Christine Beaulieu
Christine Beaulieu

Christine Beaulieu: chanceuse au cœur de la tourmente

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
Trois-Rivières – Les préoccupations sociales et environnementales ont beau occuper beaucoup de son temps et de son énergie, Christine Beaulieu demeure une comédienne. Une comédienne très en demande, ce qui la comble même si elle se désole de ce qui arrive au monde des arts de la scène qui écope en ces temps de pandémie.

«C’est clair que c’est très dur pour le monde des arts vivants comme le théâtre, constate-t-elle. Après une première fermeture, on était arrivé à rouvrir avec un nombre limité de spectateurs. Toutes les mesures avaient été prises à grands frais pour assurer la sécurité des spectateurs mais voici qu’on doit fermer une seconde fois. Là, ça fait vraiment mal.»

Elle en est une témoin privilégiée puisque son projet chouchou, J’aime Hydro, est frappé directement. «Après avoir interrompu une tournée, on avait tout mis sur pied pour présenter de nouveau la pièce dès janvier mais ça vient de tomber à l’eau. Ça ne peut pas être rentable devant des salles pleines seulement au quart de leur capacité. Pour tous les gens qui gravitent autour de la production, les comédiens, les techniciens, ce n’est pas un hobby, c’est leur gagne-pain et il faut les payer correctement. J’en côtoie plusieurs qui, s’ils ne jouent pas, n’ont tout simplement pas de revenu puisqu’ils ne reçoivent plus la PCU. C’est vraiment désolant.

«C’est vrai pour le théâtre mais ça l’est tout autant pour les musiciens et tout le monde du spectacle vivant. Les compagnies de théâtre, par exemple, occupent des lieux qu’il faut continuer d’entretenir. C’est une crise majeure. Je pense que le gouvernement aurait dû mettre l’emphase sur le respect des mesures de sécurité comme le port du masque par les spectateurs mais éviter de fermer les salles de spectacle.»

On l’a dit, elle se considère privilégiée dans un métier qui est fortement éprouvé. Par exemple, les représentations de sa pièce J’aime Hydro sont certes suspendues, mais elle pourrait poursuivre son existence sous une forme inédite. «On a regardé une nouvelle formule qu’on pourrait présenter en extérieur l’été prochain. La demande est encore forte de la part du public. On a convenu de retravailler l’épisode 5 de la pièce pour l’adapter à l’actualité et on a pensé à une forme qui sera moins longue et qui pourrait peut-être marcher. Forcément, c’est sur la glace présentement mais on y pense et je trouve l’idée très innovante.»

Il reste qu’une popularité comme celle qu’elle connaissait avant l’arrivée de la pandémie lui a permis de poursuivre le boulot. «J’ai été vraiment chanceuse parce que j’ai tourné le long métrage 18 trous l’été dernier sous la direction de Louis Godbout, un réalisateur vraiment à surveiller. C’est à lui qu’on doit Mont Foster qui est sorti juste avant le début de la pandémie.

«J’ai tourné en compagnie de Benoît Gouin, Steve Laplante et Alexandre Goyette. C’est une comédie qui se passe le temps d’un 18 trous de golf, sur le terrain. C’est très drôle et franchement, j’ai adoré l’expérience. Ç’a été un tournage incroyable.» La sortie était originellement prévue pour 2021, mais en ces temps d’incertitudes tout azimuth, peut-on compter là-dessus?

Présentement, c’est à la télévision qu’elle se consacre puisqu’elle tourne la série L’œil du cyclone. Dans cette comédie à sketches, elle interprète un autre rôle principal, celui d’une maman de trois enfants, divorcée, et dirigeant son entreprise depuis la maison. La série a notamment attiré l’attention parce qu’elle marque le retour de Véronique Cloutier comme comédienne qui interprète le rôle de la sœur du personnage incarné par Christine Beaulieu.

«Ça va être diffusé à Radio-Canada et c’est vraiment très fort comme série. J’y interprète un rôle de mère, ce qu’on m’offre de plus en plus et ça me plaît; je suis rendue là, on dirait. On tourne tous les jours présentement tout en suivant scrupuleusement les consignes sanitaires. C’est costaud comme travail mais ça se fait dans un grand plaisir. C’est une série qui va faire beaucoup de bien aux spectateurs, je crois.»