Sylvain Cossette

Chanter une chanson comme on pose un sac de sable...

De Véronique Cloutier à Grégory Charles en passant par Mario Pelchat, Valérie Carpentier et Guylaine Tremblay, Inondés d'amour regroupera des dizaines d'artistes et de musiciens sur la scène de l'Amphithéâtre Cogeco, qui ont tous accepté de participer bénévolement à cette initiative, dont les profits seront versés à la Croix-Rouge pour venir en aide aux sinistrés des inondations.
Si tous les artistes présents sur scène se disent touchés par les événements du printemps au Québec, ceux originaires de la région ont observé avec un oeil un peu plus attentif les développements des inondations dans les dernières semaines, allant parfois même jusqu'à reconnaître certains visages familiers, des visages qui en disaient long sur l'ampleur du désastre.
L'humoriste Martin Cloutier, originaire de Louiseville, fait partie du nombre. 
Au bout du fil, on entend un homme encore très secoué par ce qui a touché son patelin et qui a directement affecté certains de ses amis. 
«On a l'impression que c'est fini, que c'est derrière nous, mais il y a encore des gens du bas de la rivière chez nous, à Louiseville, qui ont encore les pieds dans l'eau. J'ai des amis qui sont là, des voisins qui ont vécu des moments très difficiles. J'ai été très peiné de voir tout ce qui est arrivé ici», raconte-t-il.
Martin Cloutier
Ingrid Saint-Pierre
Avec son éternel compagnon du duo Dominic et Martin, l'humoriste présentera un numéro d'humour durant la soirée, mais se joindra aussi, seul, à l'équipe d'animateurs. «Quand Jean-François Blais m'a appelé pour savoir si je voulais le faire, ça a été oui tout de suite. Par amitié pour lui, par amour pour la Mauricie. J-F et moi, nous sommes allés à l'école ensemble, on se connaît depuis 40 ans. C'était évident que je serais là», confie Martin Cloutier.
Ingrid Saint-Pierre, dont la carrière a pris son envol à Trois-Rivières, savait, de son côté, que le téléphone allait sonner tôt ou tard pour un projet de fou comme celui-là. La chanteuse est dans l'entourage de Jean-François Blais depuis plusieurs années, étant donné que sa conjointe Isabelle Viviers est la gérante d'Ingrid.
«Je l'attendais, ce show-là. Je le savais qu'ils allaient sûrement nous faire quelque chose du genre. C'est totalement eux autres, ça leur ressemble alors pour moi, ça n'a pas été une surprise», mentionne-t-elle en riant.
Ingrid Saint-Pierre se souvient d'avoir vu Isabelle et Jean-François revenir très souvent de leur résidence de Yamachiche les yeux cernés, l'air découragé, et comprend que ce découragement, il a été vécu par plus de 5000 sinistrés partout au Québec. «Quand les inondations sont arrivées à leur paroxysme, j'étais au Japon. Je suivais les nouvelles et je me sentais tellement impuissante. J'aurais voulu aller mettre des sacs de sable, moi aussi, aller aider les gens», confie-t-elle.
Poétique comme on la connaît, Ingrid Saint-Pierre souligne que la chanson qu'elle interprétera dimanche, ce sera sa contribution, son sac de sable qu'elle ajoutera par ce métier qui s'y prête bien et à travers lequel elle estime avoir une responsabilité sociale. 
«Chacun de nous viendra y ajouter son sac de sable, et ensemble on va bâtir un beau grand mur de solidarité autour de ces événements. Dimanche, ça va être une belle boule d'amour», croit la chanteuse.
Pour Sylvain Cossette, sa prestation solo prévue pourrait bien se transformer en surprise au cours du spectacle. «Ce genre de spectacle s'y prête bien. Je suis du genre à embarquer avec les autres dans certains numéros quand le moment s'y prête», raconte-t-il.
Le chanteur originaire de Grand-Mère nettoyait sa piscine lorsqu'il a reçu la demande du concepteur du spectacle à se joindre à Inondés d'amour. «Je n'ai pas eu besoin de savoir c'était quoi, j'ai dit oui tout de suite», explique celui qui n'a pas pu assister à la répétition de lundi dernier, mais qui est 100 % confiant que tout ira bien.
«Ce qu'on a vécu au Québec, c'est irréel. C'est une tragédie pour plein de monde qui a été pris en otage. Et quand tu vois que ton coin de pays est aussi touché, ça fait encore plus mal. Mais je crois qu'on va profiter de ce spectacle pour oublier nos problèmes. La musique a toujours été ce qui relie les gens, même en temps de guerre. Ça apaise la colère et les doutes», souligne Sylvain Cossette.