Eveline Gélinas

«C’est notre Shakespeare à nous»

Trois-Rivières — Pour les 50 ans du grand succès de Michel Tremblay, la pièce les "Belles-sœurs" a fait un retour sur les planches hier à la salle J-Antonio-Thompson de Trois-Rivières. Une belle occasion pour la comédienne Éveline Gélinas de redécouvrir sa région natale.

La comédienne Éveline Gélinas, originaire de Saint-Boniface, se dit très heureuse de pouvoir présenter une pièce d’une aussi grande ampleur aux gens de sa région.

Jouée à la salle J-Antonio-Thompson durant trois fins de semaine consécutives, soit le vendredi et le samedi jusqu’au 18 août, la pièce aura donné à Éveline Gélinas l’opportunité d’effectuer un retour aux sources. «C’est pour moi un moyen de redécouvrir la Mauricie, la nature est si belle ici», mentionne-t-elle.

Jusqu’à présent, la comédienne se réjouit de la réception du public envers le spectacle. «L’ambiance est merveilleuse, c’est un spectacle où c’est comme un gros party», souligne Éveline Gélinas.

Cette dernière insiste également sur le travail d’équipe que présente la pièce. Rappelons qu’au total ce sont douze comédiennes et quatre musiciens qui prennent place sur scène. «Ça crée un aspect impressionnant de voir dix-huit personnes sur scène, autant pour les spectateurs que les comédiens», indique-t-elle.

Répétition de la pièce les "Belles-Soeurs" dans un studios du Monument National en compagnie de Sonia Vachon, Kathleen Fortin et Éveline Gélinas.

«C’est notre Shakespeare»
Depuis la première fois où elle a entendu parler de Michel Tremblay jusqu’à aujourd’hui, jouer un personnage de l’une des pièces iconiques de la littérature québécoise représente un immense honneur pour Éveline Gélinas. «C’est notre Shakespeare à nous. C’est le grand auteur joué partout à travers le monde, et les Belles-sœurs reste encore la pièce de Tremblay la plus jouée», souligne la comédienne.

Elle se dit flattée de pouvoir incarner le rôle de Pierrette Guérin, une femme un peu à l’écart des autres et qui refuse de se conformer aux standards de la société. «Quand je pense que c’est Luce Guilbeault qu’il l’a joué il y a cinquante ans et que c’est moi maintenant, mon Dieu! Je sens une responsabilité et une fierté d’être parvenue à un tel accomplissement dans ma carrière», avoue-t-elle.

Éveline Gélinas ajoute également réaliser un rêve en interprétant ce personnage. «Ce sont quasiment des archétypes [les personnages]. Pour une actrice, c’est un rêve d’arriver à avoir la chance d’approcher ce genre de personnage».

Un défi de taille

Le plus gros défi à réaliser pour Éveline Gélinas est de combiner le chant et le jeu. «C’est une discipline de fer qui reste exigeante. Alors il faut se calmer les nerfs pour être en mesure de livrer aux gens une performance au meilleur de nous-mêmes», explique la comédienne.

Le travail d’équipe et l’écoute demeurent aussi primordiaux afin de respecter l’harmonie de la pièce. «On n’a pas le choix de s’écouter, parce qu’on chante et qu’on fait des chœurs ensemble», ajoute Éveline Gélinas.

Malgré le temps qui a passé depuis la création de la pièce, les propos émis par Michel Tremblay restent toujours d’actualité, selon la comédienne. « Il y a plein de thèmes abordés par Tremblay qui sont encore d’actualité. C’est pour ça qu’on le reprend et qu’il est toujours important et pertinent de le monter, même cinquante ans plus tard», affirme-t-elle.