Christine Beaulieu sera à Trois-Rivières le 19 février pour une présentation de la pièce J’aime Hydro,

Christine Beaulieu rencontrera le premier ministre Legault

Trois-Rivières — Christine Beaulieu n’en a pas terminé avec J’aime Hydro, en fait, à l’entendre parler on a quelque peu l’impression que l’aventure n’a pas fini de surprendre.

La plus grande surprise qu’elle a eue récemment c’est de voir le premier ministre François Legault accepter sa demande de rencontre. Donc, le 1er février, elle aura le privilège de discuter de ce projet avec le chef de la CAQ mais également avec le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel. Un entretien qui changera la fin du spectacle dont les balbutiements ont eu lieu en 2015.

«À Trois-Rivières, le 19 février, ça va faire seulement deux semaines que la rencontre aura eu lieu. Il va donc y avoir une nouvelle fin à mon spectacle qui découlera de ces deux entretiens-là. Je suis vraiment très heureuse car ça fait vraiment longtemps que je tente d’obtenir ces rencontres et ça s’est concrétisé dernièrement.»

Le bonheur est d’autant plus grand que la tournée 2019, la plus imposante depuis la naissance de cette pièce de théâtre documentaire, débutera dans sa ville natale et que c’est le public qui l’a vue grandir qui aura la chance d’assister à cette nouvelle version de la finale.

«L’actualité bouge beaucoup et c’est très important pour moi que le spectacle finisse sur le ici et maintenant. La fin n’est jamais pareille. S’il se passe quelque chose de bien important la veille, je vais l’ajouter.»

Bien qu’elle soit majeure comme nouveauté dans le projet, ce n’est pas la seule chose qui se soit ajoutée dans les derniers temps. La production d’une baladodiffusion est aussi au nombre des produits dérivés qu’a engendrés J’aime Hydro.

«On a loué un studio. On fait venir les vraies personnes qui sont mentionnées dans le spectacle pour enregistrer leur partie. Roy Dupuis a enregistré sa partie, Annabel Soutar s’est aussi prêtée au jeu, Pierre Couture, l’inventeur du moteur-roue... Alors pour nous, c’était naturel de le faire même si c’est beaucoup de travail. Ce qui est bien, c’est que ce document-là va demeurer après le spectacle», mentionne l’auteure qui ne peut pas pour l’instant préciser une date de sortie. «Probablement au printemps», souffle-t-elle.

En plus du livre sorti en octobre 2017, de la pièce qui tourne plus que jamais, la diffusion en direct du spectacle sur le site de Porte Parole, la maison de production, la venue prochaine d’une baladodiffusion permet de maximiser le nombre de personnes touchées.

«L’objectif, c’est de rendre le travail qu’on a fait disponible au plus grand nombre de Québécois. Parce qu’au théâtre, on a beau faire des salles pleines, on ne touche pas tous les Québécois. On avait envie de multiplier les possibilités d’avoir accès au projet.»

«Je n’aurais jamais pensé que j’allais écrire une pièce et que j’allais devenir une sorte de spécialiste en énergie. La semaine dernière, j’étais à la Polytechnique en train de faire un entretien avec des étudiants en génie en compagnie de Gretchen Bakke qui a écrit un livre sur le réseau électrique américain. C’était extrêmement intéressant. Jamais je n’aurais cru tripper comme une folle sur le système électrique. J’aime tellement ça, c’est pas des blagues. J’adore discuter de ça.»

Aussi à l'agenda: Bilan

Avant de s’asseoir avec François Legault et de retoucher sa pièce J’aime Hydro, Christine Beaulieu aura le bonheur de débarquer à la salle J.-A.-Thompson mardi pour présenter Bilan de Marcel Dubé, une production du TNM.

Entourée d’une distribution toute étoile, composée de Guy Jodoin et de Sylvie Léonard, entre autres, elle apprécie le rôle de Monique qui lui a été confié pour le défi qu’il représente, bien sûr, mais aussi parce qu’il est une autre occasion de travailler avec le metteur en scène Benoît Vermeulen.

«C’est particulier pour moi, parce que le premier metteur en scène qui m’a engagée en sortant de l’école, c’est Benoît Vermeulen. J’avais 21 ans et avec lui j’ai fait le tour de la planète en tournée avec un spectacle pour adolescents qui s’appelait Au moment de ta disparition. C’est quelqu’un qui a été très déterminant pour moi en début de parcours alors 15 ans plus tard, alors qu’il fait sa première mise en scène au TNM, il me rappelle alors j’avoue que j’étais très touchée.»

Cette pièce raconte l’histoire d’un homme qui a fait fortune dans le béton et qui décide de faire le saut en politique au début des années 60. La chute sera brutale quand il constatera que sa vie personnelle est un échec.

La Monique de Christine Beaulieu, comme les autres femmes de la pièce, incarne cette soif de liberté qui habitait la gent féminine au tournant des années 60. «On a un portrait d’époque. Ce qui est le plus choquant ou qui a le plus changé, c’est la condition de la femme.»

«C’était vraiment intéressant pour nous les femmes de trouver comment on allait réussir à présenter les enjeux de ces femmes-là.»

Pourtant, à d’autres égards, la pièce nous ramène en plein visage que certaines choses ne changent pas. La soif de pouvoir notamment en politique, la collusion entre le domaine de la construction et le gouvernement. «J’ai l’impression qu’avec notre Commission Charbonneau on est en train de passer, enfin je l’espère, à une autre étape. Un peu comme la pièce de Marcel Dubé qui se situe dans les années 60 où on a passé de la Grande noirceur à la Révolution tranquille, j’ai l’impression que, sans qu’on s’en rende trop compte, on est en train de passer à une autre étape. À cette époque, le Québec était à bâtir et on voulait installer le français partout et j’ai l’impression qu’aujourd’hui il faut s’ouvrir à l’autre et accepter le Québec multiculturel.»