail à des dizaines de femmes dans mon organisation, devant et derrière la caméra: on leur a toujours payé exactement la même chose qu’à leurs homologues masculins».

Alors que de nombreuses célébrités se sont détournées de lui, Woody Allen a reçu récemment deux soutiens de poids, en la personne de Catherine Deneuve et de Scarlett Johansson, toutes deux prêtes à (re)tourner sous sa direction.

«Il maintient qu’il est innocent et je le crois», a déclaré l’actrice américaine (la Black Widow dans la série des Avengers), devenue la mieux payée au monde selon le dernier classement Forbes, s’attirant les foudres de nombreux internautes.

Woody Allen vient de finir le tournage d’un nouveau film en Espagne. «Tant qu’on continuera à me financer, je continuerai à faire des films !», a-t-il conclu sur France Inter.