Le pianiste Charles Richard Hamelin sera l'invité de l'OSTR le samedi 18 mars à la salle J.-Antonio-Thompson.

Charles Richard-Hamelin à l'OSTR: Chopin à l'honneur

À 27 ans, le pianiste Charles Richard-Hamelin a un parcours impressionnant. Il a mérité les honneurs de prestigieux concours internationaux et a joué au Japon, en Corée, en Italie, en Allemagne, en Pologne et au Mexique, entre autres.
Samedi sur la scène de la salle Thompson, il interprétera avec l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières le Concerto pour piano no 2 de Chopin, la pièce qui lui a valu le deuxième prix du 17e Concours Chopin à Varsovie en 2015.
Cette deuxième place représente la meilleure performance d'un Canadien dans l'histoire de ce concours tenu tous les cinq ans depuis 1927. Ce prix venait en couronner une série d'autres, dont l'important Prix d'Europe, conquis en 2010. Mais le natif de Joliette n'est pas du genre à énumérer ses prix pour se valoriser, ni à étaler sa scolarité. 
Si la route académique de pianistes de son calibre passe par de longues années dans un conservatoire, celle de Charles Richard-Hamelin est différente. Il a étudié en musique au Cégep de Joliette avec Paul Surdulescu, qui était déjà son professeur depuis plusieurs années.
Il a continué au baccalauréat à l'Université McGill avant de compléter une maîtrise à la Yale School of Music aux États-Unis. C'est par la suite qu'il s'est inscrit au Conservatoire de musique de Montréal pour étudier avec André Laplante et obtenir un Diplôme d'artiste.
«Mes parents et mon professeur m'ont toujours encouragé sans me pousser. Ils se sont assurés que j'aie une enfance normale. Il y a beaucoup de jeunes qui sont poussés très fort et qui deviennent des gens un peu étranges après!», observe-t-il.
Le pianiste identifie deux moments qui l'ont motivé à se consacrer à la musique. Au Cégep, son professeur avait remis en question son idée de lui faire apprendre la 3e sonate de Prokofiev, qu'il n'arrivait pas à maîtriser en pratiquant «seulement» une ou deux heures par jour.
Pour prouver qu'il en était capable, il a mis les bouchées doubles. «C'est là que j'ai appris à aimer ça pratiquer pour relever des défis. L'autre moment, c'est quand j'ai gagné le Prix d'Europe en 2010. Je me suis dit que peut-être que j'avais un avenir là-dedans!»
C'est aussi Paul Surdulescu qui l'a guidé dans ses premières interprétations de Chopin.
«La première pièce que j'ai jouée, c'était la Fantaisie Impromptu, à 13 ans. Chaque année je faisais une nouvelle pièce de Chopin. Mon professeur trouvait qu'on apprend beaucoup en jouant du Chopin quand on est jeune, et c'est vraiment de la belle musique», apprécie celui qui en sera à sa 40e interprétation du deuxième concerto de Chopin lors de sa visite à l'OSTR samedi.
«Au-delà de la musique, ce concerto représente beaucoup de souvenirs de Varsovie et du concours Chopin. Je suis le seul à avoir joué ce concerto en finale; les neuf autres ont joué le premier. Pour moi c'est un très beau concerto, très naturel. Tout se suit, tout coule tellement bien dans l'écriture», décrit-il en précisant que le deuxième mouvement est un des moments les plus inspirés de Chopin.
«J'adore Chopin et je vais en jouer toute ma vie, mais je ne me suis jamais dit: «Je vais devenir un expert de Chopin». Je voulais participer au concours, et comme je suis lauréat, je suis associé à sa musique pour toujours! C'est très correct aussi parce que je n'ai pas joué 25 % de ce qu'il a écrit pour piano», ajoute-t-il.
D'ici le 25 juin, Charles Richard-Hamelin a des concerts prévus en France, en Suisse, au Canada et en Pologne. En 2016, il a donné 85 concerts dans une douzaines de pays.
Quand on lui demande s'il est étonné lui-même d'avoir joué à autant d'endroits à un si jeune âge, il répond: 
«Ce n'est même pas une question d'âge. Je ne pensais pas que j'aurais une carrière de soliste du tout. Quand on étudie en musique il faut être réaliste. Combien de mes collègues que je trouve aussi bons que moi n'ont pas eu ma chance? J'ai été à la bonne place au bon moment. J'en profite, mais je suis conscient que ça peut retomber aussi vite que ça a monté. Je profite de ce qui m'est offert et je donne tout ce que j'ai à chaque fois», conclut-il.